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📅 22/05/2026 à 13:00
Les opérations hybrides russes en Europe : un léger parfum de guerre ?
Géopolitique
👤 Cyril GLOAGUEN
Cyril Gloaguen, ancien attaché naval et militaire en Russie et au Turkménistan, ancien collaborateur des Nations Unies en Abkhazie/Géorgie. Docteur en géopolitique (IFG, Paris VIII). Auteur de plusieurs articles sur le Diploweb.com dont récemment : « Stratégie. Portrait possible du missile russe Oreshnik tiré sur l’Ukraine le 21 novembre 2024 » ; et « Le couple SNLE Borey-missile Bulava, une histoire de la Force océanique stratégique (FOST) russe ». Depuis février 2022, la Russie a considérablement intensifié ses opérations hybrides contre les pays européens soutenant l’Ukraine. Sabotages d’infrastructures, incendies criminels, colis piégés, tentatives d’assassinats, déstabilisation politique et recrutement de « petites mains » locales : le spectre de ces actions, souvent attribuées au GRU, au SVR et au FSB, s’est élargi bien au-delà du cyber et de la désinformation. Loin d’être des incidents isolés, ces opérations constituent, selon l’analyse, une véritable composante de la guerre en cours — une « guerre de nouvelle génération » visant à affaiblir les arrières européens, semer la psychose et faire pression sur les soutiens à Kiev. L’Allemagne et la Pologne en sont les principales cibles. Ce recensement, classé par pays et par année, révèle l’ampleur d’une stratégie hybride assumée par Moscou, qui exploite diasporas, vulnérabilités sociétales et faiblesses des États européens. Avec en pied de page un document PDF exceptionnel. Since February 2022, Russia has dramatically intensified its hybrid operations against European countries supporting Ukraine. From infrastructure sabotage and arson attacks to booby-trapped packages, assassination attempts, political destabilization, and the recruitment of local operatives, the range of these actions — frequently attributed to the GRU, SVR, and FSB — has expanded far beyond cyberspace and disinformation campaigns. Far from isolated incidents, these operations form a deliberate component of the ongoing war : a “new generation warfare” strategy designed to weaken Europe’s rear, sow fear among populations, and erode political support for Kyiv. Germany and Poland stand out as the primary targets. This country-by-country and year-by-year inventory highlights the scale of Moscow’s hybrid strategy, which systematically exploits European diasporas, societal vulnerabilities, and state weaknesses. LE LECTEUR trouvera en pied de page, classées par pays et par année, les principales « opérations hybrides » documentées attribuées à la Russie à l’encontre des pays européens depuis février 2022, date du déclenchement de la guerre en Ukraine. Cyberattaques et campagnes de désinformation ne sont pas ici répertoriées car trop nombreuses et, par essence, difficiles à attribuer de manière fiable. La dernière lettre d’information économique de la DRSD en donne toutefois un aperçu général pour la France [1]. Le spectre des opérations russes contre les pays européens s’est considérablement élargi ces dernières années, tout comme leurs pendants américain et chinois. En réalité, celles-ci n’ont jamais cessé depuis la fin de la Guerre froide. Elles prenaient, à l’époque, la forme de « classiques » campagnes de recueil de renseignements militaires, technologiques, politiques et économiques, mais, comme sous l’URSS, avaient aussi pour but la neutralisation d’opposants politiques réfugiés en Europe, dans les pays du Golfe ou en Turquie (A. Litvinenko, A. Perepilichnyy, Z. Khangoshvili, M. Kuzminov, U. Israilov, par exemple). Après le fameux discours de V. Poutine en février 2007 devant la traditionnelle conférence de sécurité de Munich, cet espionnage connaît une nette intensification, avant de littéralement exploser à partir de 2014, avec l’occupation de la Crimée et les premiers combats au Donbass, et surtout de février 2022, date de l’offensive générale contre l’Ukraine. La Russie, dès lors, ne retient plus ses coups : il n’est dès lors plus seulement question de cyberattaques (hameçonnages, attaques par déni de service distribué (DDoS), vols de données, défacements de sites, etc.), de soutien financier ou médiatique aux « idiots utiles » (politiques, journalistes, certains chefs d’entreprise, quidams, panafricanistes…), de manipulations des opinions publiques plus ou moins grossières, de fausses alertes à la bombe ou de révisionnisme historique. Désormais, elle recourt à des sabotages physiques de sites industriels et militaires, d’infrastructures sous-marines, ferroviaires et routières, à des campagnes terroristes contre des cibles civiles (restaurants, aéroports, entrepôts, supermarchés, etc.) au moyen de colis piégés, à des opérations de déstabilisation politique en exploitant les antagonismes politiques, ethniques ou religieux, à des missions de reconnaissance d’axes et d’infrastructures militaires, voire à des tentatives d’assassinats de patrons de la BITD. Certaines de ces attaques sont particulièrement odieuses, comme celle menée en 2025 près de Katowice, en Pologne, contre un train transportant du charbon, ou la tentative d’attentat à l’explosif déjouée en 2024 contre un magasin Bricorama en région parisienne. Elles auraient pu provoquer la mort de plusieurs dizaines de personnes si elles n’avaient pas été neutralisées à temps. Fin 2025, c’est une épidémie de vols de drones qui s’empare littéralement de l’Europe. Si beaucoup relèvent de la bêtise de particuliers sans liens avec les services russes (ou chinois), Moscou en tire néanmoins profit et attise les braises médiatiques : l’ombre portée du GRU, du SVR et du FSB semble désormais s’étendre partout sur le continent. Contrairement aux Américains et aux Chinois, les Russes ne pratiquent toutefois pas, ou alors très à la marge, l’arsenalisation du droit (lawfare) ou la prise de participations dans des entreprises critiques. Les principales cibles des actions russes sont les pays les plus impliqués dans l’aide à l’Ukraine : l’Allemagne et la Pologne. . Pays les plus impliqués dans l’aide à l’Ukraine, Allemagne et Pologne constituent les principales cibles de ces actions. En 2025, selon le renseignement intérieur allemand (BfV), les entreprises d’outre-Rhin ont ainsi été ciblées par « 321 cas suspects de sabotage guidés par un État étranger [2] » (Russie et Chine) dont les coûts directs et indirects se seraient élevés à plus de 289 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 8 % de plus qu’en 2024. Le tout récent piratage de la messagerie Signal utilisée par les hauts-responsables allemands montre que les services russes ne baissent pas la garde, bien au contraire. La Pologne connaît elle aussi, depuis 2024, une « montée sans précédent » des attaques hybrides, selon son Agence de sécurité intérieur (ABW) [3]. Ces opérations, menées principalement par la Russie, mais aussi par la Biélorussie et la Chine, ont conduit à l’ouverture de 69 enquêtes (48 en 2025 et 21 en 2024), soit autant que durant l’ensemble des trois décennies précédentes, et à l’inculpation de 82 personnes, dont 62 placées en détention. En réaction, Varsovie a lancé en 2025 l’opération Horizon, qui a mobilisé jusqu’à 10.000 soldats pour protéger les infrastructures critiques et le cyberespace. Un peu partout en Europe, les services de renseignement et de police signalent des achats de biens immobiliers à proximité d’installations militaires ou d’infrastructures sensibles. Nommer « hybrides » ces opérations édulcore, selon nous, à la fois leur ampleur géographique (échelle du continent), leurs effets (économiques et psychologiques) sur les infrastructures et les populations frappées et leur rôle dans la stratégique militaire russe qui les qualifie de « pressions politico-militaires ». Associée à divers outils de coercition indirecte (sphère informationnelle, cyber, menaces nucléaires, diplomatie, déstabilisation des régimes politiques, « crise migratoire » fomentée en 2021 par Moscou et Minsk, etc.), cette « guerre de nouvelle génération », est théorisée par la doctrine russe d’emploi des forces [4], que certains ont qualifiée de « doctrine Gerasimov », du nom de l’actuel chef de l’Etat-Major général (CEMG) qui l’aurait inspirée [5]. On est ici proche du concept français de M2MC, soit Multimilieux (terre, mer, air, espace extra-atmosphérique et cyberespace) // Multichamps (champs informationnel et électromagnétique), adaptation des concepts américains de Multi-Domain Operations (MDO). Ces opérations spéciales qui émaillent aujourd’hui les pages des faits divers des journaux européens doivent donc être comprises comme une phase du conflit (ukrainien) et non comme un acte extérieur à ce même conflit. On peut les voir comme des couches superposées les unes aux autres, chacune venant renforcer l’effet de la précédente de façon à saturer l’espace médiatique européen et provoquer un « effet masse » au sein des services chargés de les détecter et de les déjouer. Ce sont là, en conséquence, de véritables actes de guerre perpétrés contre les infrastructures, les régimes politiques et les économies de pays que le Kremlin perçoit comme base arrière des opérations militaires en Ukraine. La multiplication de ces opérations, les acteurs impliqués et leurs méthodes de recrutement, les sites visés, les contextes, les dénégations ironiques du Kremlin…, tout ramène d’autant plus aux dirigeants russes que ceux-ci ne se privent pas de menacer explicitement leurs adversaires, parfois nominativement. Ces menaces officielles, régulières − où le nucléaire tactique joue un rôle psychologique central − ont pour but de faire pression sur les opinions publiques et les gouvernements européens afin de provoquer l’arrêt des aides financières et des livraisons d’armes à l’Ukraine (stratégie à laquelle les partis d’extrême-droite et d’extrême-gauche européens sont très sensibles), de terroriser les opposants en exil et de donner à la population russe l’impression que le Kremlin maîtrise le conflit et impose à ses adversaires son rythme et sa volonté. Des personnalités comme D. Medvedev, les porte-parole du Kremlin et du Ministère des Affaires étrangères (D. Peskov, M. Zakharova), l’ancien secrétaire du Conseil de sécurité N. Patrushev, l’ancien ministre de la Défense Sergueï Shoygu, une kyrielle de députés (Leonid Slutskiy, Alexeï Chepa, Andreï Kolesnik, Andrey Kartapolov , Viatcheslav Volodin, Viktor Sobolev, Alexeï Shuruvliev…), le ministre des Affaires étrangères Serguey Lavrov et V. Poutine eux-mêmes, sans oublier l’écosystème médiatique et intellectuel, V. Soloviov, M. Khodarenok, S. Karaganov, P. Zarubin, A. Dugin en tête, sont passés maîtres dans cet exercice. Faire croire que les services de renseignement russes, leurs réseaux et leurs affidés sont partout présents, libres de leurs mouvements. En utilisant sur le sol britannique du polonium-210 contre A. Litvinenko (2006), puis du Novitchok contre S. Skripal et sa fille (2018), deux agents neurotoxique ou radioactif qu’ils sont seuls à utiliser [6], les services russes entendaient marquer les esprits. Une balle eût été plus rapide, mais moins médiatique. Frapper là où et quand on le souhaite, partout sur le territoire européen, c’est à la fois prouver sa force, sa capacité à résister aux sanctions et aux condamnations diplomatiques occidentales, c’est exposer au grand jour l’impuissance des pays visés à se défendre, y instaurer la psychose de l’attentat, laisser croire que les services de renseignement russes, leurs réseaux et leurs affidés sont partout présents, libres de leurs mouvements. Plus explicite encore, peut-être, cette publication par le Kremlin, le 15 avril 2026, d’une liste de onze entreprises européennes, turques et israéliennes impliquées dans la fabrication de drones pour l’armée ukrainienne, assortie d’un avertissement au « public européen » invité à comprendre « les véritables causes des menaces qui pèsent sur sa sécurité ». L’inénarrable D. Medvedev ajoutait sur son compte X que ces entreprises étaient des « cibles potentielles » qui pouvaient être frappées à tout moment. Maxim Kuzminov, ce pilote d’hélicoptère qui avait fait défection en août 2023 avant de trouver refuge en Espagne où il est assassiné par un inconnu, avait été publiquement qualifié de « cadavre moral » par le chef du renseignement extérieur (SVR), Sergueï Narychkine peu après qu’une chaîne publique russe eût laissé entendre que le GRU avait reçu ordre de l’éliminer. De même, le nom du PDG de Rheinmetall, Armin Papperger, est-il plusieurs fois cité par de hauts responsables russes, dont V. Poutine lui-même, avant que l’homme d’affaires ne soit visé par une tentative d’assassinat. Notons que les assassins, même issus des services de renseignement (FSB, SVR ou GRU) sont parfois aisément identifiables. Il est vrai qu’ils agissent souvent à visage découvert. C’est le cas, par exemple, des assassins de Zelimkhan Khangoshvili, de S. Skripal (qui survit) ou de A. Litvinenko. Ce n’est pas un hasard. Ajoutons, enfin, que ces menaces à répétions peuvent se révéler contreproductives et finir par affaiblir le narratif russe. On ne peut ainsi, depuis au moins le milieu des années 2000, menacer d’anéantir Berlin ou Varsovie, alors qu’on n’a toujours pas, après quatre ans de guerre en Ukraine, réussi à occuper l’intégralité de l’oblast de Lougansk. De même, on ne peut brandir en permanence la menace du feu nucléaire, sans finir par laisser croire à l’adversaire que l’on aboie plus qu’on ne mord. Mais on sort là de notre sujet. Ces « opérations spéciales » sur le Vieux Continent mettent en exergue, par ailleurs, deux failles majeures : la facilité avec laquelle les services russes et leurs exécuteurs des basses œuvres se déplacent entre pays européens (espace Schengen, notamment) et la présence sur ces mêmes territoires d’importantes populations russes [7], ukrainiennes, biélorusses et moldaves, diasporas qui constituent le principal – mais non l’unique – vivier dans lequel les services russes puisent selon leurs besoins, notamment depuis que les multiples renvois de diplomates russes ont, ces dernières années, compliqué le recours aux agents professionnels. Quelle que soit l’origine de ces populations (humanitaire, tourisme, affaires, échanges universitaires ou scientifiques, etc.), elles constituent en raison même de leur masse et de l’autorisation qui leur est accordée d’effectuer des allers-retours entre leur pays d’origine et leur lieu de résidence temporaire (maisons secondaires, hôtels, campings, hébergements d’urgent, CADA, etc.) une vulnérabilité pour le moins malvenue alors même, comme le souligne le récent rapport de la DRSD cité plus haut [8], la menace humaine demeure la plus importante. Cette aisance des services russes à s’affranchir des frontières – et donc à atteindre sans entraves ou presque leurs cibles potentielles (personnes et lieux) – conjuguée à la facilité d’inonder de faux narratifs et de fake news un écosystème numérique et médiatique européen ouvert et non-censuré, donne au Kremlin un avantage stratégique majeur en cas de conflit. Les Russes bénéficient ici des mêmes facilités matérielles et humaines que les Israéliens en Iran ou au Liban ou les Ukrainiens en Russie (réseaux historiques, recours aux opposants ou aux descendants d’Ukrainiens, diasporas, langue commune, etc.). Moscou peut, par ailleurs, s’appuyer sur ses relais hongrois, serbes, autrichiens [9] ou slovaques qui lui servent de bases arrières sûres, sans compter l’immense cohorte des « idiots utiles » − personnalités et partis sympathisants partout en Europe. L’asymétrie est frappante : les services européens ne sauraient opérer de la même manière sur le sol russe, faute de pouvoir accéder aux oppositions, faute de s’exprimer librement dans l’espace public ou se mouvoir librement dans l’espace cyber, médiatique et géographique. Les auteurs directs de ces opérations sont d’origine variée (tous sont toutefois originaires du continent européen), mais Russes et Ukrainiens pro-russes (56) dominent sans surprise le classement devant des nationaux (23), parfois, notamment en Allemagne, d’origine russe ou ukrainienne. Moldaves (de Transnistrie), Serbes et Biélorusses sont également nombreux. Dans au moins une affaire (blanchiment d’argent et contournement des sanctions européennes), une mafia (irlandaise en l’occurrence) est impliquée. L’argent semble être la motivation principale qui pousse ces « petites mains » à passer à l’acte. L’idéologie, hors manipulation de groupes politisés, arrive loin derrière, tout comme le chantage, la naïveté ou la manipulation. Les sommes versées, lorsqu’elles sont connues, sont souvent modestes : quelques centaines d’euros pour des tags à Paris en juin 2024, « 400€ » pour chacune des trois personnes impliquées, toujours à Paris, dans l’affaire des cercueils déposés devant la Tour Eiffel, mais 4000 à 6000€ pour des incendies d’entreprises en Angleterre et en Pologne. Le jeune Ukrainien chargé d’incendier un magasin Ikea à Vilnius, en novembre 2025, se serait vu, lui, promettre 10.000€ et une voiture. Un paiement en cryptomonnaie est aussi parfois mentionné. Sans surprise, la Russie puise de préférence dans le vivier des chômeurs, des marginaux et des petits délinquants, souvent recrutés via la messagerie Telegram par une tête de réseau qui demeure hors du pays-cible, gère la logistique (transport, hébergement, fourniture du matériel, paiement) et reçoit ses ordres d’un officier traitant russe utilisant un pseudo. Le GRU, selon certaines sources, pourrait utiliser les réseaux de recrutement de mercenaires dont dispose Wagner en Europe, notamment dans les pays d’Europe centrale et orientale. Les noms d’anciens agents, de membres de mouvements d’extrême-droite moldaves (Transnistrie) et bulgares, voire ceux de nostalgiques de l’URSS (Pays baltes, Allemagne) apparaissent également dans plusieurs affaires, même si les sources judiciaires sont souvent lacunaires. S’ils viennent à être arrêtés, ces exécutants sont laissés à leur sort. Les peines infligées semblent toutefois plutôt légères (le plus souvent de simples amendes ou des peines de prison avec sursis pour les actes les moins graves), même si des condamnations plus lourdes ont pu être prononcées (6 ans pour une préparation de sabotage en Allemagne, par exemple, ou 5 ans pour un ancien agent autrichien). Les agents russes professionnels (GRU, SVR ou FSB) emprisonnés finissent le plus souvent par être échangés contre des Occidentaux détenus en Russie (ainsi en est-il de Vadim Krasikov, du couple Dultsev, de Mikhail Mikushin, Pavel Rubtsov, Vadim Konoshchenok, etc.). Ces exécutants peuvent agir en réseaux constitués, même si ce ne semble pas être la règle, et être réutilisés pour mener plusieurs opérations de front. C’est le cas en France, par exemple, pour les opérations « mains rouges », « étoiles de David » ou celle des cercueils déposés devant la Tour Eiffel. Eurojust, l’Agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale, joue donc sans surprise un rôle important dans la lutte contre l’action des services russes dès lors que celle-ci revêt une dimension transfrontalière claire. Enfin, comme pendant la Guerre froide, la question se pose de la manipulation par les services russes de groupes d’extrême-gauche [10] ou d’extrême-droite, voire, depuis quelques années, d’une coordination avec les réseaux pro-palestiniens, pro-iraniens, islamistes ou chinois. Cette question n’est pas anodine dans la mesure où cibles et intérêts de la Russie et ceux de ces groupes peuvent se recouper (entreprises de défense, infrastructures énergétiques, personnels politiques, militaires, par exemple). Ainsi, fin mars 2026, en République tchèque, des militants pro-palestiniens (« Faction du Tremblement de Terre ») ont-ils incendié un atelier du groupe LPP Holding qui produit du matériel militaire pour Israël, mais aussi … pour l’Ukraine. Pour les services de police et de renseignement l’attentat sous « fausse bannière » n’est pas une vue de l’esprit. Tant que la Russie n’aura pas atteint ses buts de guerre en Ukrain
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