● Presse-Citron
📅 12/05/2026 à 12:02
Une nouvelle espèce inconnue de koala ressurgit des milliers d’années après sa disparition. Un pan entier de l’histoire oubliée de l’Australie refait surface
Intelligence Artificielle
👤 Camille Coirault
© Tarryn Grignet / Unsplash 0 Icône nationale de l’Australie connue du monde entier pour sa bouille absolument adorable, le koala (Phascolarctos cinereus) est une espèce de marsupial endémique du pays. Les écologues et zoologistes croyaient, jusqu’à récemment, qu’elle était la seule encore vivante de la petite famille des Phascolarctidae, mais ce n’est finalement pas le cas. Selon le Dr. Kenny Travouillon, conservateur des mammifères au Western Australian Museum, et ses collègues de l’Université Murdoch, l’Australie occidentale avait été autrefois le territoire exclusif d’une seconde espèce. Phascolarctos sulcomaxilliaris ; légèrement différent du koala contemporain, qui a disparu durant le Pléistocène il y a 28 000 ans. Leur étude détaillant ce koala oublié a été publiée dans la revue Royal Society Open Science, la semaine dernière, le 6 mai. En deux ans, c’est la deuxième découverte paléontologique aussi importante qu’a connu l’Australie, si l’on prend en considération celle de Quaestio simpsonorum. P. sulcomaxilliaris : le koala de l’ombre Au cours de l’une de ses nombreuses expéditions dans les cavernes du sud-ouest australien, Lindsay Hatcher, un spéléologue amateur avait trouvé un crâne de koala. Après son décès, sa famille en fit don au Western Australian Museum en 2024, qui l’a classifié comme appartenant à l’espèce Phascolarctos cinereus. C’est en l’examinant que Travouillon remarqua quelque chose d’inhabituel : une profonde rainure creusée dans la région jugale (os et structures qui forment l’arc osseux situé sous l’orbite de l’œil) du crâne, absente des koalas actuels. « Le fossile présentait des caractéristiques que l’on ne trouve pas chez les koalas modernes, ce qui nous a poussés à approfondir l’examen du matériel fossile de la collection », explique-t-il. Les fossiles de koalas retrouvés en Australie occidentale sont connus depuis 1910, et répartis dans une quinzaine de gisements, principalement dans des grottes entre Yanchep, Margaret River et la plaine de Roe, près de Madura. Pendant plus de cent ans, on les a toujours attribués par défaut à P. cinereus, aujourd’hui uniquement présente sur la côte Est du pays. P. sulcomaxilliaris était physiquement très proche de son cousin P. cinereus, bien que quelques traits morphologiques l’en distinguent. Son crâne est légèrement plus court et plus ramassé, ses dents proportionnellement plus larges, sa région tympanique légèrement différente et surtout, cette rainure relevée par Travouillon. Elle aurait pu loger un muscle facial plus développé, qui aurait conféré à l’animal une lèvre supérieure plus mobile ou une musculature nasale plus puissante. Deux caractéristiques qui l’auraient aidé à saisir les feuilles d’eucalyptus plus facilement et à détecter ses ressources alimentaires de plus loin. Ses membres, plus longs et plus fins que ceux de P. cinereus, laissent supposer une silhouette légèrement plus élancée et un comportement arboricole moins agile. Ce qui serait plutôt cohérent avec son aire de répartition, puisque l’Ouest de l’Australie était alors couvert de forêts d’eucalyptus clairsemées et plus sèches qu’à l’est. Les arbres, davantage espacés, l’obligeaient moins à se déplacer de cime en cime que P. cinereus, qui, à l’inverse, évoluait dans des forêts denses où sa capacité à naviguer rapidement dans la canopée constituait un avantage évolutif vital pour sa survie. S’ils sont extrêmement mignons, les koalas possèdent l’un des plus petits cerveaux par rapport à leur corps chez les mammifères. Ils ne sont pas des flèches, mais excellent particulièrement dans deux activités : manger et dormir. © David Clode / Unsplash Disparu avant d’être reconnu Selon la datation effectuée sur le crâne par l’Université du Queensland, sa disparition il y a 28 000 ans aurait été provoquée par un important bouleversement climatique du Pléistocène tardif. Les forêts d’eucalyptus d’Australie occidentale ont progressivement disparu, jusqu’à ne plus représenter que 5 % de leur étendue actuelle, privant l’espèce de l’essentiel de ses ressources alimentaires et de son couvert forestier en l’espace de quelques millénaires. Désormais, il reste une question centrale, sur laquelle devront impérativement se pencher les chercheurs : savoir combien, parmi les dizaines de fossiles attribués à tort à P. cinereus depuis 1910, appartiennent en réalité à P. sulcomaxilliaris. Si certains d’entre eux recèlent de l’ADN ancien en quantité suffisante, il serait alors possible de reconstruire l’arbre généalogique complet du genre Phascolarctos tout en comprenant mieux pourquoi l’une des deux espèces a réussi à survivre quand l’autre s’est éteinte. Ce serait la meilleure des manières de rendre hommage à Lindsay Hatcher, qui n’aura malheureusement jamais su à quel point le fossile sur lequel il avait mis les mains ce jour-là était important. Une nouvelle espèce de koala, Phascolarctos sulcomaxilliaris, a été identifiée après avoir été confondue avec le koala actuel pendant plus d’un siècle. Découverte grâce à un crâne trouvé en 2024, cette espèce a disparu il y a environ 28 000 ans en raison de bouleversements climatiques. Les chercheurs cherchent à déterminer combien d’autres fossiles attribués à tort au koala moderne pourraient appartenir à cette nouvelle espèce. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : animauxAustralieScience [ Source ] Sur le même sujet Alors que le monde a les yeux rivés sur le hantavirus, une épidémie de norovirus touche un autre bateau de croisière : 100 cas confirmés de troubles gastro-intestinaux Thé ou café : un choix qui pourrait affecter votre santé plus que vous ne l’imaginez. Une étude suggère un risque pour la santé des femmes Hantavirus : l’erreur qui a certainement conduit à l’épidémie, selon les experts Pourquoi les perroquets parviennent à « parler » comme des humains ? 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