● Courrier International
📅 15/06/2026 à 04:18
Les États-Unis et l’Iran annoncent un accord pour mettre fin à la guerre
Géopolitique
Navires dans le détroit d’Ormuz, à Musandam (Oman), le 18 mai 2026. photo REUTERS C’est le Pakistan, médiateur du conflit, qui a été le premier à annoncer officiellement la nouvelle, par la voix de son Premier ministre Shehbaz Sharif. “À la suite de pourparlers intensifs, nous avons le plaisir d’annoncer qu’un accord de paix a été conclu entre les États-Unis et la République islamique d’Iran”, a-t-il écrit sur X, dans un message relayé par Dawn. “Les deux parties ont annoncé la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban”. Il a précisé que la signature officielle aurait lieu le vendredi 19 juin en Suisse. Peu après, Donald Trump – qui fêtait dimanche ses 80 ans – a confirmé sur Truth Social que l’accord avec l’Iran était “finalisé”, ajoutant, triomphaliste : “J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots !” Concrètement, la réouverture devait intervenir le 19 juin, une fois l’accord signé. L’Iran a lui aussi confirmé la finalisation du protocole d’accord et “indiqué que des pourparlers en vue d’un accord définitif se dérouleraient sur une période de 60 jours”, rapporte Middle East Eye. Questions en suspens Le texte intégral de l’accord n’a pas encore été publié, mais ses grandes lignes avaient déjà fuité dans la presse ces dernières semaines. Il prévoit notamment la levée du blocus américain des ports iraniens, le dégel d’avoir iraniens, et surtout la réouverture du détroit d’Ormuz, dont la fermeture ces derniers mois a bouleversé l’économie mondiale. L’annonce de l’accord a eu un effet immédiat sur le prix du pétrole, qui a “reculé de plus de 5 % ” lundi matin, “pour s’établir à 80,25 dollars le baril, atteignant ainsi son niveau le plus bas depuis le 10 mars”, observe CBNC, alors que 20 % du brut mondial transite par le détroit d’Ormuz en temps de paix. Après quatre mois de guerre, “chaque camp a cherché à présenter l’accord comme une victoire diplomatique”, note The New York Times. “Mais certaines des questions les plus épineuses — notamment le sort du programme nucléaire iranien et l’allègement des sanctions frappant Téhéran — demeurent en suspens et ont été renvoyées à un prochain cycle de négociations”. “Gagner du temps” La BBC souligne elle aussi que “des questions subsistent” sur plusieurs “points cruciaux, notamment la nature des restrictions imposées à l’enrichissement et le sort à réserver au stock d’uranium hautement enrichi que détient actuellement l’Iran”. “Certains de ces aspects seront sans doute réglés lors de négociations ultérieures et de discussions “techniques” menées durant la prolongation de 60 jours de la trêve actuelle”, ajoute le diffuseur britannique. “Mais s’il est une chose qui ressort clairement de décennies d’efforts pour tenter d’amadouer l’Iran et le contraindre à renoncer à ses ambitions nucléaires, c’est qu’il n’existe aucune garantie”, n’en déplaise aux États-Unis et à “ce qu’ils pensent avoir formalisé dans ce protocole d’accord”. Pour Axios, si le protocole d’accord ne règle certes pas tous les sujets en souffrance entre Washington et Téhéran, il marque néanmoins “la plus importante percée diplomatique” entre les belligérants, et “permettra de gagner du temps pour les négociations sur le dossier nucléaire”. “Contenir” Nétanyahou Cet accord, s’il “se concrétise”, mettra fin à un conflit “déclenché par les États-Unis et Israël le 28 février et qui a déjà fait plus de 7 000 morts, fragilisé les alliances régionales, porté un coup dur à l’économie mondiale et compromis les chances de Trump et de son parti républicain lors des élections de mi-mandat de novembre”, rappelle El País. “Tout cela pour parvenir, après une longue série de volte-face et de revirements de la part du président américain, à la situation qui existait déjà à la veille du conflit : le détroit d’Ormuz ouvert et la promesse de l’Iran de ne pas se doter de l’arme nucléaire”, tacle le quotidien madrilène. Pour l’expert du Moyen-Orient Sami Hamdi, directeur général du cabinet de conseil International Interest, “le succès de l’accord actuel” dépendra “entièrement de la capacité de Trump à contenir” le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. “La dernière fois que le Pakistan a annoncé un cessez-le-feu, Israël a réagi en cessant ses attaques contre l’Iran tout en intensifiant celles contre le Liban”, rappelle-t-il dans un entretien à Al-Jazeera. Et lorsque le Pakistan “a insisté pour que le Liban soit inclus dans le cessez-le-feu, Trump a semblé en modifier les termes pour exclure ce pays. La question est de savoir si Trump agira de la même manière cette fois-ci”. Romain Raynaldy Moyen-Orient Tensions Iran-Israël Tensions Iran-États-Unis Réveil Iran Politique Donald Trump Amériques Sur le même sujet Article réservé aux abonnésDécryptage. 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