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📅 19/05/2026 à 14:08
Agorapulse : comment la PME française a fait condamner le réseau social X en justice
Tech & Innovation
👤 Jennifer Larcher
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Réseaux Sociaux Agorapulse : comment la PME française a fait condamner le réseau social X en justice Agorapulse, 180 salariés, a gagné son procès contre X devant le tribunal de Paris. La plateforme d'Elon Musk voulait multiplier par cinq le prix de son API. La justice a dit non. Par Jennifer Larcher Publié le 19 mai 2026 à 12h08 Emeric Ernoult a fondé Agorapulse pour simplifier la gestion des réseaux sociaux en entreprise. Tout passe par les API des plateformes, celle de X en particulier. La facture a longtemps été supportable. Quelques milliers de dollars, puis 49 000 par mois. Cher, mais le business tournait. Au printemps 2025, X envoie un nouveau tarif. 250 000 dollars par mois et treize jours pour accepter. À ce prix-là, Agorapulse ne survivait pas. Le tribunal ne mâche pas ses mots Ernoult a porté l’affaire devant le Tribunal des activités économiques de Paris. Jugement rendu le 7 mai 2026. La hausse est qualifiée de disproportionnée. Dix ans de relation commerciale rompus brutalement. Les juges relèvent aussi que X réclamait les chiffres financiers d’Agorapulse pour justifier son tarif, mais n’a jamais montré comment ces données entraient dans le calcul. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Agorapulse ne peut aller chercher les données de X nulle part ailleurs. Quand il n’existe aucune alternative, le fournisseur ne fixe plus un prix, il impose un tribut. X condamné à revenir au tarif antérieur La décision oblige X à maintenir l’accès API au tarif de 49 000 dollars par mois pendant quinze mois. La plateforme doit aussi régler 50 000 euros de frais de justice. Pour Agorapulse, le jugement représente une économie de plus de 3 millions d’euros. X avait tenté de renvoyer l’affaire devant les tribunaux irlandais en s’appuyant sur ses clauses contractuelles. Le tribunal parisien a refusé. Il a estimé que Twitter France fait partie d’une unité économique avec le reste du groupe et que le préjudice a été subi sur le sol français. Emeric Ernoult se dit satisfait, mais lucide. Ce jugement offre un répit et non une solution définitive. La hausse de 2025 avait déjà forcé l’entreprise à se séparer de 23 salariés. Un signal pour tout l’écosystème tech Ce jugement dépasse le cas d’Agorapulse. Des milliers de startups européennes dépendent d’API contrôlées par des plateformes américaines. Toutes peuvent voir leurs tarifs, leurs conditions et leurs règles du jeu changer du jour au lendemain. Le tribunal parisien vient de poser un principe. Quand une plateforme devient incontournable, son pouvoir tarifaire a des limites. Ce jugement rappelle les débats sur les concessions ferroviaires au XIXe siècle. Celui qui contrôle le point de passage contrôle le marché. Les API endossent ce rôle aujourd’hui. De plus, la justice française vient de rappeler qu’un monopole de fait, même numérique, peut être encadré par le droit. Pour aller plus loin Face aux dérives des réseaux sociaux, l’Europe envisage une interdiction pour les mineursElon Musk humilié par la justice américaine dans son offensive contre OpenAIDes noms de domaine très convoités vont être vendus aux enchères après une saisie judiciaireDes revendeurs d’IPTV pirate condamnés à un an de prison et 15 000 euros d’amende en FranceElon Musk sanctionné pour ses déclarations sur Twitter, les investisseurs réclament des milliardsX accepte de payer 120 millions d’euros à l’Europe et tente d’éviter de nouvelles sanctions Justice X (Twitter)
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