● Journal du Net 📅 11/05/2026 à 16:23

Burn-out : cessons de planifier l'épuisement de nos talents

Data Science 👤 Guillaume Berbinau
🏷️ Tags : rag surveillance
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Burn-out, absentéisme, surcharge… Le véritable enjeu n'est plus individuel mais organisationnel. Repenser la planification du travail devient une urgence sociale et économique. Depuis que la santé mentale est devenue Grande Cause Nationale en 2025, elle est au cœur de tous les débats. Pourtant, la réalité reste implacable : près de 3 millions de salariés seraient en état de burn-out sévère*. Face à ce fléau, l’entreprise s’est trop longtemps contentée de "pansements" cosmétiques, qu’il s’agisse de cours de yoga, de corbeilles de fruits ou de nomination de Chief Happiness Officers. Nous sommes à côté de la plaque. Le burn-out n’est pas une défaillance individuelle, c’est le symptôme d’un système qui ne régule plus l’effort. Il est temps de cesser de traiter les conséquences pour enfin s’attaquer à la racine : le déséquilibre structurel du temps de travail et la fragilité du courage managérial face à la culture de l’urgence. La planification punitive : l'angle mort du dirigeant Le constat du Baromètre Empreinte Humaine est sans appel : 47 % des salariés sont en détresse psychologique. Le burn-out ne témoigne pas d'une fragilité personnelle, mais d'une organisation à bout de souffle. Trop d’entreprises pratiquent encore, souvent par omission, une "planification punitive" au détriment des plus engagés. Ce sont ces collaborateurs qu’on sollicite toujours pour remplacer au pied levé, qui enchaînent les ouvertures à l’aube et les fermetures tardives ou subissent des pauses incohérentes. À force, ce ne sont plus des ajustements opérationnels, c’est une mécanique d’usure. Ces méthodes génèrent une iniquité chronique qui épuise les collaborateurs les plus fiables, quel que soit le secteur d'activité. Nous avons trop longtemps privilégié l’héroïsme silencieux, cultivant un "ça va aller" délétère. C’est une erreur stratégique. Le courage du manager consiste à savoir dire non à une surcharge irréaliste pour protéger le collectif. Le coût de l’absentéisme a explosé, atteignant 117 milliards d’euros en 2025 selon l’Institut Sapiens. Pour stopper l’hémorragie, l’urgence est à l’avènement d’une planification socialement responsable. En tant que dirigeant, je reste convaincu qu’il vaut mieux prévenir par le cadre que tenter de guérir par un traitement d'urgence une fois le talent effondré. L’algorithme éthique au service de la performance durable Pour réussir cette mue, la planification doit cesser d’être un instrument de contrôle pour devenir un outil permettant aux collaborateurs d’organiser leur vie. Car les talents ne fuient pas le travail, ils fuient l’imprévisibilité. Lorsqu'il est guidé par une intention sociale, l’algorithme devient un garde-fou éthique. Contrairement au manager, il n’est pas soumis à la fatigue ou aux biais. En objectivant les décisions, la technologie protège des cycles épuisants. Cette transparence n'est ni un gadget, ni un outil de surveillance, mais une garantie de santé permettant de détecter les déséquilibres avant l’épuisement, faisant du planning le levier de la considération et de la performance durable. Le respect du temps de travail est désormais un impératif économique et le deuxième critère d’attractivité des talents, juste derrière la rémunération selon l’Apec**. Bien-être et repos stimulent la performance, ils constituent un actif stratégique plutôt qu’une charge. Alors… À l’heure où l’intelligence artificielle promet d’optimiser chaque minute de nos organisations, une question s’impose : allons-nous utiliser la technologie pour accroître la pression ou pour redonner du souffle au travail ? C’est là que se joue la compétence éthique et la responsabilité des dirigeants. * Baromètre Empreinte Humaine / Ipsos, 2025 **Étude 5 enjeux pour l’emploi cadre éditions 2024 et 2025
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