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📅 12/05/2026 à 20:23
Troisième semaine du procès entre Elon Musk et OpenAI: derrière les petites phrases cinglantes, émerge l’ombre de Microsoft et de son influence croissante sur le devenir du laboratoire d’IA
Géopolitique
Le procès opposant Elon Musk à OpenAI entre dans sa troisième semaine. Le patron de Microsoft, Satya Nadella, s'est dit "très fier" d'avoir été le premier à miser des milliards sur l'entreprise. Les avocats de Musk ont tenté de démontrer que Microsoft exerçait une influence écrasante sur OpenAI, notamment lors de la destitution express et avortée de Sam Altman.Le feuilleton qui passionne la Silicon Valley ressemble de plus en plus à une guerre de succession version IA. D’un côté, Elon Musk, cofondateur d’OpenAI, devenu rival déclaré. De l’autre, Sam Altman et les dirigeants d’OpenAI, accusés d’avoir transformé un laboratoire créé "pour le bien de l’humanité" en machine à profits soutenue par Microsoft. Le tout, en détournant le don de 38 millions de dollars du milliardaire.Le patron de X et SpaceX espère ainsi contraindre ses rivaux à redevenir une simple fondation à but non lucratif, alors même qu'OpenAI est désormais valorisé plus de 850 milliards de dollars et en lice pour une introduction en Bourse. Elon Musk réclame également 150 milliards de dollars de dommages et intérêts et souhaite évincer Sam Altman du conseil d’administration d’OpenAI.Elon Musk vs Sam Altman : que sait-on sur ce procès qui les oppose? 3:28Depuis fin avril, le procès qui se tient à Oakland dissèque les coulisses de la révolution ChatGPT. Au programme, des ambitions démesurées, des luttes de pouvoir, des milliards de dollars et surtout, la peur existentielle d’une intelligence artificielle capable, selon ses propres créateurs, de "détruire l’humanité". Cette troisième semaine d’audience a marqué un tournant avec l’entrée en scène des poids lourds de la tech.Le mail qui a tout changéL’un des documents les plus commentés de la semaine remonte à février 2018. Quelques jours après le départ d’Elon Musk d’OpenAI, Sam Altman écrit directement à Satya Nadella, directeur général de Microsoft, pour lui expliquer que le laboratoire cherche désormais des investisseurs."Nous prévoyons de lever une quantité significative de capitaux pour une filiale à but lucratif afin de développer des supercalculateurs IA", écrit alors Altman au patron de Microsoft.La trahisonUn an plus tard, Microsoft injecte un premier milliard de dollars dans OpenAI. Puis douze milliards supplémentaires au fil des années. Pour Elon Musk, c’est précisément ce moment qui constitue la "trahison" originelle. OpenAI aurait abandonné sa mission non lucrative pour devenir une entreprise commerciale dopée à l’argent de Microsoft.Plusieurs mois après avoir intenté un procès contre OpenAI en 2024, Musk a modifié sa plainte pour y inclure Microsoft. Il accuse l'entreprise d'avoir aidé et encouragé OpenAI alors que le laboratoire renonçait à son contrat fondateur en tant qu'organisme à but non lucratif.Satya Nadella "très fier" de de son pariAppelé à témoigner lundi 11 mai, Satya Nadella a défendu bec et ongles l’investissement massif de Microsoft dans OpenAI. Le patron du géant américain s’est dit "très fier" d’avoir été le premier, dès 2019, à miser plusieurs milliards sur le laboratoire d’IA.Face aux accusations d’Elon Musk, qui estime que Microsoft a aidé OpenAI à trahir sa vocation non lucrative, Satya Nadella a retourné l’argument. Selon lui, le partenariat a au contraire permis de construire "l’une des plus grandes organisations à but non lucratif au monde".Sam Altman de OpenAI et Satya Nadella de Microsoft (illustation) © BFM Tech"Le non lucratif a toujours approuvé la création de la structure commerciale afin de poursuivre cette mission", a insisté le dirigeant devant le tribunal. Le patron de Microsoft a aussi rappelé qu’Elon Musk ne lui avait jamais exprimé la moindre objection à l’époque. “Nous avons chacun le numéro de téléphone de l’autre”, a-t-il glissé devant la cour.Retour d'investissementL’avocat d'Elon Musk a toutefois rappelé les chiffres vertigineux du dossier. Documents internes à l’appui, Microsoft espérait un retour de 92 milliards de dollars en quatre ans sur les 13 milliards investis dans OpenAI."Ça a bien marché parce que nous avons pris un risque", a reconnu Nadella. La participation de Microsoft dans OpenAI est désormais estimée à environ 135 milliards de dollars."Nous sommes autour d'eux"Les avocats de Musk ont également tenté de démontrer que Microsoft exerçait une influence écrasante sur OpenAI. Ils ont notamment ressorti une ancienne déclaration de Nadella, affirmant: "Nous sommes en dessous d’eux, au-dessus d’eux, autour d’eux."Une phrase utilisée pour illustrer la dépendance technologique d’OpenAI vis-à-vis de Microsoft... même si Nadella assure qu’il ne s’agissait que d’une description technique des infrastructures cloud du groupe.Les coulisses explosives du licenciement de Sam AltmanLe procès est aussi revenu en détail sur l’un des plus grands psychodrames de la tech: le licenciement surprise de Sam Altman en novembre 2023. À la barre, Satya Nadella a raconté avoir immédiatement tenté de récupérer les fondateurs évincés. "Je voulais m’assurer que Sam et Greg (Brockman, cofondateur) ne créent pas une entreprise concurrente et qu’ils rejoignent Microsoft", a-t-il expliqué.En quelques heures, Microsoft avait même préparé une structure capable d’accueillir Altman et les employés prêts à le suivre. Le tout, pour la coquette somme de 25 milliards de dollars, selon une estimation d'un des cofondateurs."Un travail d'amateur"Selon les échanges dévoilés au procès, Satya Nadella a joué un rôle clé dans le retour express du patron d’OpenAI cinq jours plus tard, en donnant son avis sur la composition du nouveau conseil d'administration.Le PDG de Microsoft a aussi qualifié la décision du conseil d’administration "d’amateur hour", littéralement "de travail d’amateurs".lya Sutskever et son week-end sans internetAutre témoignage très attendu: celui d’Ilya Sutskever, figure historique d’OpenAI et membre du conseil ayant voté le renvoi de Sam Altman en 2023.Le scientifique a expliqué avoir voté pour le licenciement de Sam Altman car ce dernier "n’était pas totalement honnête" avec les dirigeants et les membres du conseil d’administration.4 Selon lui, cette situation nuisait à la poursuite de l’objectif ultime d’OpenAI: créer une intelligence artificielle générale capable d’égaler le cerveau humain. Mais Sutskever a aussi reconnu avoir rapidement regretté cette décision. "J’ai travaillé très dur pour créer cette entreprise et j’y tenais énormément", a-t-il expliqué.La folle semaine de Sam Altman, CEO d'Open AI DQJMM (1/2) 37:59Interrogé sur le chaos médiatique provoqué par cette décision, le chercheur a livré une réponse presque irréelle. "Avez-vous quasiment évité Internet ce week-end?", lui a demandé un avocat. "Oui", a simplement répondu Sutskever.Le chercheur a par ailleurs porté un coup important à l’argumentation d’Elon Musk. Il affirme n’avoir jamais promis que l’entreprise resterait éternellement non lucrative, et dit n’avoir connaissance d’aucun engagement de ce type pris par Sam Altman.Elon Musk, bienfaiteur trahi… ou milliardaire revanchard?Depuis le début du procès, les deux camps tentent de réécrire l’histoire d’OpenAI. Elon Musk se présente comme un mécène désintéressé ayant injecté 38 millions de dollars pour empêcher l’IA de tomber sous le contrôle des grandes entreprises. "Il n’est pas acceptable de voler une œuvre caritative", a-t-il lancé à la barre lors des premières audiences. Son avocat Steven Molo a comparé OpenAI à "une boutique de musée qui aurait fini par voler les Picasso du musée pour faire du profit".Mais OpenAI contre-attaque avec un argument embarrassant pour Musk. Avant de quitter l’entreprise en 2018, le milliardaire voulait lui-même transformer OpenAI en société commerciale. Il aurait même proposé d’intégrer le laboratoire à Tesla et de prendre le contrôle de 55 % de la nouvelle structure.Sur le même sujetFace à un Sam Altman "pas digne de confiance", Elon Musk rejoue sa vie et se pose en sauveur de l’humanitéIl se rêvait en big boss d'OpenAI, il voulait en faire une entreprise lucrative... Au procès qui l'oppose au fondateur de ChaptGPT, Elon Musk fragilisé par ses propres contradictions lors d’un contre-interrogatoire sous tensionEntre manoir hanté, "mouton", milliards et menaces physiques: la deuxième semaine du procès entre Elon Musk et OpenAI prend des airs de saga tragi-comique stupéfianteLes plaidoiries finales doivent débuter jeudi. Le jury rendra ensuite un verdict consultatif, mais la décision finale reviendra à la juge Yvonne Gonzalez Rogers.Les plus lusHantavirus: les cas contact identifiés en France ont commencé à être placés en quarantaine renforcée"Ça aurait pu se terminer tellement mal": victime de homejacking avec sa famille, Michael Youn exprime son soulagementVieux de 1.500 ans, le fourreau en or d'une épée retrouvé par un randonneur en NorvègeUn texte pour garantir que les victimes soient informées de la libération de leur agresseur examiné à l'Assemblée nationaleTrophées UNFP: "Il n'a même pas fait la moitié de la saison", Dembélé était-il légitime pour le trophée de meilleur joueur de Ligue 1 ?
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