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📅 13/05/2026 à 17:24
Procès OpenAI : Sam Altman renvoie Musk à ses contradictions
Énergie & Environnement
👤 Philippe Leroy
Sam Altman a pris place à la barre mardi avec la tranquillité affichée d’un dirigeant qui sait que le procès se joue autant dans l’opinion que devant les neuf jurés du tribunal fédéral d’Oakland. Face à lui, l’avocat de Musk, Steven Molo, avait préparé ses munitions : mensonges présumés, conflits d’intérêts avérés, et une question frontale : «Dites-vous toujours la vérité ?» Réponse du patron d’OpenAI : «Je pense être quelqu’un de sincère… Je suis certain qu’il m’est arrivé, à un moment de ma vie, de ne pas l’être.» «Voler une association caritative» L’accusation centrale de Elon Musk est que Sam Altman a, en substance, «volé une association caritative» en convertissant OpenAI en entreprise commerciale. Il a reçu une réfutation cinglante dès les premières minutes du témoignage. «Il m'est difficile de même comprendre ce cadrage», a déclaré Altman, selon le Wall Street Journal (WSJ). Pour lui, la conversion en structure à but lucratif n'était pas une trahison idéologique, mais une nécessité économique. Sans capital privé massif, impossible de financer les ressources de calcul indispensables au développement d'une IA puissante et sûre. Sam Altman a également renvoyé Elon Musk à ses propres positions passées, rappelant que le fondateur de Space X avait lui-même soutenu cette évolution ; à condition d'en être le maître. Selon le Financial Times (FT), Altman a témoigné que Musk avait demandé jusqu'à 90 % du capital d'OpenAI dès les premières années, au motif qu'il était «le plus connu» et que «si je tweete sur ça, ça vaut immédiatement une fortune». Une fusion avec Tesla avait également été envisagée à l'époque. Le moment le plus saisissant de la journée reste la révélation d'un échange entre les cofondateurs d'OpenAI. Lorsque ceux-ci demandent à Elon Musk ce qu'il adviendrait du contrôle de la société à sa mort, il aurait répondu, selon Sam Altman cité par le FT : «Je n'y avais pas trop réfléchi, mais le contrôle passerait peut-être à mes enfants.» Selon lui, : «Elon disait qu'il ne travaillerait que sur des entreprises qu'il contrôlerait totalement. J'étais extrêmement mal à l'aise avec ça.» Démotivation et vengeance Au-delà des chiffres et des documents, Sam Altman a brossé un portrait psychologique de son co-fondateur devenu adversaire. Il a décrit un Elon Musk «imprévisible», connu pour ses revirements, dont les équipes d'OpenAI craignaient les représailles après leur rupture. «Les gens se demandaient s'il allait se venger de nous», a-t-il confié au tribunal, selon le FT. Plus concrètement, il l'a accusé d'avoir «fait d'énormes dégâts à la culture» d'OpenAI. L'une des pratiques incriminées : demander à des responsables de dresser une liste des chercheurs, de noter leurs contributions et d'identifier ceux à «éliminer à la tronçonneuse». Dans cet environnement de recherche, ce management a eu l'effet inverse de celui escompté. «Ce n'était vraiment pas compatible avec le type de recherche que nous avons ensuite réussi à mener», a-t-il dit, cité par le WSJ. Résultat, le départ de Elon Musk en 2018 fut «un coup de fouet au moral. Les gens se sont dit : on n'allait plus avoir à travailler comme ça.» a expliqué Altman. Conflits d'intérêts : Sam Altman sous pression L'avocat de Elon Musk a cependant trouvé des failles. Car si Sam Altman incarne l'intérêt général face à l'égocentrisme de son adversaire, son patrimoine personnel raconte une autre histoire. Le WSJ révèle qu'il détient un tiers du capital d'Helion, la start-up d'énergie nucléaire valorisée à plus de 5 milliards $, qui a signé un accord de fourniture d'électricité avec OpenAI. Il possède également des participations significatives dans le réseau social Reddit, dans la fintech Stripe (plus de 600 millions $), dans la biotech anti-âge Retro Biosciences (250 millions) et dans le fabricant de puces Cerebras (3 millions), qui prépare justement une introduction en Bourse cette semaine. Sur le dossier Reddit, l'échange a été particulièrement inconfortable. «Il y avait un conflit d'intérêts évident, non ?» a demandé Steven Molo. «Oui», a répondu Altman. «Et vous avez quand même négocié cet accord ?» «Avec d'autres personnes et avec l'approbation finale du conseil, mais j'étais dans la pièce, oui.» Sam Altman a par ailleurs admis s'être trompé en déclarant devant une commission du Sénat américain en 2023 ne détenir «aucune participation» dans OpenAI. Il en possède en réalité une, indirecte, via l'incubateur Y Combinator qu'il a présidé durant plusieurs années.
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