● Les Numériques Télécom 📅 11/05/2026 à 20:15

L'Europe se réveille et tente de rattraper son énorme retard sur le marché des voitures autonomes

Cybersécurité 👤 Nassim Chentouf
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L'Europe se réveille et tente de rattraper son énorme retard sur le marché des voitures autonomes Par Nassim Chentouf Publié le 11/05/26 à 20h15 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 3 © Shutterstock Clément Beaune alerte sur un risque de "colonie numérique" pour l'Europe. En jeu, ce sont les 13 millions d'emplois de l'industrie automobile européenne qui pourraient basculer. Le rapport pose un constat sans appel. Sur France 2, le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan a martelé que "tous les modèles sont américains ou chinois aujourd'hui".Bruxelles redoute une "colonie numérique" étrangèreLe Haut-commissaire ajoute qu'il faut anticiper, car cette technologie "va tout changer". Pour rappel, le secteur automobile européen génère 1 000 milliards d'euros de PIB selon la Commission européenne. Il s'agit aussi d'un tiers des investissements privés en recherche et développement dans l'Union européenne.Mais alors quel est le problème ? Les acteurs étrangers ne se contentent plus de regarder l'Europe de loin. La filiale d'Alphabet Waymo débarquera à Londres dès cette année. L'opérateur chinois Pony AI expérimente des vans autonomes au Luxembourg en partenariat avec Stellantis.Un autre acteur chinois appelé WeRide opère déjà ses véhicules en Belgique, en Espagne et en Suisse. À Munich, Uber lance des robotaxi équipés de la technologie chinoise Momenta cette année. Bref, l'invasion technologique a déjà commencé sur le sol européen.En 2019, la loi d'orientation des mobilités a autorisé douze projets d'expérimentations en France. Le rapport juge ce chiffre bien trop faible face à l'ampleur du déploiement étranger. Waymo opère déjà dans 10 villes aux États-Unis et Baidu propose son service Apollo Go dans 11 villes chinoises. La fracture industrielle se creuse. À lire également : Voiture autonome : la possibilité de conduire sans les mains dès cet été Mais ce n'est pas tout puisque l'Europe a perdu ses pionniers. Navya s'imposait comme le leader français des navettes autonomes avant de déposer le bilan. En 2023, l'entreprise a été placée en redressement judiciaire avant un rachat à la découpe. Son compatriote EasyMile a connu un sort comparable avec une activité réduite.Les start-up européennes développent les briques technologiques mais se retrouvent seules quand il faut engager des milliards pour le lancement commercial. Le savoir-faire technique existe en France et en Allemagne, sauf que les capitaux suivent rarement.Pour réagir, le Haut-Commissariat formule plusieurs propositions concrètes. Le rapport appelle à investir massivement pour faire émerger "deux ou trois champions européens de la conduite autonome".Quelles solutions pour rattraper ce retard ?Ces acteurs auraient besoin d'un soutien en capital et de commandes publiques d'envergure. Le rapport plaide aussi pour identifier "5 à 10 territoires pilotes" en France, où le déploiement à grande échelle des véhicules autonomes serait autorisé. L'horizon visé est ambitieux : 2026. Soit cette année.Bruxelles n'a pas attendu pour bouger, mais les moyens restent timides. En octobre 2025, la Commission européenne a publié son plan d'action industriel pour le secteur automobile. Stéphane Séjourné, vice-président de la Commission européenne, n'a pas mâché ses mots. "L'industrie automobile européenne est en danger de mort", a-t-il déclaré. La Commission propose une alliance européenne pour les véhicules connectés et autonomes.Pour les moyens, on parle d'un milliard d'euros d'investissements public-privé sur la période 2025-2027 via le programme Horizon Europe. Une somme jugée bien faible face aux 126 milliards de dollars de valorisation de Waymo. À lire également : Tesla : Elon Musk promet des trajets en voiture autonome au prix d'un ticket de bus Lors du quatrième trimestre 2026, le plan européen prévoit aussi des villes pilotes pour la conduite autonome. On parle de Hambourg et de Munich en Allemagne, mais aussi de plusieurs métropoles italiennes. Ce sont 60 maires italiens qui ont déjà manifesté leur intérêt.Le rapport européen plaide pour des règles harmonisées d'essai des systèmes ADAS et ADS sur la voie publique dès cette année. Sauf que voilà, une coalition à 27 États avance bien plus lentement que les entreprises chinoises et de la Silicon Valley.Bref, l'Europe joue gros sur ce dossier. Sans un sursaut massif et coordonné des États membres, le scénario d'une industrie automobile européenne reléguée au rang de simple sous-traitant des géants étrangers se rapproche dangereusement. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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