● Journal du Net 📅 11/05/2026 à 06:50

Des fleurs à 11 centimes, de la lavande à 1 euro, des érables à 3 euros : une jardinerie discount arrive en France

Géopolitique 👤 Charles Desthieux
🏷️ Tags : otan rte
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Colibri, groupe horticole français, vient de lancer un nouveau concept de jardinerie low-cost. Objectif : vendre des plantes 20% moins chères que ses concurrents directs et 50% moins chères que les jardineries traditionnelles. "Aujourd'hui, si vous voulez un beau jardin, il faut être riche". C'est le constat que dresse Pascal Griot, président du groupe Colibri. Fondateur et dirigeant de la jardinerie Promesse de Fleurs, il lance un nouveau concept de jardinerie discount. "L'objectif est d'avoir un bon produit au moins 20% moins cher que le concurrent le plus proche sur le web et avoir au moins 50% d'écart de prix par rapport à la jardinerie", résume Pascal Griot. C'est en ligne que ce modèle prend forme. Sur le site, la fleur de lis est vendue 58 centimes d'euro à l'unité, le godet d'hortensia 3,71 euros, la lavande rose 1,06 euro. A titre de comparaison, le fraisier de gariguette est vendu à 1,03 euro l'unité, alors qu'ailleurs il est vendu 1,50 euro. Le coût de la livraison s'élevait à 4,94 euros lors de nos simulations. Derrière ces prix cassés, une plateforme : Florprice. Pour offrir des prix aussi bas, Pascal Griot tire un parallèle entre Florprice et le géant Action : "Nous faisons le choix assumé d'une gamme restreinte : on ne prétend pas avoir tout ce que le jardinier cherche, mais on ne trouvera ici que des produits au prix le plus juste. Comme Action, nous partons de l'offre, pas de la demande : si nous ne sommes pas capables de tenir notre promesse sur un produit, nous ne le référençons pas. C'est pourquoi vous ne trouverez pas d'olivier chez nous." Pour limiter les coûts et vendre moins cher, Florprice mise sur les petits formats et les jeunes pousses. Presque toute la gamme est proposée en godet de 0,6 litre, un format léger, donc économique à transporter. "Ce format est paradoxalement le gage d'une meilleure qualité, ajoute Pascal Griot : dans le végétal, plus la plante est jeune, mieux elle reprend." Autre levier essentiel pour contenir les prix : 60% des plants sont produits en interne, le reste provenant principalement de l'Anjou, de la Belgique et des Pays-Bas. "Simplicité" et "efficacité". Ces deux mots reviennent en boucle dans la bouche de Pascal Griot lorsqu'il décrit Florprice. "Ce n'est pas un site de service, tranche-t-il. Sur les autres marques du groupe, on propose du conseil téléphonique, du conseil par mail, des valeurs ajoutées éditoriales très fortes. Sur Florprice, on n'a pas ça et on n'en veut pas." L'offre se veut délibérément dépouillée : les catégories sont organisées par usages plutôt que par familles botaniques, pour faciliter l'accès. Un modèle qui germe depuis au moins dix ans dans la tête de Pascal Griot. "On l'a fait quand on s'est sentis suffisamment solides et dominants sur le marché, poursuit-il, pour passer à cette phase d'industrialisation." Une plateforme naît alors que les prix des plants des jardineries traditionnelles n'ont fait qu'augmenter, selon Pascal Griot. "Les jardineries sont entrées dans une forme de cercle vicieux : amélioration du service, hausse des prix, baisse des volumes." Florprice cherche donc à casser cette logique avec des prix beaucoup plus bas.
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