● Numerama
📅 12/05/2026 à 15:51
Quelle est cette nouvelle munition balistique que la France pourrait bientôt avoir ? - Numerama
Énergie & Environnement
👤 Julien Lausson
Lecture Zen Résumer l'article ArianeGroup et Thales ont réussi le premier tir du FLP‑t 150, jalon clé vers une capacité française de frappe terrestre au‑delà de 150 km. La navigation anti‑brouillage « TopStar Smart Receiver » de Thales sécurise guidage et timing pour préserver une précision « chirurgicale » en environnement contesté. Le lanceur X‑Fire, conçu pour l’interopérabilité en coalition, peut embarquer d’autres munitions que le FLP‑t 150. ArianeGroup et Thales ont réussi le premier tir du FLP‑t 150, jalon clé vers une capacité française de frappe terrestre au‑delà de 150 km. La navigation anti‑brouillage « TopStar Smart Receiver » de Thales sécurise guidage et timing pour préserver une précision « chirurgicale » en environnement contesté. Le lanceur X‑Fire, conçu pour l’interopérabilité en coalition, peut embarquer d’autres munitions que le FLP‑t 150. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ ArianeGroup et Thales viennent de réussir le premier tir de la FLP-t 150, une munition balistique capable de frapper à plus de 150 km avec une précision chirurgicale. Entre héritage des missiles nucléaires et résistance au brouillage électronique, voici comment ce nouveau système compte révolutionner l’artillerie française. Frapper l’adversaire avec des munitions de longue portée : la France sait faire, en témoignent le missile SCALP-EG et le missile de croisière naval, avec une portée respective de 400 et 1 000 km. Mais il s’agit là d’armes de pointe, et peu nombreuses. En revanche, l’armée française a des options plus limitées en matière d’artillerie. Ainsi, le célèbre canon Caesar peut avoir une portée d’au maximum 80 km avec certaines munitions. Quant au lance-roquettes unitaire (LRU), il affiche une allonge semblable, de plus de 70 km. Mais les lignes sont en train de bouger, avec la mise en place d’une nouvelle génération d’armement, dont la munition FLP-t 150 est l’une des incarnations. Un saut capacitaire : doubler l’allonge française Un nom qui n’est justement pas choisi au hasard. Derrière ce nom de code se cache en fait un acronyme pour « Frappe Longue Portée terrestre ». Quant au nombre qui lui est associé, il indique la portée opérationnelle que l’arme est censée atteindre : plus de 150 km (l’allonge maximale n’est pas donnée). C’est le double de la distance du LRU et du Caesar. Un lance-roquettes de type M270, dont se sert l’armée française. // Source : Brent Schmidt Si l’on en parle aujourd’hui, c’est en raison du jalon notable que ce FLP-t 150 a franchi au début du mois. Le 5 mai 2026, sur le site d’essais de l’Île du Levant (au sud-est de Toulon), la Direction Générale de l’Armement a supervisé le premier vol de cet engin. Et le tir s’est bien passé, selon les communiqués d’ArianeGroup et Thales publiés le 12 mai. Des gènes de missile balistique dans le FLP-t 150 Pour concevoir ce FLP-t 150, les deux partenaires ont développé une roquette guidée qui embarque une capacité balistique — c’est là qu’intervient le savoir-faire d’ArianeGroup, car elle conçoit des missiles balistiques stratégiques : le fameux M51, modernisé récemment, et dont la version suivante est déjà en chemin. En outre, elle développe aussi des fusées (Ariane 6). Ces caractéristiques font que le FLP-t 150 grimpe dans le ciel « à plusieurs dizaines de kilomètres » avant de redescendre à « des vitesses largement supersoniques », grâce à un système de pilotage par gouvernes placées à l’arrière du propulseur, précise ArianeGroup. Un choix technologique « qui lui confère une grande précision sur cible ». Thales, lui, apporte un savoir-faire face aux perturbations électromagnétiques qui affectent les signaux GPS. Sa solution, appelée TopStar Smart Receiver, offre « des capacités inégalées de résistance au brouillage », afin de garantir le positionnement, la navigation et la gestion du temps de la munition. Un impératif tiré des leçons de la guerre en Ukraine. X-Fire : le lanceur polyvalent et « shoot and scoot » Mais le FLP-t 150 n’est pas la seule variable de l’équation. Pour lancer la munition, il faut un lanceur : c’est là qu’entre en scène le X-Fire, le lanceur polyvalent conçu par Thales et Soframe. Il est d’ailleurs prévu d’organiser, d’ici la fin mai, des tirs supplémentaires de démonstration en mêlant le X-Fire avec le FLP-t 150. Et parce que le conflit russo-ukrainien a rappelé ce qu’était une guerre de haute intensité où les munitions se consomment à vitesse grand V, le X-Fire a été pensé pour ne pas accueillir que des munitions FLP-t 150. Il peut aussi accueillir des armements étrangers — une interopérabilité indispensable dans une logique de coalition comme l’OTAN. Le X-Fire. // Source : Thales « Extrêmement mobile, il est capable de se déployer rapidement, ce qui le rend particulièrement adapté aux missions actuelles », précisent Thales et ArianeGroup. Se déployer, tirer et se retirer rapidement de la ligne de front est une faculté clé pour échapper aux tirs de contre-batteries adverses — ce que fait par exemple le Caesar, en détalant très vite. Par ailleurs, le système d’appui-feu peut être intégré à la chaîne ATLAS (automatisation des tirs et des liaisons de l’Artillerie sol-sol) de manière à coordonner les tirs de l’artillerie. Enfin, au-delà de sa polyvalence et de son interopérabilité, le X-Fire est pensé pour être évolutif, afin de pouvoir inclure à terme des missiles balistiques de plus grande portée. Thundart, Foudre… et solutions étrangères Mais le FLP-t 150 n’est pas le seul candidat en lice pour succéder au LRU. Dans le dossier de la frappe en profondeur, il faut aussi compter sur un autre groupement concurrent formé par MBDA et Safran et leur munition Thundart. D’ailleurs, à la fin avril, les deux partenaires ont aussi annoncé le succès du tir de cette munition. Ce rival mise sur une architecture différente, intégrant le module de guidage de l’AASM (l’armement air-sol modulaire qui équipe l’avion Rafale) et un propulseur fourni par Roxel, affichant des performances présentées comme « supérieures » aux attentes. Là encore, l’essai a été effectué près de Toulon, et là aussi pour remplacer les LRU. Il y a aussi la perspective du Foudre, un lance-roquettes multiples de type Himars 100 % made in France (Turgis Gaillard). Par ailleurs, la possibilité d’une ou plusieurs solutions étrangères n’est pas à écarter : on parle notamment du L239 Chunmoo (Corée du Sud), du M142 Himars (USA), du Pinaka (Inde) ou du PULS/Mars 3 (Allemagne/Israël). 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