● Courrier International 📅 13/05/2026 à 18:27

Au Soudan du Sud, la destruction d’un hôpital témoigne du retour de la guerre civile

Géopolitique
Illustration
Un homme assis à la clinique de Médecins sans frontières (MSF) de Lankien, le 5 juillet 2017. PHOTO ALBERT GONZALEZ FARRAN/AFP Au-dessus de la ville de Lankien, dans l’État de Jonglei, au Soudan du Sud, un aéronef survole les décombres d’un hôpital tenu pendant plus de trente ans par l’ONG Médecins sans frontières (MSF). L’établissement a été bombardé le 3 février dernier par un avion de l’armée gouvernementale avant d’être incendié par des inconnus. Aujourd’hui, ce centre médical est devenu le symbole d’une recrudescence des violences au Soudan du Sud, qui fait craindre le retour de la guerre civile, dont le pays ne s’est pas encore remis. À lire aussi : Politique. Guerre civile : le Soudan du Sud de nouveau déchiré par la rivalité entre deux hommes Derrière les hublots, l’équipe de MSF contemple le paysage qui défile à toute vitesse. C’est la première fois qu’elle retourne sur place depuis la fermeture de l’hôpital dix semaines plus tôt, rapporte The Guardian. “Découvrir l’ampleur des destructions est choquant, même pour les humanitaires habitués aux zones de guerre.” Au cœur des ruines Doté de 80 lits et d’un service de maternité et de pédiatrie, l’hôpital de Lankien était le seul centre de santé de la région où MSF pouvait prodiguer des soins vitaux. “Environ 250 000 personnes en dépendaient.” À présent “tout est détruit”, constate Yashovardhan, chef de mission de MSF, les pieds au milieu des ruines. Dans les locaux calcinés, des restes de matériel médical et de documents s’enchevêtrent à des climatiseurs et autres équipements électriques. “Il ne reste plus un seul lit, une seule chaise ni un seul bureau.” État de Jonglei, Soudan du Sud COURRIER INTERNATIONAL Le Guardian rapporte les détails de l’évacuation de l’hôpital, le 3 février 2026, avant le bombardement des forces gouvernementales et les exactions d’inconnus venus pour piller et incendier. Pour l’ONG, aucun doute : “C’était intentionnel. Pour que nous n’ayons d’autre choix que de le fermer définitivement.” Dans un communiqué, MSF a déclaré que cette attaque contre son établissement s’inscrivait dans une “tendance plus large et profondément inquiétante de violences contre les soins de santé au Soudan du Sud”. L’hôpital de Lankien est le quatrième que l’ONG a été contrainte de fermer dans le pays depuis 2025. Trente-trois hôpitaux détruits Dans la ville, les tulkul (maisons traditionnelles en terre) calcinées au milieu des rues désertes témoignent du retour d’un conflit dont les braises n’étaient pas encore éteintes. La recrudescence des violences, tout au long de l’année 2025, entre les forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) – l’armée gouvernementale fidèle au président Salva Kiir – et le Mouvement populaire de libération du Soudan en opposition (SPLM-IO), actent désormais l’échec de l’accord de paix signé en 2018 entre les belligérants. À lire aussi : Conflit. Au Soudan du Sud, la crainte d’un retour à la guerre civile Depuis décembre 2025, plus de 304 000 personnes ont été déplacées de l’État de Jonglei à la suite de multiples attaques, recense l’ONU. Entre janvier et mars 2026, MSF a constaté 18 frappes aériennes et la destruction de 33 établissements de santé, laissant 1,4 million de personnes sans accès aux soins, selon l’agence humanitaire des Nations unies (OCHA). Santé Afrique Crimes contre l'humanité Crimes de guerre Nos lecteurs ont lu aussi Sport. Les Norvégiens pourront boire toute la nuit durant la Coupe du monde 2026, et ça inquiète Reportage. À Téhéran, le retour à un semblant de normalité Défense. L’armée iranienne réduite à néant ? Loin de là, selon le renseignement américain Vidéo. Les “Scientology speedrunnings” servent-ils vraiment la lutte contre les sectes ? Source de l’article The Guardian (Londres) L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui compte dans ses rangs certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. De centre gauche, proeuropéen, The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Contrairement aux autres quotidiens de référence britanniques, le journal a fait le choix d’un site en accès libre. Il est passé au format tabloïd en 2018. Cette décision s’inscrivait dans une logique de réduction des coûts, alors que The Guardian perdait de l’argent sans discontinuer depuis vingt ans. Une stratégie payante : en mai 2019, la directrice de la rédaction, Katharine Viner, a annoncé que le journal était bénéficiaire, une première depuis 1998. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Rwanda, à la poursuite des génodicaires » de T. Zribi & D. Roudeaup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → Édition Grand Angle Tentez de remporter la BD « La sorcière qui a changé le monde » de Le Naour & Van Der Zuiden, proposé par les éditions Grand Angle. Je reçois ma bande dessinée → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article →
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