● Courrier International
📅 12/05/2026 à 19:38
Hantavirus : comment l’Afrique du Sud a alerté le monde
Géopolitique
Des personnes en combinaison de protection se dirigent vers le navire de croisière “Hondius”, touché par une épidémie de hantavirus et amarré dans le port de Granadilla de Abona, sur l’île de Tenerife (îles Canaries), le 11 mai 2026. JORGE GUERRERO/AFP “Comme lors de la pandémie de Covid-19, les scientifiques sud-africains ont une fois de plus fait la fierté du pays”, résume le média d’investigation sud-africain Daily Maverick. Si son rôle est encore peu connu, c’est bien une équipe sud-africaine qui a identifié en un temps record le virus responsable de l’épidémie mortelle à bord du bateau de croisière MV Hondius. Une rapidité qui a permis aux autorités sanitaires à travers le monde d’organiser une riposte collective sans tarder. “Tout commence par un e-mail reçu tard dans la journée du vendredi 1er mai 2026, un jour férié, de la part d’un confrère inquiet”, raconte le Daily Maverick. La destinataire du message s’appelle Lucille Blumberg. Spécialiste des maladies infectieuses, elle est consultante au sein de l’Institut national sud-africain des maladies transmissibles, dont elle fut la directrice adjointe. À lire aussi : Santé. Hantavirus : comment l’OMS a géré l’épidémie à bord du navire “Hondius” Quatre jours plus tôt, le 27 avril, l’Afrique du Sud a accueilli un patient britannique évacué d’un navire de croisière depuis l’île de l’Ascension, au milieu de l’océan Atlantique. Actuellement hospitalisé, il présente les symptômes d’une pneumonie, même si son état de santé s’est amélioré, comme l’a déclaré le ministère de la Santé. Comme lui, plusieurs personnes sont tombées malades sur le bateau après la mort de l’un des passagers. Dans son message, le spécialiste britannique signale à Lucille Blumberg l’existence de ce patient évacué et les inquiétudes au sujet d’une possible épidémie sur le Hondius. L’équipe sud-africaine se met en chasse de l’agent pathogène. “Une réalisation remarquable” La quête s’annonce délicate, précise le Daily Maverick. Le patient est âgé et souffre de comorbidités. L’origine des symptômes peut être multiple. Les épidémies sur les bateaux de croisière sont généralement dues à un virus grippal ou à la légionellose. Mais “dès le samedi après-midi”, précise le magazine américain Science, l’équipe identifie un hantavirus comme étant responsable de la maladie. “Il faut bien comprendre que les patients n’arrivent pas en disant : ‘Je suis victime d’une épidémie.’ Rassembler toutes les informations prend un peu de temps. Mais en l’espace de vingt-quatre heures, nous savions à quoi nous avions affaire”, a témoigné Lucille Blumberg, le 6 mai, devant le Parlement sud-africain. C’est la première fois qu’une épidémie de hantavirus est détectée sur un bateau et l’Afrique du Sud n’est pas familière de ce virus, qui n’est pas présent sur son sol. “Diagnostiquer un pathogène aussi inhabituel dans un contexte inhabituel et en un laps de temps aussi court constitue une réalisation remarquable”, souligne la spécialiste. À lire aussi : Vu d’Espagne. Hantavirus : en France, les mesures “les plus strictes d’Europe” Le diagnostic établi, l’institut sud-africain alerte l’Organisation mondiale de la santé, qui a elle aussi salué le travail des Sud-Africains, souligne le quotidien local City Press. Il commence également à tracer les cas contacts du patient britannique et d’une autre patiente, une femme néerlandaise. La patiente est décédée le 26 avril après s’être effondrée au cours de son escale à Johannesburg, alors qu’elle accompagnait le rapatriement du corps de son mari, première victime sur le navire Hondius. De justesse, l’équipe de Lucille Blumberg récupère un échantillon de sang sur le point d’être détruit, comme c’est la procédure après un décès, et confirme un deuxième cas de hantavirus. Premier foyer de l’épidémie de VIH au monde, les scientifiques sud-africains ont développé une solide expertise en matière de maladies infectieuses. Au cours de la pandémie de Covid-19, plusieurs de ses spécialistes s’étaient déjà démarqués en identifiant notamment le variant Omicron. En tout, ce 12 mai, on dénombrerait 97 cas contacts en Afrique du Sud. Mathilde Boussion Sciences Santé Afrique Nos lecteurs ont lu aussi Pénurie. Au Japon, une marque de chips passe au packaging en noir et blanc à cause de la guerre en Iran États-Unis. Les embarrassantes bouteilles de bourbon à l’effigie du patron du FBI, Kash Patel États-Unis. Hantavirus : les autorités sanitaires américaines critiquées pour leur passivité Vu d’Espagne. Hantavirus : en France, les mesures “les plus strictes d’Europe” Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Festival Europavox Tentez de remporter un pass VIP 3 jours pour le festival de musique Euparovox du 26 au 28 juin à Clermont-Ferrand. Je participe → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. 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