● Les Numériques Télécom 📅 20/05/2026 à 19:22

La France veut entraîner l'IA européenne avec son nucléaire : EDF, Orange et Free lancent la plus grande usine du continent

📡 Télécom & Opérateurs 👤 Aymeric Geoffre-Rouland
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La France veut entraîner l'IA européenne avec son nucléaire : EDF, Orange et Free lancent la plus grande usine du continentL'Europe calcule, la France alimente Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 20/05/26 à 17h22 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 4 © Image d'illustration Zamrznuti Tonovi - Un ingénieur au cœur d'un datacenter : c'est dans ce type d'infrastructure que la France veut entraîner les modèles d'IA européens, avec 100 000 processeurs alimentés au nucléaire. En janvier 2026, le Conseil de l'Union européenne a adopté l'amendement au règlement EuroHPC qui autorise la création d'AI Gigafactories : des centres de calcul de très grande envergure, équipés chacun de plus de 100 000 processeurs IA avancés, capables d'entraîner les modèles les plus complexes du continent.L'initiative InvestAI, lancée en février 2025 par Ursula von der Leyen lors du Sommet IA de Paris, mobilise 20 milliards d'euros pour financer jusqu'à cinq de ces installations. La Commission a reçu 76 expressions d'intérêt provenant de 60 sites répartis dans 16 États membres, pour un montant cumulé de 230 milliards d'euros. La compétition est féroce. Dans un monde où les capacités de calcul deviennent un levier de puissance, l'Europe ne peut pas accepter de dépendre d'infrastructures conçues, financées et opérées ailleurs.C'est dans ce contexte que le consortium AION officialise aujourd'hui sa candidature française. Les huit membres fondateurs couvrent l'intégralité de la chaîne de valeur : Bull apporte les supercalculateurs et les microprocesseurs, Scaleway et le Groupe Iliad le cloud souverain, Orange les réseaux et la cybersécurité, EDF l'électricité décarbonée, Capgemini l'intégration et le conseil IA, Artefact le déploiement opérationnel, et Ardian la capacité d'investissement industrielle.Un écosystème élargi, de Hugging Face à SiPearlAu-delà des huit fondateurs, AION fédère une vingtaine de partenaires technologiques, académiques et industriels.Le consortium AION et ses huit membres fondateurs : Ardian, Artefact, Bull, Capgemini, EDF, Groupe Iliad, Orange et Scaleway, candidats à la construction d'une AI Gigafactory européenne en France.© AIONParmi eux : Hugging Face, la plateforme open source d'IA la plus utilisée au monde, Kyutai (le laboratoire de recherche IA fondé par Xavier Niel), LightOn, SiPearl (le concepteur du processeur européen pour supercalculateurs), l'INRIA, le GENCI (opérateur national du calcul intensif), Nokia, Schneider Electric, Sopra Steria, le Crédit Agricole et PariSanté Campus.Le processeur européen de SiPearl, partenaire du consortium AION, conçu pour équiper les supercalculateurs et les futures gigafactories IA du continent.© SiPearlLa présence de SiPearl est un signal fort : Bull a explicitement mentionné sa capacité à "garantir une chaîne d'approvisionnement majoritairement européenne" pour l'infrastructure IA, du matériel aux logiciels ouverts. Ce qui manquait à l'Europe, c'était la capacité à fédérer ces forces autour d'un projet commun, à la hauteur de l'enjeu. AION, c'est cette ambition rendue possible.L'atout nucléaire françaisLa France dispose d'un avantage structurel que peu de pays européens peuvent revendiquer : une électricité abondante, compétitive et décarbonée à 95 % grâce au nucléaire et à l'hydraulique. L'enjeu énergétique est central pour les gigafactories.La centrale nucléaire EDF du Tricastin, à Pierrelatte (Drôme). L'électricité bas carbone pourrait demain alimenter les 100 000 processeurs d'une gigafactory IA européenne.© SpechSelon Goldman Sachs Research, la demande mondiale d'électricité des datacenters augmentera de 165 % d'ici la fin de la décennie. En France, l'ADEME estime que la consommation électrique des centres de données pourrait être multipliée par 3,7 d'ici 2035. EDF, en tant que membre fondateur d'AION, positionne directement le nucléaire français comme l'énergie qui alimentera l'IA européenne.Reste à savoir si Bruxelles retiendra la candidature française... Les pays nordiques (Finlande, Suède) proposent une électricité encore moins chère. L'Allemagne et les Pays-Bas disposent de hubs numériques matures. Le Portugal a déjà sécurisé un investissement de 10 milliards de dollars de Microsoft pour un datacenter géant. La sélection formelle des cinq sites est attendue dans les prochains mois. AION a posé ses cartes : au continent de trancher. À lire également : Et si les États-Unis coupaient l'accès à leurs logiciels ? Les entreprises européennes ne tiendraient pas deux ans Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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