● Les Numériques Télécom 📅 12/05/2026 à 16:51

Logiciel libre : la gendarmerie a quitté Microsoft pour Linux il y a 20 ans, ses économies sont spectaculaires

👤 Aymeric Geoffre-Rouland
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Logiciel libre : la gendarmerie a quitté Microsoft pour Linux il y a 20 ans, ses économies sont spectaculaires Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 12/05/26 à 16h51 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 2 © hadescom - Un gendarme devant son poste de travail. Depuis vingt ans, l'institution a fait le choix de Linux et du logiciel libre pour l'ensemble de son parc informatique. La gendarmerie nationale fait figure de pionnière dans l'administration française.Voilà vingt ans qu'elle a basculé son parc informatique vers Linux et les logiciels libres, une migration que le général Marc Boget, directeur de l'Agence du numérique des forces de sécurité intérieure (ANFSI), qualifie lui-même de "très militaire, un peu brutale". Celui qui se compare volontiers "au dragon de Tolkien assis sur son tas d'or" pour décrire sa posture face aux données sensibles a détaillé, devant les députés, un bilan vertigineux : environ 500 millions d'euros économisés sur deux décennies. Je ne donne jamais les clefs du camion à quelqu'un d'autre. Sur les technos critiques dont je ne peux me passer, je m'adjoins des compétences et ressources externes françaises pour former des équipes mixtes : à tout moment je dois être capable, soit de changer d'industriel, soit de me passer de lui.Souveraineté par la maîtrise, jusqu'au dernier serveurL'économie budgétaire, aussi spectaculaire soit-elle, ne constitue qu'une facette du choix. En adoptant le libre, la gendarmerie a construit en interne les compétences pour opérer, adapter et faire évoluer ses propres outils. Cette autonomie technique alimente une doctrine de souveraineté que Boget pousse à son terme : les données sensibles des forces de sécurité restent hébergées dans les deux data centers que la gendarmerie exploite elle-même, administrés par des gendarmes soumis au statut militaire. Être souverain, c'est faire de sorte que seul l'État français a le doigt sur l'interrupteur.Le général écarte également SecNumCloud, le référentiel de l'ANSSI pourtant défendu par l'ensemble des fournisseurs français de cloud. Sa raison : la qualification protège contre les lois extraterritoriales, mais elle ne prémunit pas contre la corruption d'un opérateur privé, que la gendarmerie ne peut ni surveiller ni sanctionner comme elle le ferait avec ses propres personnels. À lire également : “Le logiciel libre, chez nous, c'est stratégique” : le fisc gère vos impôts, votre patrimoine et votre TVA sans une seule licence Microsoft Un précédent qui interpelle l'ensemble de l'administrationLa gendarmerie prouve, à grande échelle et sur la durée, qu'une administration régalienne peut fonctionner sur du logiciel libre sans que cela ait compromis son fonctionnement opérationnel. Deux semaines plus tôt, devant la même commission, les patrons d'OVHcloud, Scaleway, Cloud Temple, NumSpot et Outscale plaidaient pour une commande publique réorientée vers des acteurs européens.Le parcours de la gendarmerie donne du poids à leur argumentaire : chaque euro investi dans des solutions ouvertes et maîtrisées localement renforce à la fois la résilience de l'État et l'écosystème technologique français. Reste à savoir combien d'autres ministères choisiront d'emprunter le même chemin. À lire également : “Une première victoire” : Polytechnique claque la porte à Microsoft 365 et choisit le logiciel libre, la révolte gagne les universités Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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