● Courrier International
📅 25/05/2026 à 04:16
Guerre en Iran : les discussions avancent mais Trump met en garde contre toute “précipitation”
Géopolitique
Le président américain Donald Trump prononce un discours à la Maison Blanche à Washington, le 8 mai 2026 (Photo par Jim WATSON / AFP). JIM WATSON / AFP “Vingt-quatre heures après avoir annoncé qu’un accord avec l’Iran en était à ses dernières étapes”, Donald Trump a déclaré dimanche qu’il ne voulait pas “précipiter les négociations”, observe Politico. “J’ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, soulignant en outre que le blocus des ports iraniens imposé par son pays resterait en vigueur “jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé”. L’accord préliminaire “prévoit que les deux parties lèvent leurs blocus” immédiatement, tandis que “les pourparlers sur les questions nucléaires et l’allègement des sanctions se poursuivront pendant 60 jours ou plus”, résume The Wall Street Journal. L’administration Trump “affirme en outre que le régime a donné l’assurance qu’un accord définitif stipulerait le “renoncement” à son uranium enrichi – ce que démentent toutefois les autorités iraniennes”. « Opacité exaspérante » Donald Trump et le secrétaire d’État américain Marco Rubio semblaient caresser l’idée qu’un accord puisse être signé ce week-end. Mais un responsable américain a confié à CBSNews que si “le Guide suprême iranien a approuvé les grandes lignes” de l’accord, un texte définitif “doit encore être validé avant que quoi que ce soit ne soit signé”. Et le circuit de validation à Téhéran est complexe. Même avant le début des hostilités, “le système iranien était “d’une lenteur et d’une opacité exaspérantes”, a souligné ce responsable, et il l’est devenu encore davantage depuis”, relève la chaîne américaine. “La meilleure nouvelle de ces négociations de la dernière chance entre Washington et Téhéran”, menées sous la médiation du Pakistan, “est qu’un conflit, qui aurait pu aisément devenir encore plus incontrôlable, semble être en voie de désescalade”, analyse The New York Times – et que le détroit d’Ormuz, “le goulot d’étranglement par lequel transite un quart du pétrole mondial”, devrait rouvrir. “En fin de compte, chaque camp n’a guère eu d’autre choix que de faire des concessions”, ajoute le titre américain. “Ils ont opté pour la moins mauvaise des solutions, parmi celles qu’ils percevaient tous deux comme de mauvaises options”. « Rétablir le statu quo » Mais pour positif qu’il soit, le projet d’accord “ne fait que commencer à rétablir le statu quo, pour le ramener approximativement à l’état où il se trouvait le 28 février, date à laquelle Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou” ont lancé leur attaque contre l’Iran, nuance le quotidien. Leur objectif était de “mettre définitivement un terme aux programmes nucléaires et balistiques de l’Iran”, et “à ce jour, ils ont échoué” sur les deux tableaux. Cela n’a pas échappé à “certains sénateurs républicains et commentateurs conservateurs proches de Trump”, qui ont “critiqué l’accord en gestation, certains allant jusqu’à le comparer à l’accord sur le nucléaire de 2015 signé par le président Obama”, remarque Axios. “Les faucons américains et israéliens, les politiciens et les analystes qui soutiennent la ligne dure en général, et contre l’Iran en particulier, sont très inquiets et en colère”, confirme El Mundo. Le sénateur républicain Roger Wicker, cité par le quotidien espagnol, est l’un des plus virulents. “Le cessez-le-feu de 60 jours dont on parle – fondé sur la croyance que l’Iran finira un jour par coopérer de bonne foi – serait un désastre. Tous les efforts de l’opération Epic Fury auront été vains ! ”, s’est-il emporté dimanche. Nétanyahou, grand perdant Un avis partagé peu ou prou par The Wall Street Journal dans son éditorial. Pour le quotidien conservateur, “le problème fondamental” du projet d’accord “réside dans la levée de la pression américaine avant le démantèlement du programme nucléaire. Si le blocus est levé et que l’Iran peut vendre son pétrole, il ne restera, pour le contraindre à faire des concessions nucléaires, que la menace d’une reprise de la guerre”. El País estime néanmoins que s’il est finalement approuvé, ce “protocole d’accord” apportera “un soulagement considérable à Washington comme à Téhéran”. Avec un grand perdant : le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, “qui n’a jamais caché son malaise face à un accord entre son principal allié et son ennemi juré”, qui plus est s’il “ne répond pas aux préoccupations majeures de l’État hébreu” que sont les programmes nucléaires et balistiques de l’Iran, relève le quotidien espagnol. Romain Raynaldy Moyen-Orient États-Unis Réveil Iran Politique Benyamin Nétanyahou Donald Trump Amériques Sur le même sujet Décryptage. L’onde de choc de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, en cartes et graphiques Négociations. Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, refuserait de transférer l’uranium enrichi hors d’Iran Géopolitique. Trump assure qu’un accord avec l’Iran est en voie de “finalisation" Géopolitique. Guerre en Iran : les médiateurs s’affairent pour sauver le cessez-le-feu Nos services HORS-SÉRIE Que faire quand la température atteint les 50 °C ? Quand la mer monte inexorablement ? Que faire au quotidien dans un monde bouleversé par le dérèglement climatique ? Des rues de Kigali à celles de Singapour, des clubs de foot d’Argentine aux appartements de Delhi, des champs du nord de la Chine aux prairies italiennes, les citoyens s’organisent, s’entraident et cherchent des solutions pour s’adapter. 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