● BFM Tech
📅 12/05/2026 à 11:54
4 livres par mois: au Royaume-Uni, Tiktok lance à son tour un abonnement payant pour supprimer les publicités
Géopolitique
Tiktok lance au Royaume-Uni une formule sans publicité à 3,99 livres par mois. Derrière cette nouvelle offre se dessine un modèle de plus en plus répandu: payer pour protéger un peu sa vie privée, ou rester gratuitement dans la machine du ciblage publicitaire.Pendant des années, le contrat était simple. Les réseaux sociaux étaient gratuits. En échange, les utilisateurs acceptaient de voir quelques publicités. Désormais, Tiktok souhaite aller un peu plus loin: soit vous payez, soit vous acceptez d’être suivi à la trace.Après près de trois ans de test, la plateforme de vidéos courtes vient d’annoncer le lancement au Royaume-Uni d’un abonnement sans publicité facturé 3,99 livres sterling par mois (environ 4,60 euros), précise un communiqué.À partir des prochains mois, les utilisateurs britanniques majeurs verront apparaître une notification leur proposant deux options. Ils peuvent continuer à utiliser gratuitement l’application avec des publicités personnalisées... ou payer pour naviguer sans annonces sponsorisées.Payer pour ne plus être cibléLes abonnés à cette formule, baptisée Tiktok Ad-Free, ne verront plus les publicités injectées par la plateforme dans leur fil Pour toi. En revanche, les contenus sponsorisés directement publiés par les influenceurs, souvent accompagnés du hashtag #ad, continueront d’apparaître.Surtout, Tiktok promet que les données des abonnés payants ne seront plus utilisées à des fins publicitaires. Une évolution loin d’être anodine dans un contexte réglementaire de plus en plus strict au Royaume-Uni et en Europe autour du consentement des utilisateurs. Le lancement de cette offre semble directement lié au cadre du RGPD britannique. Ce dernier interdit la collecte de données personnelles à des fins publicitaires sans accord explicite des internautes.Pour la plateforme chinoise, l’enjeu est aussi financier. L'application de vidéos courtes continue de défendre un modèle publicitaire extrêmement lucratif, tout en tentant de répondre aux critiques croissantes sur la collecte massive de données personnelles. Le groupe affirme ainsi que la publicité sur son application aide déjà "des milliers d’entreprises britanniques" à trouver de nouveaux clients et à augmenter leurs ventes."Internet à deux vitesse""Sur Tiktok, le choix offert à notre communauté et la croissance des entreprises britanniques sont indissociables", assure Kris Boger, directeur général de Tiktok au Royaume-Uni. "Notre nouvelle option sans publicité offre aux utilisateurs davantage de contrôle sur leur expérience."Derrière cette promesse de "contrôle", certains observateurs voient surtout l’émergence d’un nouveau modèle économique."Nous passons d’un internet où le contrat était 'utilisez gratuitement l’application et regardez des publicités', à un système où le contrat devient: 'utilisez gratuitement l’application et acceptez d’être profilé pour des publicités personnalisées, ou payez pour y échapper'", résume Matt Navarra, expert des réseaux sociaux, auprès de la BBC.Selon cet expert des réseaux sociaux, cette logique du "consentir ou payer" risque de "créer un internet à deux vitesses". D’un côté, les utilisateurs capables de payer pour limiter le suivi publicitaire. De l’autre, ceux qui continueront d’échanger leurs données personnelles contre l’accès gratuit aux plateformes.Un mouvement globalTiktok n’est d’ailleurs pas seul sur ce terrain. À l'automne, Meta a lancé au Royaume-Uni une version payante de Facebook et d'Instagram, sans publicité, pour se conformer à la nouvelle législation britannique. Youtube et X, ex-Twitter, proposent également leurs offres Premium sans publicité un peu partout dans le monde.Plus largement, les plateformes multiplient désormais les abonnements payants. X propose des badges de certification payants depuis 2023. Un an auparavant, Snapchat a lancé Snapchat +, son service d'abonnement payant qui donne par exemple accès à des options de personnalisation des Bitmojis, de revisionnage des stories ou encore à une meilleure capacité de stockage pour les Memories. L'entreprise revendique ainsi plus de 25 millions d’abonnés à son offre, proposée à un peu moins de 4 euros par mois.En parallèle, Instagram teste dans plusieurs pays une formule payante baptisée Instagram Plus. Elle permet aux utilisateurs de consulter les Stories sans que leur nom n’apparaisse dans la liste des spectateurs ou d'avoir accès à des statistiques enrichies, comme le nombre de fois où une personne a visionné leurs propres publications éphémères.Reste à savoir combien d’utilisateurs accepteront réellement de payer pour retrouver un peu de tranquillité numérique. Beaucoup continueront probablement à choisir la gratuité. Mais au passage, ils accepteront aussi que leurs habitudes, leurs goûts et leur temps d’attention restent transformés en matière première publicitaire. "Si c’est gratuit, c’est vous le produit" n’a sans doute jamais aussi bien résumé l’économie des réseaux sociaux.Les plus lusHantavirus: les cas contact identifiés en France ont commencé à être placés en quarantaine renforcée"Mauvaise nouvelle, ils n'ont pas piqué mon prochain scénario": victime de homejacking avec sa famille, Michael Youn réagit avec humourVieux de 1.500 ans, le fourreau en or d'une épée retrouvé par un randonneur en NorvègeUn texte pour garantir que les victimes soient informées de la libération de leur agresseur examiné à l'Assemblée nationaleTrophées UNFP: "Il n'a même pas fait la moitié de la saison", Dembélé était-il légitime pour le trophée de meilleur joueur de Ligue 1 ?
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