● Courrier International
📅 09/05/2026 à 12:43
Mes “ailleurs” : comment la France, le Ghana et l’Allemagne m’ont libérée du carcan racial américain
Géopolitique
Self-Portrait Triptych , 2011 © Nell Irvin The New York Review of Books Traduit de l’anglais Réservé aux abonnés Lecture 12 min. Publié le 9 mai 2026 à 12h43 Comme beaucoup d’Américains noirs avant elle, Nell Irvin Painter, historienne réputée, a eu besoin de s’évader loin des États-Unis. Ses longs séjours à l’étranger, notamment à Bordeaux, ont changé ses idées sur l’esclavage et le racisme. Elle raconte son cheminement dans cet essai autobiographique, adapté d’une conférence donnée à Berlin. Je suis une femme noire américaine qui s’est construite au XXe siècle, dans le contexte de la guerre froide et de la ségrégation raciale, qui était tenace même dans la région de San Francisco. En revanche, ma pensée, mon écriture et les chemins que mon imaginaire a empruntés doivent tout à des lieux en dehors des États-Unis. Je les appelle mes “ailleurs”. Ces derniers – à commencer par la France, où j’ai fait une licence dans les années 1960 – m’ont permis de surmonter les barrières conceptuelles que les États-Unis m’imposaient. À Houston, en 2018, la métaphore de la barrière a pris une dimension littérale lorsque j’ai aperçu le grillage qui entoure le Houston Negro Hospital, où je suis née à 8 heures un dimanche matin d’août 1942. De passage dans cette ville pour la promotion de mon livre, j’ai vu pour la première fois depuis ma prime enfance ce grand bâtiment blanc de la circonscription dite Third Ward de Houston. L’hôpital était désormais désert, mais sa résistance au temps montrait comment il avait protégé les nouveau-nés et les mères du monde extérieur, des États-Unis. Et son nom évoquait la volonté d’avilissement qui était celle du pays et de l’État du Texas. Dans les pas de James Baldwin et Maya Angelou J’étais loin d’être la première personne noire américaine à voir le b Article abonné Pour lire la suite de cet article, abonnez-vous Abonnez-vous et accédez à : tous nos articles, l’hebdo numérique, l’application, le Réveil Courrier et nos newsletters Dès 1 €/mois Sans engagement • Résiliable en ligne Je m'abonne S'abonner avec -30% la 1re année Déjà abonné ? Se connecter Nell Irvin Painter Lire l’article original Europe Culture Racisme Amériques Source de l’article The New York Review of Books (New York) La grande revue littéraire et politique de l’intelligentsia new-yorkaise. Créée en 1963, elle doit sa renommée au prestige et à la diversité de ses grandes signatures : Joan Didion, V.S. Naipaul, Vladimir Nabokov ou Tony Judt, entre autres, comptent ou ont compté parmi ses contributeurs. Articles fouillés, authentiquement critiques et… très longs sont sa marque de fabrique. Hannah Arendt, W.H. Auden, Saul Bellow, Norman Mailer, Truman Capote… Dès le début, les plus grands ont répondu au pari d’un groupe d’amis de lancer une revue dans laquelle s’exprimeraient les esprits de l’époque. La maquette, austère mais allurée, est rehaussée par les caricatures de David Levine. Reflet en ligne de la revue, le site va à l’essentiel. Pour chaque édition, seuls quelques articles sont disponibles gratuitement. L’internaute peut cependant s’informer des dernières parutions littéraires, consulter une galerie de caricatures et bénéficier de liens vers d’autres revues. Les archives, en majorité payantes, sont cependant gratuites pour les abonnés à l’édition électronique. Alimenté quotidiennement, le blog de la revue, très populaire, a permis à la publication d’élargir son lectorat sur Internet. Lire la suite Nos lecteurs ont lu aussi Photo. Entre mode et portraits, le glamour créatif d’Inez & Vinoodh En images. De Paris à Marseille, de Niort à Papeete : où voir les œuvres de Vhils en France ? Trêve. Cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie après “une intervention diplomatique surprise” de Donald Trump Vu de Suisse. La “free party” de Cornusse : l’État français face au “droit fondamental à la fête”
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