● Courrier International
📅 13/05/2026 à 12:24
“Ils m’ont volé mes rêves” : le récit d’une Togolaise expulsée par l’ICE vers le Ghana
Géopolitique
Des détenus de la police de l’immigration américaine (ICE) montent à bord d’un avion à l’aéroport international de King Country à Seattle, le 15 avril 2026. Photo DAVID RYDER/Getty Images/AFP Alors qu’elle bénéficiait d’une protection “contre le renvoi vers [son] pays d’origine, accordée par un juge de l’immigration”, une femme âgée de 28 ans a été arrêtée par la police de l’immigration et des douanes (lCE), expulsée vers le Ghana puis vers le Togo, où elle risque sa vie. La Togolaise, dont le nom a été anonymisé, a accepté de témoigner auprès du Washington Post. À lire aussi : À la une de l’hebdo. États-Unis : la machine à expulser En septembre 2025, le Ghana a signé un accord avec les États-Unis pour accueillir les ressortissants en situation irrégulière expulsés par l’administration Trump en échange d’un prétendu assouplissement des restrictions sur l’obtention de visas américains pour les ressortissants ghanéens. “Au moins 34 ressortissants d’Afrique de l’Ouest” ont été expulsés vers le Ghana depuis, constate Meredyth Yoon, une avocate qui travaille avec certains d’entre eux. “J’ai traversé l’Atlantique pour sauver ma vie” Courrier international La femme togolaise en faisait partie alors qu’elle avait fui le Togo en 2024 pour échapper aux maltraitances de sa famille et à l’excision, qui continue d’être illégalement pratiquée dans le pays. “J’ai traversé l’Atlantique pour venir aux États-Unis et sauver ma vie, explique-t-elle, j’avais une chance… Mais tous ces imbéciles m’ont volé mes rêves.” Après avoir traversé le Brésil et la jungle hostile du Darién, elle a finalement été arrêtée par la police de l’immigration et des douanes américaine (ICE) à la frontière sud des États-Unis en janvier 2025, puis détenue pendant huit mois en Arizona. À lire aussi : Polémique. Au Ghana, l’accueil de migrants expulsés des États-Unis attaqué sur tous les fronts Bien qu’elle n’ait pas obtenu le droit d’asile après être entrée illégalement sur le territoire, “un juge lui a accordé une suspension d’expulsion le 20 mai 2025, bloquant ainsi son expulsion vers le Togo”, explique le Washington Post, stipulant qu’“elle craignait de manière fondée d’être persécutée ou torturée si elle était renvoyée dans son pays natal”. Violations du droit international Mais, en septembre, elle est expulsée des États-Unis vers le Ghana, où elle est détenue deux semaines dans des conditions “déplorables”, puis forcée par les autorités ghanéennes à retourner au Togo, où elle vit aujourd’hui cachée. “Dans ce pays, personne ne peut m’aider”, raconte-t-elle au grand quotidien américain. Les États-Unis et le Ghana font tous les deux partie de la Convention contre la torture (CAT), qui leur interdit d’expulser une personne vers un pays “où il est plus probable qu’improbable qu’elle y soit torturée”, rappelle le quotidien américain. De plus, Washington est soumis à la loi sur l’immigration et la nationalité (INA), qui interdit l’expulsion d’un étranger vers un pays où sa vie ou sa liberté seraient menacées. À lire aussi : Politique. Expulser un migrant vers l’Afrique peut coûter jusqu’à 1 million de dollars aux États-Unis L’administration Trump est accusée de contourner ces lois par le biais d’un processus de refoulement indirect, interdit par le droit international des réfugiés, qui lui permet de se soustraire à sa responsabilité en confiant la protection de ses réfugiés à un pays tiers. Courrier international Droits humains Togo États-Unis Afrique Immigration Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Société. Le gouvernement allemand veut en finir avec la journée de travail de huit heures Vu d’Allemagne. Malgré toutes les critiques justifiées, l’Europe regrettera amèrement Emmanuel Macron Musique. Eurovision : une vaste campagne d’Israël pour influencer les votes révélée par une enquête Vu des États-Unis. “Il est comme ça, il veut un deal” : Trump est-il trop tendre avec la Chine ? Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Festival Europavox Tentez de remporter un pass VIP 3 jours pour le festival de musique Euparovox du 26 au 28 juin à Clermont-Ferrand. Je participe → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance →
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