● BFM Tech
📅 13/05/2026 à 18:14
Collisions, brûlures, migrations perturbées… En réfléchissant la lumière, les panneaux solaires des fermes photovoltaïques deviennent des pièges pour les oiseaux migrateurs
Géopolitique
Vues du ciel, les surfaces sombres et réfléchissantes des fermes photovoltaïques ressemblent à des étendues d’eau, alerte une étude australienne. Au point de désorienter oiseaux migrateurs et chauves-souris. Un paradoxe pour une énergie censée protéger le vivant.Ils arrivent après des centaines, parfois des milliers de kilomètres de vol. Cherchent un point d’eau où se poser, se nourrir, reprendre leur route. Mais sous eux, il n’y a pas de lac. Seulement des hectares de panneaux photovoltaïques.Depuis plusieurs années, des ornithologues observent un phénomène étrange autour des grandes fermes solaires. Des oiseaux migrateurs tournent au-dessus des installations, tentent d’y atterrir, s’y blessent parfois. Une étude publiée dans la revue scientifique Renewable and Sustainable Energy Reviews vient donner un nom et une explication à cette confusion: "l'effet du lac".Une illusion aux conséquences bien réellesLes travaux, menés par la chercheuse Patricia A., de l’université Murdoch (Australie) montrent que certaines espèces confondent les panneaux solaires avec des plans d’eau. C'est par exemple le cas des flamants roses, les oiseaux migrateurs et les chauves-souris. En cause? La manière dont ces installations réfléchissent la lumière.De nombreux animaux ont une vision polarisée et peuvent obtenir des informations à partir de la lumière. Les oiseaux migrateurs s’en servent comme d’une boussole naturelle tandis que certains insectes l’utilisent pour repérer les points d’eau. Or les panneaux photovoltaïques, vastes surfaces sombres, lisses et horizontales, réfléchissent cette lumière d’une façon très proche de celle d’un lac.Les panneaux photovoltaïques "peuvent induire en erreur et attirer les animaux dans un piège", précise ainsi l’étude.Pour les animaux, l'illusion est crédible. Mais les conséquences, elles, sont bien réelles. Les chercheurs évoquent des collisions, des brûlures provoquées par la chaleur des panneaux, mais aussi une perturbation des trajectoires migratoires. Des oiseaux épuisés peuvent tenter de se poser sur ces "faux lacs" avant de reprendre leur route, totalement désorientés.Atteindre la neutralité écologiqueL’étude australienne rejoint des conclusions déjà avancées par la California Energy Commission en 2024. Les scientifiques américains avaient eux aussi observé une concentration inhabituelle d’oiseaux aquatiques autour de certaines centrales solaires du désert californien. Une présence qui renforçait l’hypothèse de ce mirage technologique. Le constat place les défenseurs des énergies renouvelables face à un dilemme: comment décarboner sans perturber les animaux?Car l’énergie solaire demeure l’un des piliers de la lutte contre le changement climatique. Elle permet de réduire la dépendance aux énergies fossiles et contribue à diminuer la pollution de l’air, responsable de millions de morts prématurées dans le monde. Certaines installations produisent même des effets inattendus sur les écosystèmes. En Chine, une immense ferme solaire a ainsi favorisé la rétention d’humidité dans des zones désertiques, permettant le retour progressif de la végétation.Mais la neutralité carbone ne garantit pas la neutralité écologique. Les chercheurs australiens appellent désormais à concevoir des infrastructures plus respectueuses de la faune. Pour ça, plusieurs pistes sont envisagées.Les scientifiques recommandent notamment d’appliquer des revêtements antireflets sur les panneaux, de modifier les clôtures pour éviter que des animaux ne s’y retrouvent piégés, ou encore d'éliminer la végétation pour rendre la zone moins attrayante pour les animaux. Certains recommandent même des solutions plus extrêmes, en proposant d’adapter l’exploitation des sites pendant les grandes périodes de migration.La promesse des énergies vertes était de réparer notre relation au monde vivant. Reste désormais à éviter que cette réparation ne crée, à son tour, de nouveaux pièges pour ceux qui traversent le ciel.Les plus lusDonald Trump publie un dessin montrant le Venezuela comme "51e Etat" américain"Plus de 34 euros net supplémentaires par mois": le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou annonce que le SMIC va augmenter de 2,4% à partir du 1er juinPrésidentielle 2027: Marine Le Pen affirme qu'elle "sera candidate" en cas de condamnation à une peine avec sursis"Les Français peuvent voyager comme ils le souhaitent": malgré les craintes de propagation de l'hantavirus, le ministre des Transports exclut (pour le moment) toute restriction ainsi que le port du masque obligatoire16 ans après Knysna, on tient peut-être enfin le nom de la taupe (mais il n'est même pas au courant)
🔗 Lire l'article original
👁️ 0 lecture