● Maddyness 📅 13/05/2026 à 06:59

Fakto lève 3,6 millions pour traquer les millions perdus dans les factures fournisseurs

Cybersécurité 👤 Julien Khaski
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Fakto lève 3,6 millions pour traquer les millions perdus dans les factures fournisseurs EXCLU - Fakto sort du mode stealth avec une levée de 3,6 millions d’euros pour automatiser la vérification des factures fournisseurs grâce à l’IA. La startup analyse contrats, grilles tarifaires et factures pour détecter des écarts parfois invisibles pour les grands groupes. Sur un premier périmètre de 40 millions d’euros d’achats, elle affirme avoir identifié jusqu’à 14 % de déviations contractuelles. Temps de lecture : 3 minutes Chaque contrat fournisseur constitue une promesse avec un prix, une potentielle remise, un seuil de volume ou encore une clause de maintenance. Mais entre la signature et la facture, certaines informations se perdent. Les directions achats et finance en sont bien conscientes car à l'échelle d'un grand groupe, l’écart entre la négociation et la facturation peut représenter entre 10 et 50 millions d'euros par an. « C'est ce qu'a observé Benjamin Mai, l’un des co-fondateurs et CRO de Fakto, dans une précédente expérience : des millions d'euros de chiffre d'affaires perdus chaque année par une entreprise, non par fraude, mais parce que personne n'avait les outils pour lire ses propres contrats », partage Nicolas Vecchioli, CEO et cofondateur de Fakto. Le problème est structurel, puisque dans un contrat, une large part de la donnée est non structurée. Le texte libre, les PDF, les grilles tarifaires en Excel sont donc mal lus par les outils informatiques traditionnels. L'émergence des grands modèles de langage change cette réalité en permettant d'extraire du sens d'un document brut, d'identifier une clause, de la comparer à une facture et de détecter un écart avant que le paiement ne sorte. « Les directions achats et finance s'entendent dire depuis trente ans que 2 à 5% des achats fournisseurs sont irrécupérables. Ce qui était vrai à l'époque où l'audit reposait sur des humains et des feuilles Excel ne l'est plus à l’ère de l’IA », affirme Nicolas Vecchioli. Des audits ponctuels à la surveillance en continu Auparavant il existait quelques solutions d’audit pour surveiller cela et rectifier le tir, mais rien qui ne couvre l'ensemble du parc contractuel de façon continue. Fakto se positionne sur ce temps réel que l'audit classique ne peut pas atteindre. Ses agents IA ingèrent l'intégralité des contrats fournisseurs, analysent chaque ligne de facture et signalent tout écart avec ce qui a été signé. La plateforme fonctionne sur deux modes : défensif, pour récupérer ce qui a été surfacturé et offensif, pour activer la valeur inexploitée que les contrats portent, optimiser des paliers de volume, consolider des achats entre business units ou repositionner pour le prochain cycle de négociation. Sur un périmètre de 40 millions d'euros d'achats de carburant chez un grand groupe français de la construction, Fakto a identifié 2,5% de déviations contractuelles en quelques jours, après ingestion de plus de 30 000 factures et grilles tarifaires non structurées. Un fournisseur isolé présentait un taux d'écart systémique de 14%. Un modèle calibré pour les grands groupes, une ambition transatlantique La startup cible les entreprises au-delà de 500 millions d’euros de chiffre d'affaires dans des secteurs à forte densité contractuelle : grande distribution, construction, logistique, industrie manufacturière. Le modèle est un abonnement SaaS indexé sur le volume de dépenses couvertes, calibré pour représenter en coût d’environ 10% des fuites détectées. Elle travaille déjà avec trois groupes français aux revenus compris entre 1 et 40 milliards d'euros. Le tour de 3,6 millions, mené par Frst avec la participation de GFC et Darkmode, a été bouclé en trois semaines. Il est complété par trois business angels : Alain Dehaze, ex-PDG mondial d'Adecco, Jean-Stéphane Arcis, cofondateur de Talentsoft, et Dominique Vidal, ancien directeur d'Index Ventures. « Nous voulions des investisseurs qui comprennent l'écosystème français mais aussi capables de nous accompagner pour aller vite sur les marchés anglo-saxons et ainsi devenir un leader de catégorie », explique Nicolas Vecchioli. La feuille de route est séquencée : Royaume-Uni au second semestre 2026, États-Unis début 2027. Une nouvelle levée devrait accompagner cette expansion. D'ici là, quatre à cinq recrutements tech pour venir soutenir les trois co-fondateurs. À lire aussi Harvey, la licorne américaine de l'IA juridique ouvre un bureau à Paris × Envie d'être le premier au courant ? L'actualité économique, des entrepreneurs et de l'innovation, directement dans votre boîte mail, avant tous les autres Ne passez pas à côté de l'économie de demain, recevez tous les jours à 7H30 la newsletter de Maddyness. SIGNALER UNE ERREUR
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