● Journal du Net
📅 12/05/2026 à 12:37
On a testé Gstack, l'outil qui promet de remplacer toute une équipe de développeurs
Cybersécurité
👤 Bruno Poncet
La solution automatise Claude Code pour simuler une équipe d'ingénieurs complète. Son installation présente des défis techniques pour les néophytes. L'outil réussit à déployer une application fonctionnelle. Sur le papier, la promesse de Gstack, le framework open-source créé par Garry Tan, CEO de Y Combinator et ancien de Palantir, fait rêver. L'outil doit transformer Claude Code en une équipe d'ingénieurs virtuelle. Plusieurs rôles sont dévolus dans ce sens. "Un PDG qui repense le produit, un responsable technique qui définit l'architecture, un designer qui corrige les imperfections de l'IA, un réviseur qui détecte les bugs en production", énumère Garry Tan sur son Github. Mais aussi "un responsable assurance qualité qui ouvre un vrai navigateur, un responsable de la sécurité qui effectue des audits (...), et un ingénieur de déploiement qui publie la pull request". En tout, récapitule-t-il, "vingt-trois spécialistes et huit outils puissants, tous en commandes slash, tous en Markdown, tous gratuits, sous licence MIT." Avec Gstack, fini la division des tâches entre plusieurs solutions. Pour tenir son engagement, la solution automatise un navigateur Chromium. Le but : permettre à Claude Code de tester et de gérer des applications web de bout en bout. L'IA conserve un accès continu aux sessions et authentifications. Elle s'appuie sur des repères simplifiés pour naviguer dans les interfaces web. Pour tester l'outil, nous allons créer une mini-application de facturation. L'occasion de revenir sur certaines promesses énumérées par Garry Tan à prendre avec des pincettes, surtout pour des débutants sur Windows comme nous. On verra que, dans la pratique, l'expérience est plus nuancée. Gstack peut faire gagner un temps réel, mais il ne supprime ni les contraintes de Windows, ni celles du navigateur, ni les limites habituelles du développement web. Etape 1 : installation de Bun D’après la section du dépôt Gstack de Garry Tan, la configuration requise est "Claude Code, Git, Bun v1.0+, Node.js (Windows uniquement)." Le problème est qu’en tapant simplement "node" dans PowerShell, on se retrouve dans le mode interactif (REPL). Dans celui-ci, les commandes système ne fonctionnent plus, ce qui peut bloquer de nombreux néophytes. D’où une confusion possible d'un utilisateur débutant entre lancer Node et lancer une commande système. Sur Windows, il est préférable d'installer Bun via npm (npm install -g bun). Cela afin d’éviter les problèmes de configuration frustrants. En ce sens, sous PowerShell dans Windows, nous tapons la commande suivante : npm install -g bun Pour vérifier que tout s'est bien passé, nous tapons : bun --version. Si un numéro (comme 1.3.12) s'affiche, c'est parfait. Cela permet de lancer certaines commandes du projet, d’installer des dépendances, et parfois d’exécuter plus simplement des scripts liés au dépôt. Etape 2 : mise en place de Gstack D’après le dépôt GitHub, l’installation s’effectue en 30 secondes. "Ouvrez Claude Code et collez ceci. Claude s'occupe du reste." Seulement, la commande ./setup peut échouer sur Windows à cause d’un bug. Pour contourner cela, il peut être nécessaire de compiler chaque commande manuellement, via Bun Build. Ce qui devait prendre 30 secondes devient ainsi plus long que prévu. Afin de mener à bien cette installation sur Windows, nous ouvrons Git Bash. Nous créons le dossier nécessaire et téléchargeons Gstack avec ces commandes : mkdir -p ~/.claude/skills git clone --single-branch --depth 1 https://github.com/garrytan/gstack.git ~/.claude/skills/gstack Nous nous plaçons dans le dossier Gstack : cd ~/.claude/skills/gstack Nous installons les dépendances : bun install Pour esquiver le bug connu, nous compilons manuellement les outils Gstack en tapant ces quatre commandes l'une après l'autre : bun build src/cli/browse.ts --compile --outfile bin/browse.exe bun build src/cli/find-browse.ts --compile --outfile bin/find-browse.exe bun build src/cli/design.ts --compile --outfile bin/design.exe bun build src/cli/global-discover.ts --compile --outfile bin/gstack-global-discover.exe L’installation de Gstack doit en être facilitée. Etape 3 : validation du Concept La commande /office-hours rédige un document de conception. Le dépôt de Gstack la désigne comme : "six questions essentielles pour repenser votre produit avant même d'écrire une seule ligne de code." Extrait d'avis de Gstack sur la mise en place de l'application © Cope d'écran L'outil est excellent. Mais attention, le README de Gstack ne précise pas que si vous fermez "Claude Code", vous devez vous replacer dans le bon dossier (cd $HOME\facturation dans notre cas) avant de le relancer. Sinon, l'IA perd l’ancrage pratique dans le bon dossier de travail. De notre côté, dans PowerShell, nous avons créé un dossier pour notre projet : mkdir $HOME\facturation Nous nous mettons dans notre dossier avant de relancer "Claude Code" : cd $HOME\facturation. Puis nous écrivons : claude Dans Claude, nous tapons : /office-hours "Je veux créer une mini-app de facturation en HTML/JS pur." Claude nous pose des questions pointues. Par exemple : quelles mentions légales ? Comment stocker les données ? Comment générer le PDF ? Nous répondons naturellement. A la fin, il rédigera un document de conception clair. Etape 4 : planification technique Avant de construire la maison, il faut les plans de l'architecte. La commande /plan-eng-review agit comme un responsable technique. Or, pour une application simple, comme un fichier HTML unique pour la facturation, l'IA a tendance à proposer des architectures complexes. Le README de Gstack ne prévient par exemple pas le débutant qu'il a le droit de refuser une architecture trop lourde. Pour éviter cela, nous tapons simplement dans Claude Code : /plan-eng-review Celui-ci va lire le document de conception précédent et définir l'architecture. Par exemple : comment les factures sont sauvegardées dans le navigateur. Il liste aussi les cas limites, comme : que se passe-t-il si l'utilisateur entre des lettres dans un champ de prix ? À cette étape, nous nous gardons de toujours accepter les propositions d’architectures trop compliquées. © Copie d'écran Etape 5 : construction de l'application D’après Garry Tan, Gstack peut écrire un grand nombre de lignes de code, dans différents fichiers, en quelques minutes. Il omet de parler de quelques limites techniques qui peuvent créer des obstacles chronophages. Par exemple, il est impossible d'attacher automatiquement un PDF généré localement à un e-mail via un simple bouton web pour des raisons de sécurité. Cela vient surtout d’une contrainte de sécurité des navigateurs. Le débutant peut passer des heures à demander à l'IA de faire l'impossible. Dans notre cas, nous demandons simplement à Claude Code de construire l’application : "Implémente le plan technique. Crée le fichier index.html avec tout le code HTML, CSS et JavaScript nécessaire." Claude génère un fichier très complet avec environ 750 lignes de code. Pour voir le résultat, nous ouvrons un autre PowerShell et tapons : cd $HOME\facturation puis : start index.html. Notre navigateur s'ouvre et affiche notre application. Nous n’essayons pas de lui faire attacher un PDF automatiquement à un e-mail. Nous préférons marquer un message avant le choix de la boîte mail pour ne pas omettre celle-ci. Etape 6 : tests automatiques D’après Garry Tan, la commande /qa agit comme un testeur de qualité. "Testez votre application, trouvez les bugs, corrigez-les avec des commits atomiques (soit une opération qui applique un ensemble de changements distincts en une seule opération, ndlr) puis revérifiez." Ce qu'il ne dit pas, c’est que le système de QA de Gstack est très strict. Le navigateur headless testant l'interface peut parfois échouer à cliquer sur des éléments fonctionnels pour un humain. Une application peut ne pas recevoir la note maximale en ayant des problèmes d’accessibilité, de focus, ou un comportement instable. Ainsi, de notre côté, nous tapons dans Claude Code : /qa Puis nous acceptons de ne pas atteindre le score /qa maximal donné par Gstack avant de lancer l’application. Etape 7 : mise en ligne La commande /ship agit comme un ingénieur de déploiement. Attention à bien identifier GitHub pour l’utiliser. Pour cela, nous tapons dans PowerShell : gh auth login Nous choisissons GitHub.com > HTTPS > Login with a web browser. Nous copions le code affiché à l'écran et le collons sur la page web de GitHub pour nous authentifier. Nous retournons dans Claude Code et écrivons : /ship Claude crée automatiquement une sauvegarde du code, une demande de mise à jour sur GitHub et demande quelques confirmations. Quelques minutes plus tard, notre application est accessible publiquement via https://brunono251.github.io/facturation/ © Copie d'écran Après quelques rectifications de bugs, le résultat est assez bluffant. L’application est fonctionnelle. Elle permet de créer facilement des factures. Le design est épuré. Cela permet de générer une facture en quelques clics sans courbe d'apprentissage. Comme l’application est hébergée sur GitHub Pages, elle se charge instantanément. Les données sont stockées dans le Local Storage du navigateur.
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