● Univers Freebox
📅 21/05/2026 à 12:18
Orange, Free et EDF s’allient pour construire l’infrastructure IA du futur en Europe
📡 Télécom & Opérateurs
👤 Lucas Musset
Orange, Free et EDF s’allient pour construire l’infrastructure IA du futur en Europe Orange, Iliad/Scaleway, EDF, Capgemini et d’autres géants viennent de lancer AION, un consortium français visant à construire une immense infrastructure d’intelligence artificielle en Europe. Objectif : réduire la dépendance aux géants américains du cloud et de l’IA. La bataille de l’intelligence artificielle ne se joue plus seulement sur les modèles comme ChatGPT ou Gemini. Elle se joue désormais sur les infrastructures capables de faire tourner ces IA à très grande échelle. Et l’Europe ne veut plus dépendre uniquement des géants américains. C’est dans ce contexte qu’un consortium baptisé AION vient d’être lancé en France. L’initiative, lancée l’année dernière par Iliad, réunit plusieurs poids lourds français et européens : Orange, Groupe Iliad (maison-mère de Free), Scaleway (la filiale cloud d’Iliad), EDF, Capgemini, Bull, Ardian et Artefact. Leur objectif : porter une candidature française dans le cadre du programme européen des “AI Gigafactories”, de gigantesques infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle. Le terme peut faire penser aux usines géantes de batteries de Tesla, mais ici, il s’agit d’autre chose : une immense infrastructure informatique capable d’entraîner et de faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle. Concrètement, une AI Gigafactory regroupe des supercalculateurs, des milliers de puces spécialisées IA, des centres de données ultra puissants, des infrastructures cloud, des systèmes énergétiques capables d’alimenter l’ensemble. L’idée est simple : aujourd’hui, la plupart des grandes capacités de calcul IA sont contrôlées par des acteurs américains comme OpenAI, Google, Microsoft ou Amazon Web Services. L’Europe cherche donc à construire ses propres infrastructures souveraines pour éviter une dépendance totale. Le consortium estime que la France dispose de plusieurs avantages stratégiques pour accueillir une AI Gigafactory européenne. Le premier est énergétique. Grâce au nucléaire et à l’hydraulique, le pays bénéficie d’une électricité relativement abondante, stable et bas carbone, un élément crucial alors que les infrastructures IA consomment des quantités colossales d’énergie. Le second concerne l’écosystème technologique. La France dispose déjà de nombreux acteurs spécialisés dans l’IA, le cloud, les datacenters ou encore le calcul haute performance. Autour d’AION gravitent ainsi de nombreux partenaires comme Hugging Face, INRIA, Kyutai, Quandela, Schneider Electric ou encore Nokia. Une réponse européenne à la domination américaine Derrière ce projet, il y a surtout un enjeu de souveraineté technologique. Les entreprises européennes utilisent massivement des infrastructures cloud et IA venues des États-Unis. Or, entraîner un grand modèle d’intelligence artificielle nécessite une puissance de calcul gigantesque, extrêmement coûteuse et difficile à construire. Le consortium AION veut donc créer une alternative européenne, avec quatre priorités affichées : disposer d’une infrastructure IA de classe mondiale maîtriser toute la chaîne technologique en Europe favoriser les technologies open source limiter l’impact environnemental des infrastructures IA. Pour Thomas Reynaud, directeur général d’Iliad, “l’Europe ne peut pas accepter de dépendre d’infrastructures conçues, financées et opérées ailleurs”. Même discours chez Christel Heydemann (Orange), qui évoque la nécessité d’une “IA européenne puissante, ouverte et inclusive”. Le projet AION n’en est encore qu’au stade de candidature, mais il illustre la montée en puissance de la compétition mondiale autour de l’intelligence artificielle. Au-delà des assistants IA grand public, les États et les industriels considèrent désormais les capacités de calcul comme une infrastructure stratégique comparable aux réseaux électriques ou aux télécommunications. La future bataille de l’IA ne concernera donc pas seulement les logiciels, mais aussi les datacenters, l’énergie, les semi-conducteurs et les supercalculateurs capables de faire tourner les modèles de demain. Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 21/05/2026 à 14h18 par Lucas Musset
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