● Journal du Net
📅 11/05/2026 à 17:48
1X NEO, le robot humanoïde qui veut faire votre vaisselle et plier le linge
Cybersécurité
👤 Mattis Meichler
En vidéo, il fait la vaisselle, sort les poubelles et plie le linge. NEO, le robot humanoïde de 1X, s'est imposé comme l'un des visages de la robotique domestique. Mais derrière cette mise en scène, ses performances restent limitées. Les humanoïdes savent faire du kung-fu, mais peuvent-ils faire la vaisselle ? Le robot NEO a fait sensation ces derniers mois grâce à des vidéos le montrant effectuer diverses tâches ménagères, comme sortir les poubelles, arroser les plantes ou plier le linge. Fabriqué par l’entreprise américano-norvégienne 1X, il est présenté comme l’un des modèles les plus avancés sur le créneau de la robotique domestique. Fondée en 2014 par le norvégien Bernt Børnich, 1X affiche de grandes ambitions pour son robot et vient d’ouvrir sa propre usine aux Etats-Unis pour le produire à l’échelle industrielle. Mais alors que les premières livraisons chez des particuliers sont prévues pour la fin de l’année, le doute subsiste quant à la fiabilité de l’humanoïde. Une figure de proue de la robotique domestique En termes de communication, 1X est l’un des rares fabricants de robots humanoïdes occidentaux à rivaliser avec la concurrence chinoise, qui publie quotidiennement des vidéos de robots qui courent le marathon, dansent ou font du kung-fu. On a vu le robot NEO invité à participer à des podcasts et les vidéos le montrant faire le ménage ont fait le tour du monde. Il est vrai qu’avec son design soigneusement étudié, il dégage une impression visuelle forte. Contrairement aux autres humanoïdes à l’aspect métallique et industriel, le robot, qui mesure 1,68 m et pèse 30 kilos, est habillé d’une combinaison intégrale en maille 3D déclinée en trois coloris, allant du taupe clair au brun plus foncé. Des couleurs choisies pour s’intégrer discrètement au sein d’un environnement domestique. Avec ses petits yeux ronds et ses oreilles ovales qui s’allument lorsqu’il écoute les commandes, NEO présente un aspect rassurant. 1X a ouvert les précommandes en octobre dernier, proposant le robot à 20 000 dollars, ou via un abonnement à 499 dollars par mois. Le fabricant affirme avoir enregistré près de 10 000 commandes au cours des cinq premiers jours. Pour répondre à la demande, 1X a inauguré en avril sa propre usine d'assemblage à Hayward, en Californie, la première d'un constructeur d'humanoïdes occidental à produire de manière intégrée, actionneurs inclus, ces composants qui traduisent les ordres du logiciel en mouvements physiques. Une seconde usine doit voir le jour d'ici la fin de l'année à San Carlos. L'objectif affiché est de produire 10 000 robots dès cette année, pour atteindre progressivement 100 000 unités par an. Un world model pour apprendre les tâches ménagères Derrière ces chiffres impressionnants et un marketing bien rodé, le robot NEO présente encore des limites importantes. Le principal obstacle est technique. Les modèles d’IA qui l’animent, efficaces dans des environnements fermés et prévisibles, comme les usines, ne sont pas adaptés au cadre domestique. Les meubles changent de place, les tâches ménagères sont moins standardisées que les opérations d’une chaîne d'assemblage, et manipuler un verre sans le casser exige un niveau de précision que les robots actuels peinent à atteindre. Sans compter les risques d’accident lorsqu’un enfant ou une personne âgée s’approche du robot. Ainsi, NEO reste en partie piloté par des humains : un téléopérateur équipé d’un casque VR doit être présent pour l’encadrer. Afin de résoudre cette problématique, 1X a annoncé en janvier avoir développé une nouvelle méthode d’entraînement, basée sur un world model. Développé en interne et baptisé 1XWM, ce dernier utilise des vidéos du monde réel issues d’Internet : le modèle apprend en observant comment les objets bougent, tombent, se heurtent ou sont manipulés. A travers des millions de visionnages, il apprend les règles de la physique : la gravité, l’équilibre et les dynamiques des interactions. A partir de là, le robot peut générer lui-même une vidéo en fonction de la tâche qui lui est demandée et simuler mentalement l’action avant d’agir. "Neo peut désormais apprendre à partir de vidéos diffusées à grande échelle sur Internet et appliquer directement ces connaissances au monde physique", a résumé Bernt Børnich dans un communiqué. Il faudra cependant encore du temps avant que cet entraînement porte ses fruits. Les robots qui doivent être livrés à la fin de l’année devront ainsi être téléopérés par leur propriétaire. 1X en a bien conscience et a qualifié ces premiers modèles de"early access", encourageant leurs acquéreurs à participer à leur entraînement. Et une option sera proposée pour faire appel à un employé de 1X, afin qu’il prenne le contrôle du robot à distance pour effectuer certaines tâches, afin de les lui apprendre. Un peu comme si on devait constamment être derrière l’agent d’entretien que l’on a embauché pour lui expliquer comment faire le ménage, mais pour un tarif bien plus élevé.
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