● Courrier International 📅 23/05/2026 à 14:59

Au prétexte de la guerre en Iran, Washington repousse ses ventes d’armes à Taïwan

Géopolitique
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Un manifestant brandit le drapeau taïwanais, lors d’une manifestation en faveur de la hausse des dépenses militaires, le 23 mai 2026, à Taipei. Ann Wang / REUTERS “Les États-Unis risquent-ils d’épuiser leurs stocks d’armes ?”, s’interroge Al-Jazeera, ce samedi 23 mai. La question de la chaîne qatarie puise sa source dans une déclaration du secrétaire à la Marine américaine, deux jours plutôt, au sujet d’un accord d’exportation de matériel militaire vers Taïwan, approuvé par le Congrès mais pas encore ratifié par Donald Trump. “Là, maintenant, nous avons pris la décision de faire une pause afin de faire en sorte que nous ayons toutes les munitions dont nous avons besoin pour l’opération Fureur épique [nom donné à la campagne militaire en Iran] - et nous en avons plein”, a indiqué Hung Cao devant le Sénat, à Washington. “S’il assure que cette décision n’est pas liée à une pénurie immédiate, les preuves que l’armée américaine brûle ses réserves de munitions plus vite qu’elle n’est capable de les réapprovisionner se multiplient”, certifie le média sis à Doha. “Des milliers de missiles ont été utilisés depuis le début de la guerre le 28 février, confirme la publication The Hill, à Washington. Presque tous les missiles furtifs de longue portée ont été utilisés, tandis que les stocks de Tomahawks, d’intercepteurs Patriot et d’ATACMS ont été vidés.” Explications contradictoires Surprise, à Taipei : les autorités taïwanaises ont assuré vendredi ne pas avoir été prévenues d’éventuels “ajustements des ventes d’armes américaines”. Les remarques du secrétaire à la Marine viennent d’ailleurs “contredire les déclarations de Donald Trump, qui avait donné une autre justification la semaine dernière à sa volonté de temporiser sur le dossier, arguant qu’il comptait se servir du deal comme d’un moyen de pression sur la Chine”, constate The Hill. “Les ventes d’armes à Taïwan, qui s’inscrivent dans le cadre du Taiwan Relations de 1979, n’ont rien à voir avec la guerre en Iran”, a assuré une source proche du dossier à l’agence Reuters. Cette sortie de Hung Cao intervient moins d’une semaine après la visite du président américain à Pékin. À l’issue de l’entrevue entre le locataire de la Maison-Blanche et son homologue Xi Jinping, la question taïwanaise a été soigneusement exclue du communiqué de Washington. “On ne cherche pas à ce qu’untel ou untel obtienne son indépendance”, a-t-il lancé à la chaîne conservatrice Fox News à bord d’Air Force One, sur le chemin du retour. “Une phrase qui a provoqué des inquiétudes à Taipei quant à un possible durcissement de l’approche américaine”, relaie le South China Morning Post (SCMP). À lire aussi : Une du jour. Taïwan se déchire sur l’interprétation des propos de Donald Trump à Pékin Bifurcation imprévisible “La position des États-Unis vis-à-vis de Taïwan repose depuis des décennies sur une imbrication de politiques visant à soutenir l’île démocratique sans pour autant la traiter comme un pays indépendant, ce qui provoquerait l’ire de Pékin”, rappelle The New York Times. Le régime considère le territoire comme une partie intégrante de la Chine, quitte à obtenir la réunification par la force. Depuis plusieurs années, les exercices militaires et les intimidations se multiplient, en témoigne la présence relevée ce samedi encore d’une centaine de navires dans les eaux régionales. Le même jour, des centaines de personnes se sont rassemblées à Taipei pour réclamer en renforcement de la défense de l’île. En amont de la venue de Donald Trump, Xi Jinping “l’avait incité à traiter la question des ventes d’armes avec une précaution extrême”, note le journal new-yorkais. Message reçu par l’Américain, donc ? Pas si sûr. “Un autre élément complique la lecture de la situation”, glisse le SCMP, à Hong Kong. Mercredi, Donald Trump a évoqué la possibilité d’un appel téléphonique direct avec le président taïwanais Lai Ching-te pour discuter de l’accord d’envoi d’armes, d’une valeur de 14 milliards de dollars (12 milliards d’euros). “Si la démarche venait à se concrétiser, il s’agirait d’une première entre deux dirigeants américain et taïwanais en exercice depuis 1979. Un tel événement renforcerait les interrogations quant aux intentions des États-Unis, esquissant un futur imprévisible.” Courrier international Tensions Chine-États-Unis Guerre en Iran Asie Sur le même sujet Streaming. “De l’épée à la charrue”, la série historique qui cartonne en Chine Géopolitique. À Pékin, une rencontre historique entre Xi Jinping et la cheffe de l’opposition taïwanaise Géopolitique. Pourquoi Xi Jinping évoque “le piège de Thucydide” devant Donald Trump Vu de Chine. 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