● Numerama
📅 12/05/2026 à 10:51
93 % des transporteurs équipés en camions électriques sont convaincus - Numerama
Cybersécurité
👤 Raphaëlle Baut
Lecture Zen Résumer l'article Une étude de l’Öko‑Institut montre que 93 % des utilisateurs de poids lourds électriques se déclarent largement satisfaits, les chauffeurs et exploitants saluant fiabilité, confort et économies. Le principal frein reste la recharge : des infrastructures inadaptées (manque d’espace, absence de réservation et opacité tarifaire) et un coût public moyen élevé à 0,49 €/kWh contre 0,24 €/kWh pour l’électricité produite au dépôt. Malgré des ventes lentes, les « early adopters » anticipent une généralisation des camions électriques d’ici 2030, faisant basculer le récit du « prototype » vers des bénéfices opérationnels concrets. Une étude de l’Öko‑Institut montre que 93 % des utilisateurs de poids lourds électriques se déclarent largement satisfaits, les chauffeurs et exploitants saluant fiabilité, confort et économies. Le principal frein reste la recharge : des infrastructures inadaptées (manque d’espace, absence de réservation et opacité tarifaire) et un coût public moyen élevé à 0,49 €/kWh contre 0,24 €/kWh pour l’électricité produite au dépôt. Malgré des ventes lentes, les « early adopters » anticipent une généralisation des camions électriques d’ici 2030, faisant basculer le récit du « prototype » vers des bénéfices opérationnels concrets. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Une enquête allemande menée auprès des premiers utilisateurs de poids lourds électriques montre un niveau de satisfaction très élevé. Une réalité bien différente des idées reçues sur le secteur. Le camion électrique progresse lentement dans les ventes, bien plus lentement que les voitures électriques. En revanche, un point commun rapproche les deux catégories de conducteurs : une fois qu’ils les ont adoptés, ils ne veulent pas revenir en arrière. Le média Electrive a mis en lumière une étude menée par l’Öko-Institut auprès d’entreprises de transport allemandes qui aboutit à un constat clair : 93 % des utilisateurs de poids lourds électriques sont largement satisfaits de leur expérience. Et ce ne sont pas seulement les dirigeants qui s’en félicitent pour des raisons économiques (flambée du carburant), les chauffeurs y voient aussi des avantages. Un résultat intéressant alors que le secteur du transport routier reste souvent présenté comme l’un des plus difficiles à électrifier. Les points positifs mis en avant par l’étude allemande L’étude s’appuie sur 57 entreprises ayant déjà intégré des poids lourds électriques dans leurs flottes. Les entreprises interrogées possèdent au total plus de 300 camions électriques. Des « early adopters », encore peu nombreux, mais qui utilisent déjà ces véhicules dans des conditions réelles de transport, y compris en longue distance pour certains. Plus généralement, ils sont utilisés pour du transport régional avec retour au dépôt le soir, et ce point a son importance au moment d’aborder la recharge des véhicules, aussi bien sur le plan pratique que sur celui du coût. Le Mercedes eActros 600 // Source : Daimler Truck Les personnes interrogées saluent la grande fiabilité des véhicules, les économies réalisées, le confort de conduite (notamment le faible niveau sonore) et les retours positifs des conducteurs. L’autonomie est jugée suffisante par une large majorité des répondants dans le cadre de leur usage. L’exonération des péages en Allemagne et le faible coût de l’électricité sont les conditions préalables essentielles à la poursuite de l’acquisition de camions électriques dans les entreprises interrogées. 93 % des précurseurs en matière de camions électriques estiment que d’ici 2030, les camions électriques seront utilisés de manière généralisée, comme norme ou en grande partie, au sein de leur propre entreprise. Tout n’est cependant pas parfait, surtout pour la recharge Si l’autonomie est jugée suffisante pour une majorité des personnes interrogées, d’autres jugent encore l’autonomie insuffisante (certainement pour le transport longue distance) et surtout le manque d’infrastructures de recharge adaptées à l’activité. Les passages à l’atelier sont aussi reprochés, malgré les retours globalement positifs sur leur fiabilité, l’étude n’entre pas spécialement dans le détail sur ce point. Environ deux tiers des entreprises interrogées produisent au moins une partie de l’électricité destinée aux camions à batterie sur le site même du dépôt, par exemple grâce à des installations photovoltaïques. Ils ne dépendent pas de la recharge publique, ce qui leur permet de bénéficier de coûts d’énergie assez bas pour maximiser la rentabilité. Les coûts moyens d’électricité s’élevaient à 0,24 €/kWh (minimum 0,13 €/kWh, maximum 0,36 €/kWh selon les réponses fournies). Tesla Semi et megacharge // Source : Tesla Les 37 entreprises qui ont pu s’exprimer sur la recharge publique indiquent que le prix moyen de l’électricité s’élève à 0,49 €/kWh (minimum 0,40 €/kWh, maximum 0,75 €/kWh). Cela inclut les coûts fixes comme les frais d’abonnement mensuels pour bénéficier de bons tarifs. Au-delà du coût de la recharge publique, plusieurs défis s’imposent encore aux poids lourds électriques : Manque d’espace pour les camions Manque de disponibilité, pannes et performances insuffisantes des infrastructures de recharge Absence de possibilités de réservation Manque de transparence des prix Les transporteurs aimeraient davantage de bornes de recharge, plus d’espace pour les camions, des prix plus abordables et transparents, la possibilité de réserver. Même si des stations spécifiques se créent sur les grands axes, il n’est pas rare de croiser sur des stations initialement prévues pour les voitures électriques des tracteurs routiers (sans leur remorque) en train de se charger. C’est toujours assez déroutant car les stations ne sont pas vraiment adaptées dans leur configuration, le véhicule empiète alors sur plusieurs places. La recharge reste le principal sujet d’inquiétude. Ce qui peut freiner le passage au camion électrique L’étude identifie également plusieurs obstacles à l’acquisition : Coûts d’acquisition élevés et rentabilité incertaine Goulots d’étranglement au niveau de l’infrastructure de recharge et du raccordement au réseau Incertitude quant à la fiabilité du cadre politique et réglementaire Limitations en matière de charge utile et d’autonomie Disponibilité restreinte et longs délais de livraison des modèles de camions électriques adaptés Technologie et services encore en cours de développement Mise en œuvre organisationnelle au sein de l’entreprise Besoins en formation du personnel Le plus intéressant dans cette enquête est peut-être ailleurs. Pendant longtemps, le poids lourd électrique était présenté comme un prototype coûteux réservé à quelques démonstrations marketing. L’hydrogène était souvent présenté comme une alternative plus crédible que le tout électrique. Aujourd’hui, les retours terrain commencent à raconter autre chose. Les entreprises qui utilisent réellement ces véhicules ne parlent plus seulement d’écologie. Elles parlent aussi de confort, de coûts d’exploitation et d’usage quotidien. Le secteur reste encore au début de sa transition. Mais une chose apparaît de plus en plus clairement : le principal frein au camion électrique n’est peut-être plus le camion lui-même. Pour aller plus loin Tesla Semi : le camion électrique sort enfin après 9 ans d’attente Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! Installer Numerama Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google ! Crédit photo de la une : Daimler Truck Signaler une erreur dans le texte Camion électrique Ne plus voir cette pub Ne plus voir cette pub
🔗 Lire l'article original
👁️ 1 lecture