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CIFSwitch, nouvelle faille d’élévation de privilèges dans Linux

📡 Télécom & Opérateurs 👤 Vincent Hermann
🏷️ Tags : réseau
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CIFSwitch, nouvelle faille d’élévation de privilèges dans Linux Hard times Illustration : Flock Vincent Hermann Le 02 juin à 17h37 Une importante faille de sécurité a été découverte dans Linux par un ingénieur en sécurité de chez SpaceX. Exploitée, elle permet d’obtenir les droits root sur un compte local. Elle résidait dans le noyau depuis 2007. Une erreur ? La faille CIFSwitch fait parler d’elle depuis quelques jours. Découverte par Asim Viladi Oglu Manizada, ingénieur en sécurité chez SpaceX, elle a fait l’objet d’un billet détaillé par ce dernier le 27 mai. On peut notamment y lire qu’elle a été introduite en 2007 et réside à l’intersection du module CIFS (Common Internet File System) dans le noyau et d’un code en espace utilisateur. Une absence de vérification L’ingénieur explique que CIFS/SMB est un protocole de fichiers réseau de type Windows et est utilisé pour le montage de ressources distantes. La partie dans le noyau sert ainsi à monter le partage, communiquer avec le serveur, gérer les lectures et écritures, etc. Dans le cas de ressources protégées par Kerberos, le composant noyau fait cependant appel à un assistant (helper) en espace utilisateur fourni par cifs-utils. C’est là que survient le problème. Quand un partage réseau nécessite une authentification Kerberos, le noyau demande une clé de type cifs.spnego. À ce moment, un composant disposant des droits root, cifs.upcall, est chargé de récupérer les informations d’identification pour que la requête d’une clé se poursuive. Malheureusement, rien n’empêche un utilisateur malintentionné et sans privilège de lancer la même requête avec des informations fabriquées de toutes pièces. La fausse description peut ainsi introduire un identifiant PID contrôlé par le pirate. Or, le mécanisme de fourniture de la clé ne rejette pas les descriptions fournies par du code en espace utilisateur : elles sont traitées comme si elles venaient du noyau. Résultat, une belle faille de sécurité de type élévation de privilèges. Estampillée CVE-2026-46243, elle échappe de justesse à la qualification « critique » avec un score CVSS de 7,8. Une dangerosité variable Sa dangerosité réelle est difficile à exprimer, car elle dépend fortement des configurations. Il faut ainsi un noyau vulnérable, une version vulnérable de cifs-utils, ainsi que, au choix, un espace de noms utilisateur non privilégié ou une politique SELinux/AppArmor ne bloquant pas l’attaque. Sur les distributions Ubuntu 18.04 à 24.04, Debian 11 à 13, openSUSE Leap 15.6 ou Oracle Linux 8 ou 9 notamment, si cifs-utils est installé, la configuration est vulnérable par défaut. Pour d’autres, comme Linux Mint (21.3 / 22.3), CentOS Stream 9, Rocky Linux 9, AlmaLinux 9, Kali Linux (versions 2021.4 à 2026.1) et SUSE Linux Enterprise Server 15 SP7, cifs-utils est installé par défaut, rendant ces distributions vulnérables. Les correctifs sont en cours de distribution ou le seront très prochainement. Indépendamment du correctif, il est recommandé de vérifier si le protocole CIFS/SMB est installé et, s’il ne sert pas, de le supprimer. Cela fait plusieurs fois en quelques semaines que des failles d’élévation de privilèges sont détectées dans Linux. Sécurité Copy fail : depuis 2017, une faille dans le noyau Linux permettait à un utilisateur de passer root Sécurité Jeudi 30 avril 2026 à 13h40 30/04/2026 13h40 48 Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant. Accédez en illimité aux articles d'un média expert Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ? Non Oui
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