● BFM Tech 📅 12/05/2026 à 19:36

Contrôler et taxer les câbles sous-marins qui passent par le détroit d’Ormuz et sous-tendent l'économie mondiale: un plan sérieux qu’envisagerait l’Iran ou un moyen de pression supplémentaire?

Géopolitique
Illustration
Photo diffusée le 7 mai 2026 par la Marine américaine: un destroyer lors du blocus du 26 avril, ayant ciblé un pétrolier battant pavillon iranien en route vers un port iranien (Marine militaire des États-Unis/Commandement central des États-Unis) - AFP/ Commandement central des États-UnisUne agence de presse liée aux Gardiens de la révolution a publié un plan évoquant plusieurs pistes pour encadrer la gestion des câbles sous-marins passant par le détroit d’Ormuz, incluant taxes et systèmes de licences. Derrière cette pression, plus ou moins concrète, se dessine surtout un objectif clair: exercer une pression psychologique sur l’économie mondiale.Il n’y a pas que les navires et le pétrole que l’Iran envisage de taxer dans le détroit d’Ormuz: il y a aussi les données. Un média affilié au Corps des gardiens de la révolution islamique indique que les câbles sous-marins à fibres optiques qui traversent ce passage stratégique, pourraient désormais être dans le viseur de Téhéran.Mais pas forcément pour les couper… bien au contraire. L’agence de presse iranienne Tasnim évoque, en effet, la possibilité de générer de nouvelles recettes en instaurant des redevances sur ces infrastructures numériques.Dans cet article, plusieurs pistes sont détaillées: licences initiales et frais annuels pour les opérateurs de câbles étrangers, obligation pour les grandes entreprises technologiques comme Meta, Amazon ou Microsoft de se conformer au droit iranien, ou encore implication d’acteurs locaux dans le contrôle et la maintenance des réseaux.Un câble sous-marin (photo d'illustration) © Photo par LIANG XIAOPENG / Imaginechina via AFPCe type de menaces n’est pas inédit. Les câbles sous-marins, déjà régulièrement ciblés dans d’autres zones de tension à travers le monde, reviennent à chaque conflit comme un point de vulnérabilité stratégique. Le général Jérôme Pellistrandi rappelait d’ailleurs récemment sur BFMTV que ces infrastructures sont de plus en plus exposées dans les contextes de guerre ou de rivalités régionales.Le secteur technologique viséMais plus largement, c’est tout le secteur technologique du Golfe qui est visé par Téhéran dans sa riposte. Après les sites militaires et pétroliers, l’Iran a élargi ses frappes aux infrastructures numériques, ciblant les grandes entreprises américaines et les investissements de la région. Plusieurs data centers ont été touchés à Dubaï et à Bahreïn.Des installations d’Amazon ont aussi été frappées par des drones Shahed, provoquant des interruptions de service et des dégâts importants. Apple, Google ou Microsoft sont également menacés, dans un contexte où ces réseaux sont devenus essentiels à l’économie mondiale.Résultat: les acteurs du Golfe cherchent aujourd'hui à sécuriser ou déplacer leurs données, tandis que les États accélèrent des alternatives, avec l’Irak qui s’impose comme nouveau corridor et des projets de fibre reliant les Émirats à la Turquie puis à l’Europe. Peu à peu, c’est toute la carte des flux numériques régionaux qui se redessine.Un panache de fumée s'élève du port de Zayed à la suite d'une frappe iranienne à Abou Dabi, aux Émirats arabes unis, le 1er mars 2026 (photo d'illustration) © RYAN LIM / AFPEt pour revenir sur les câbles sous-marins et l’hypothèse de taxes qui pourraient leur être appliquées, une information à prendre avec prudence, elle s’inscrit malgré tout dans une stratégie bien réelle: celle d’inquiéter et de faire pression sur les investisseurs.Comme avec les armateurs et les assurances maritimes, déjà fragilisés par la menace des mines dans le détroit, l’objectif est moins technique que psychologique. Dans ce contexte, l’Iran cherche aussi à peser sur l’économie de la région, et via les ramifications du réseau de câbles sous-marins sur l'économie mondiale.Dossier : Guerre en Iran et au Moyen-OrientL'opposition jugeait que le gouvernement sous-estimait le coût de la guerre en Iran: les États-Unis réévaluent à la hausse à 29 milliards de dollars l'opération "Epic Fury"C'est la seule compagnie à augmenter les prix des billets d'avion a posteriori à cause du kérosène: Volotea fait finalement machine arrière pour les agences de voyage mais pas pour les particuliersGuerre au Moyen-Orient: le chef du Hezbollah libanais menace de "transformer la bataille en enfer pour Israël"Les plus lusHantavirus: les cas contact identifiés en France ont commencé à être placés en quarantaine renforcée"Ça aurait pu se terminer tellement mal": victime de homejacking avec sa famille, Michael Youn exprime son soulagementVieux de 1.500 ans, le fourreau en or d'une épée retrouvé par un randonneur en NorvègeUn texte pour garantir que les victimes soient informées de la libération de leur agresseur examiné à l'Assemblée nationaleTrophées UNFP: "Il n'a même pas fait la moitié de la saison", Dembélé était-il légitime pour le trophée de meilleur joueur de Ligue 1 ?
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