● Le Figaro International
📅 11/05/2026 à 19:04
Entre «ignorance, sensationnalisme» et «règles sanitaires mondiales fragiles» : le hantavirus vu par la presse étrangère
Cybersécurité
Entre «ignorance, sensationnalisme» et «règles sanitaires mondiales fragiles» : le hantavirus vu par la presse étrangère Par Solène Vary Le 11 mai 2026 à 17h04 Suivre Sujets Hantavirus épidémie REVUE DE PRESSE - Dans les médias étrangers, certains chroniqueurs scientifiques invitent à ne pas nourrir «d’inquiétudes infondées», et ne peuvent s’empêcher de convoquer le souvenir de la pandémie de Covid. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Des croisiéristes du monde entier voyageaient à bord du MV Hondius et sont désormais acheminés vers leurs pays respectifs, après de longues semaines d’attente. Leur retour chez eux et les nouvelles contaminations au hantavirus que l’on apprend au compte-goutte, suscitent de nombreux questionnements. Dans la presse internationale, le souvenir de l’épidémie de Covid et de sa gestion sanitaire plus ou moins réussie, est partout. Entre titres alarmistes et appels à la retenue, les médias tentent d’analyser ce nouvel épisode. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, un chroniqueur scientifique souhaite calmer les esprits. Selon lui, «le virus n’a pas l’étoffe d’une pandémie». «Aussi désagréable et, dans de rares cas, mortel que puisse être la contamination par le hantavirus, ce dernier ne représente pas une menace pour la planète entière», estime-t-il. Il s’explique : «Un fléau mondial est à exclure, car la transmission interhumaine du virus est bien trop rare et ne s’avère possible que dans les cas de contact très étroit.» De ce fait, il dénonce «le mélange toxique d’ignorance et de sensationnalisme» qui peut engendrer «une inquiétude infondée» et plus largement «des vagues d’hystérie». Passer la publicité Publicité «Un virus n’a pas besoin d’être apocalyptique pour provoquer le chaos» Dans la Libre Belgique, l’éditorialiste reste toutefois sur ses gardes, jugeant que réduire l’épisode à une simple alerte exotique serait «une faute politique autant qu’intellectuelle». Selon lui, ce virus est le nouveau symptôme d’un monde où les barrières naturelles tombent les unes après les autres, et où les rongeurs étendent leurs territoires sous l’effet de la destruction de leurs habitats. Par ailleurs, «un virus n’a pas besoin d’être apocalyptique pour provoquer le chaos», dit-il, «il suffit d’un monde incapable d’anticiper». La désorganisation dans la réponse sanitaire est d’ailleurs relevée par de nombreux médias, comme le Washington Post qui souligne que cette affaire «montre en temps réel que même des règles sanitaires mondiales renforcées restent fragiles». «L’OMS n’a pas le pouvoir de garantir le respect des règles internationales», souligne le journaliste, ce qui mène à «une action mondiale désarticulée», soit une absence d’harmonisation dans les politiques de quarantaine, des couacs au moment du débarquement... Sur le thème de la mauvaise coordination, un éditorialiste d’El Pais attaque d’ailleurs avec virulence le président des îles Canaries, Fernando Clavijo, qui s’est opposé à l’accostage du navire sur ses côtes, «invoquant des prétextes farfelus, irrationnels et populistes, soi-disant pour protéger la population insulaire». Selon le journaliste espagnol, en poussant le principe de précaution à l’extrême, Clavijo a fait preuve «d’un égoïsme provincial qui frise l’inhumanité» et d’une «opposition politique à courte vue, voire malveillante». Une femme tombée malade après une randonnée dans le Colorado Alors que chaque pays encadre différemment le retour de ses ressortissants, en interprétant les recommandations de l’OMS, plusieurs médias ont demandé l’avis des scientifiques nationaux. Dans l’Algemeen Dagblad, quotidien néerlandais de Rotterdam, un médecin ayant consacré sa thèse au hantavirus affirme que la mise en quarantaine des passagers à leur domicile pendant six semaines est surtout une façon d’éviter que la situation sociale ne s’envenime. Selon lui, «ça va vite se terminer, il n’y a pas lieu de s’inquiéter» et le risque de nouveaux cas «extrêmement faible». Plusieurs médias relaient des discours rassurants et insistent sur les différences avec le Covid-19. Dans le journal suisse Le Temps, une virologue affirme que contrairement au coronavirus, «il n’y a pas de donnée suggérant que l’hantavirus puisse être aéroporté». Une caractéristique soulignée également par le Frankfurter Allgemeine : «les aérosols ne suffisent pas à transmettre le virus — il faut un contact avec des gouttelettes ou des fluides corporels». La journaliste précise également que «les transmissions asymptomatiques sont rarissimes» (seule une personne infectée, avec de la fièvre, peut en contaminer une autre, NDLR), ce qui limiterait aussi le risque pandémique. Passer la publicité Publicité Dans le quotidien britannique The Telegraph, le témoignage d’une femme touchée en 2020 par hantavirus est encore plus parlant que les divers discours scientifiques. Sue Ryan, 67 ans, raconte que lors d’une randonnée en itinérance dans le Colorado, elle avait mis sa main par mégarde dans un nid de souris. Elle a eu quelques semaines plus tard de forts symptômes grippaux, les scanners montrant la présence de liquide autour de ses poumons et de son cœur. Après cinq jours à l’hôpital, elle est rentrée chez elle et le liquide s’est progressivement résorbé. «Il n’y a eu aucune séquelle, et je continue à randonner régulièrement et à faire des croisières», raconte-t-elle, mais elle dégaine désormais masque, gants et eau de javel dès qu’elle détecte le signe d’une souris.
🔗 Lire l'article original
👁️ 0 lecture