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📅 11/05/2026 à 19:17
"Des prisons mentales": seize familles portent plainte contre Tiktok et accusent la plateforme d’enfermer des adolescents dans des "spirales morbides"
Géopolitique
Les familles ont demandé lundi 11 mai l’élargissement de l’enquête ouverte à Paris contre la plateforme chinoise. Elles accusent son algorithme de pousser des mineurs vulnérables vers des contenus liés à l’automutilation et au suicide afin de maximiser leur temps passé sur l’application.Les vidéos défilent sans fin. Une chorégraphie, une blague, puis soudain des contenus liés à l’automutilation ou au suicide. Seize familles ont demandé lundi 11 mai que l'enquête à Paris sur Tiktok soit étendue, a appris l'AFP de source proche du dossier. Elles accusent le réseau social d'instrumentaliser "la vulnérabilité des mineurs" en les rendant addicts à des "contenus morbides" pour "maximiser leur temps" sur sa plateforme.Parmi les seize familles qui portent plainte contre la plateforme de vidéos courtes, cinq ont vu leur fille se suicider. Les autres adolescents concernés souffrent d’anorexie, de dépression ou encore d’idées suicidaires. Toutes les familles à l’origine de cette action judiciaire sont réunies au sein du collectif Algos Victima et représentées par l’avocate Laure Boutron-Marmion.Leur plainte, révélée par franceinfo, veut dénoncer les "prisons mentales" fabriquées par "la machine Tiktok", a confirmé auprès de l'AFP leur avocate.Des investigations en cours"Ce matin encore, j'ai reçu une alerte d'un père. Sa fille, hospitalisée, a déclaré avoir visionné des vidéos Tiktok pour savoir comment se pendre", a déploré Me Boutron-Marmion.Selon cette avocate spécialisée, la plateforme chinoise use d'un "mélange du défilement en continu et de recommandations hautement personnalisées" qui "enferme psychologiquement les mineurs dans une spirale de mal-être".Une procédure civile est en cours à Créteil, tandis que des investigations pénales ont été lancées à Paris depuis un signalement du député Arthur Delaporte, à l'issue d'une commission d'enquête. Cette commission avait conclu que la plateforme proposait un "océan de contenus néfastes", de la violence "sous toutes ses formes", selon sa rapporteure Laure Miller (EPR).Pourquoi les députés veulent-ils interdire Tiktok aux moins de 15 ans? 3:03Depuis l'automne 2025, le parquet de Paris enquête notamment pour propagande de moyens de se donner la mort. Avec leur plainte, "les seize familles souhaitent venir compléter les investigations", en mettant "l'accent sur le délit pénal d'abus de faiblesse non visé encore dans l'enquête", écrivent-elles dans un communiqué du collectif Algos Victima."Tiktok fait dans le vernis""Ce sont des adolescents confrontés à des contenus morbides, sans les avoir cherchés, et qui se retrouvent englués devant une apologie de la scarification, du suicide", affirme Me Boutron-Marmion. "Les parents ne peuvent pas agir seuls face à cette machine. Nombre de familles avaient mis à leur échelle un contrôle ou un accompagnement, mais il suffit de moins d'une heure de scrolling morbide par jour pour voir son état de santé se dégrader"."Au nom du profit, on est en train de sacrifier toute une génération, avec des adolescents en détresse émotionnelle", a encore alerté l'avocate.Tiktok a, à plusieurs reprises, rejeté ces allégations et assure disposer d'outils de modération de ses contenus pour les plus jeunes. Le réseau social rappelle avoir mis en place "plus de 50 fonctionnalités et paramètres spécialement conçus pour assurer la sécurité et le bien-être des adolescents". Tiktok assure également "investir massivement dans des expériences sûres et adaptées à l’âge des adolescents"."Tiktok fait dans le vernis", a fustigé Me Boutron-Marmion. "Rien n'est fait pour modifier les fonctionnements de leurs paramètres", a-t-elle avancé. Lundi, la plateforme n'avait pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP. La première plainte en Europe visant Tiktok pour provocation au suicide remonte à septembre 2023.Le gouvernement prévoit d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée 2026. Le texte, déjà adopté par l’Assemblée nationale, a éte modifié au Sénat. Désormais, seuls les réseaux jugés "susceptibles de nuire" seraient concernés par l’interdiction. Les autres resteraient donc accessibles avec l’accord parental.Le texte doit encore faire l'objet de discussions parlementaires et d'un aval de Bruxelles, qui pourrait juger cette nouvelle version du projet de loi incompatible avec le droit européen.Les plus lusUne Française rapatriée du MV Hondius testée positive à l'hantavirus"Un légitime questionnement": le procureur de Caen explique pourquoi un violeur, remis en liberté, va vivre près de chez sa victime"Je vois mon gamin mourir": le témoignage poignant du père de Matthéo, 9 ans, roué de coups lors d'un tournoi de footRunning: Macron et Kipchoge partagent un footing improbable au KenyaIl s'appelle Mr Turbino, il est sans moteur et ne perturbe pas la vie marine: le concours Lépine récompense un aspirateur sous-marin de déchets et de microplastiques
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