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📅 15/06/2026 à 11:00
Conflit au Moyen-Orient : ce que contient l’accord entre l’Iran et les États-Unis
Géopolitique
Conflit au Moyen-Orient : ce que contient l’accord entre l’Iran et les États-Unis Par Jeanne Durieux Le 15 juin 2026 à 13h00 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Moyen-Orient Iran États-Unis accord Téhéran et Washington sont parvenus à un accord dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin afin de mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts. Passer la publicité Passer la publicité Publicité «Que le pétrole coule à flots !» Plusieurs fois annoncé par Donald Trump, un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran a finalement été confirmé, après plus de trois mois d’une guerre suivie d’un cessez-le-feu incertain et des négociations ardues. À découvrir EN DIRECT - Accord entre les États-Unis et l’Iran : la France «prête à accompagner» la réouverture du détroit d’Ormuz, Donald Trump attendu à Evian PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International «L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais conclu», a ainsi proclamé le président américain dimanche en fin de journée sur son réseau Truth Social. La signature devrait avoir lieu vendredi prochain en Suisse, en présence du vice-président JD Vance, à laquelle Trump pourrait aussi assister. Passer la publicité Publicité Si le contenu de l’accord bientôt signé n’a pour l’heure pas entièrement été dévoilé, il comporterait 14 clauses selon l’agence de presse iranienne Mehr, parmi lesquelles la cessation permanente et immédiate de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, la levée complète du blocus naval dans un délai de 30 jours et l’engagement américain à retirer ses forces autour de l’Iran ou encore la suspension des sanctions sur la vente de pétrole iranien. Par ailleurs, l’Iran réitérerait son engagement, selon l’agence de presse, dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, à ne pas produire la bombe atomique. «Frais maritimes» Dans le détail, aux dires du média américain Axios, l’accord prévoit donc la réouverture «immédiate et sans péage» du détroit d’Ormuz, bras de mer large d’une cinquantaine de kilomètres à son point le plus étroit et par lequel transite 25% du trafic mondial de pétrole en temps de paix. Cette réouverture doit permettre un retour aux volumes de trafic maritime d’avant-guerre «sous 30 jours». «En contrepartie, le blocus américain serait également levé», ajoute le site. Ce lundi matin, le protocole d’accord a été amendé, avance une source proche des négociations à l’agence iranienne Fars. Selon cette dernière, l’accord prévoit désormais que la «future gestion des services maritimes dans le détroit d’Ormuz» sera «déterminée» par l’Iran et Oman. L’utilisation explicite du terme «services maritimes» signifie que les États-Unis ont effectivement accepté le droit de l’Iran de percevoir des redevances pour ces services, résume l’agence de presse. L’Iran n’acceptera le passage sans péage des navires que pendant «60 jours», délai au-delà duquel la République islamique d’Iran a l’intention de générer des revenus provenant de ce trafic maritime en fournissant des services de sécurité, de navigation, de protection de l’environnement et d’assurance. Ces recettes seraient utilisées pour soutenir le développement économique du pays. «Levée temporaire des sanctions» De même, le régime des mollahs «bénéficierait» d’une «levée temporaire des sanctions» lui permettant ainsi de vendre du pétrole pendant 60 jours. Des revenus précieux pour Téhéran. En 2024, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, les recettes d’exportation de pétrole iraniennes ont atteint environ 43 milliards de dollars, soit près de 60% des recettes totales d’exportation du pays. Le pétrole iranien est majoritairement exporté, via une flotte fantôme, vers la Chine. Cette manne, selon Reuters, qui estime pour sa part que Téhéran génère plus de 50 milliards par an de recettes pétrolières, est pour moitié contrôlée par les Gardiens de la Révolution. Elle leur permet de financer l’appareil d’État, les armées ainsi que les milices régionales - les «proxys» - au Liban ou au Yémen. D’autre part, une clause de l’accord permettrait «le déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de 60 jours» qui s’ouvre après la conclusion du protocole d’accord, selon l’agence de presse iranienne Mehr. 12 milliards de dollars d’avoirs gelés seraient versés immédiatement à l’Iran «avant le début des négociations», précise encore le texte. Mais un responsable américain a toutefois rejeté les affirmations de l’Iran, indique la chaîne américaine d’informations CNN. Passer la publicité Publicité Volet nucléaire Quant au volet nucléaire, l’accord prévoirait une «réduction du taux d’enrichissement» de l’uranium déjà hautement enrichi par la République islamique. Cette réduction serait supervisée par des inspecteurs de l’ONU. Toutefois, «toute mesure concernant ce programme ne serait prise que si un deuxième accord était conclu» au terme du cycle de négociations de 60 jours. Mais selon un diplomate américain contacté par Axios, le protocole d’accord «détaille toutes les questions nucléaires» et «satisfait à toutes les exigences américaines». L’Iran devrait prendre plusieurs engagements, dont celui de «ne jamais acquérir» d’arme nucléaire. En face, un conseiller stratégique du chef de l’équipe de négociation iranienne a confié à l’agence iranienne Mehr que même si un accord final était conclu, les obligations de l’Iran ne se limiteraient qu’à un engagement de ne pas construire d’arme nucléaire immédiatement et à la résolution de la question de son stock d’uranium enrichi à 60 % par le biais d’une formule proposée par Téhéran. «Dans ce contexte, la dilution [de l’uranium, NDLR] est à l’étude», a-t-il déclaré. «Une fois diluée, la substance reste à l’intérieur du pays et, si nécessaire, son niveau d’enrichissement peut être rétabli rapidement.» Aux termes du protocole d’accord, l’Iran ne prendra aucune mesure nucléaire immédiate, a-t-il encore fait valoir. Enfin, les États-Unis, le Qatar et l’Iran ont discuté d’un mécanisme permettant à Téhéran «d’accéder à une partie de ses fonds gelés au Qatar pour l’achat de biens humanitaires».
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