● Presse-Citron 📅 13/05/2026 à 08:32

Réchauffement climatique : une étude suggère que les émissions de CO₂ des véhicules en ville seraient largement sous-estimées. Une révision des données est en cours

Intelligence Artificielle 👤 Camille Coirault
🏷️ Tags : gemini
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© Matt Boitor / Unsplash 0 Mesurer correctement les émissions de CO₂, c’est l’une des conditions sine qua non de toute politique climatique sérieuse : celle qui nous permettrait de passer d’une écologie de l’intention (des promesses floues) à une écologie du résultat (une gestion responsable de nos ressources). Impossible de réduire une variable qu’on ne quantifie pas correctement, et c’est visiblement un sport que l’on pratique avec assiduité. Selon une étude publiée le 5 mai 2026 dans la revue Environmental Research Letters, trois chercheurs de la Northern Arizona University pointent du doigt les biais de Climate TRACE (Tracking Real-Time Atmospheric Carbon Emissions). C’est l’un des consortiums de référence en matière de suivi mondial des émissions, co-fondé par l’ex-vice-président des États-Unis Al Gore. En la comparant avec leur propre base de données Vulcan, établie par le laboratoire School of Informatics, Computing, and Cyber Systems, Kevin Gurney et son équipe ont analysé les émissions de 260 villes américaines. Climate TRACE passerait à côté de près des trois quarts des émissions réelles en provenance des voitures et camions circulant dans les villes outre-Atlantique. L’IA prise en flagrant délit : le suivi des émissions urbaines à revoir de zéro Dans des cas extrêmes comme Indianapolis ou Nashville, le déficit dépasse même 90 %. « Les données Climate TRACE sous-estiment significativement plus de la moitié des émissions de CO₂ d’origine fossile dans les villes américaines », résume Gurney. Comment expliquer un tel gouffre, alors même que Climate TRACE est censé être l’un des outils de monitoring le plus technologiquement avancé et le mieux financé que nous avons à disposition ? Eh bien justement, c’est la technologie utilisée derrière qui est problématique ; pour agréger et traiter ses données d’émissions à l’échelle mondiale, Climate TRACE utilise principalement l’intelligence artificielle. Des algorithmes entraînés sur des données satellitaires, énergétiques et de mobilité permettent d’estimer en temps quasi réel les rejets de dizaines de milliers de sources différentes. Le problème, c’est que ses résultats n’ont jamais été suffisamment soumis à une validation scientifique rigoureuse. C’est le reproche principal qu’adressent Gurney et son équipe à Climate TRACE, qui se veut être la « police mondiale du carbone » depuis sa création en 2021. « Nous ne serons jamais en mesure d’estimer les émissions avec une précision parfaite, mais nous devons nous assurer que les données communiquées aux décideurs politiques sont non biaisées et respectent les meilleures pratiques scientifiques disponibles », insiste-t-il. « Sans cela, nous induisons les décideurs en erreur et risquons de perdre la confiance du public dans notre capacité à lutter contre le changement climatique ». Climate TRACE nous était vendu comme l’œil d’Argus de la décarbonation, un guetteur algorithmique apte à traquer tout ce qui sort des pots d’échappement depuis l’espace, sous le haut patronage d’Al Gore. Ses paupières étaient finalement un peu trop lourdes et les décideurs climatiques travaillaient sur des chiffres largement sous-évalués. Le mea culpa de Climate TRACE Le consortium a réagi après la publication de l’étude, en indiquant que l’analyse de Gurney portait sur une version de sa base affectée par un bug temporaire en 2025, depuis corrigé. Avec les données actualisées, il affirme que l’écart avec Vulcan ne serait plus que de 6 % en moyenne à l’échelle des grandes villes, et d’environ 1,4 % au niveau des comtés. Un niveau de divergence que Climate TRACE considère comme normal : deux bases construites sur des sources et des méthodes différentes ne produisent jamais exactement les mêmes chiffres. Une réponse qui ne clôt pas ce houleux débat pour autant. Premièrement, l’étude de Gurney a été examinée et validée par des chercheurs indépendants avant publication ; la démarche de validation scientifique que Climate TRACE n’a jamais appliquée à ses propres données. Deuxièmement, un bug logiciel, s’il peut être à l’origine de données erratiques ponctuelles, ne saurait expliquer à lui seul une erreur aussi uniforme et orientée sur un même territoire. Quelle que soit l’issue de cette controverse, elle démontre encore une fois, qu’un usage mal encadré de l’IA, même au service des meilleures intentions, peut empirer le problème qu’il prétend pouvoir résoudre. Les données de Climate TRACE sont utilisées, par exemple, lors des COP (Conference of the Parties) pour combler celles des inventaires nationaux. Des grandes messes écolo-diplomatiques où se prennent les engagement de demain et qui conditionnent, en partie, notre avenir climatique. Si un laboratoire universitaire peut contredire en quelques mois de travail une base de données aussi importante, mieux vaut s’interroger sur la solidité des fondations de nos futurs traités internationaux. Une étude révèle que Climate TRACE sous-estime les émissions de CO₂ urbaines des véhicules de 70 % en moyenne, compromettant la précision des données climatiques. La technologie d’IA utilisée par Climate TRACE n’a pas été suffisamment validée scientifiquement, soulevant des doutes sur sa fiabilité. Le consortium a admis une erreur temporaire dans ses données, mais la controverse souligne les risques liés à l’utilisation non encadrée de l’IA dans la lutte contre le réchauffement climatique. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : climatréchauffement climatiqueScience [ Source ] Sur le même sujet La Direction générale de l’Alimentation interdit le CBD alimentaire : huile, thé, gummies… 40 % du marché disparaît de France Une nouvelle espèce inconnue de koala ressurgit des milliers d’années après sa disparition. 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