● Numerama
📅 09/05/2026 à 10:44
Ils ont greffé des ailes virtuelles à des volontaires, la réaction de leur cerveau est fascinante
Géopolitique
👤 Julien Cadot
Lecture Zen Résumer l'article Après une semaine d'entraînement en réalité virtuelle, le cortex visuel des 25 participants a commencé à traiter des ailes comme s'il s'agissait de bras. Montés sur casque VR et capteurs, les volontaires ont répété trois exercices (repousser des ballons, maintenir l'altitude, franchir des anneaux) et ont montré des courbes d'apprentissage très variables. L'étude souligne la plasticité permettant l'appropriation d'extensions corporelles et promet pour la VR et la médecine, mais ce n'est pas la preuve que l'on puisse réellement voler : les changements sont visuels, l'échantillon est limité et l'entraînement bref. Après une semaine d'entraînement en réalité virtuelle, le cortex visuel des 25 participants a commencé à traiter des ailes comme s'il s'agissait de bras. Montés sur casque VR et capteurs, les volontaires ont répété trois exercices (repousser des ballons, maintenir l'altitude, franchir des anneaux) et ont montré des courbes d'apprentissage très variables. L'étude souligne la plasticité permettant l'appropriation d'extensions corporelles et promet pour la VR et la médecine, mais ce n'est pas la preuve que l'on puisse réellement voler : les changements sont visuels, l'échantillon est limité et l'entraînement bref. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Une équipe chinoise a entraîné 25 volontaires à voler avec des ailes virtuelles. Au bout d’une semaine, leur cerveau a commencé à traiter ces ailes comme s’il s’agissait de bras. Dans le journal Cell Reports, sous la signature de Ziyi Xiong et de ses collègues de l’Université de Pékin et de Beijing Normal University, on trouve le 7 mai 2026 le résultat d’une étude quelque peu surprenante : comment notre cerveau réagit-il quand nous avons des ailes à la place des bras ? La méthode ? Un casque VR, des capteurs de mouvement, et un monde virtuel « miroir » dans lequel les participants se voient en créature aux grandes ailes rousses. En faisant tourner leurs poignets et en agitant les bras, ils battent des ailes, comme des oiseaux. Pendant la semaine du programme, 25 personnes enchaînent trois exercices : repousser des ballons de baudruche en vol, tenir l’altitude au-dessus de falaises, traverser des anneaux suspendus dans les airs. Les courbes d’apprentissage varient. « Certains apprennent à voler dès la première tentative, d’autres ont besoin de trois ou quatre sessions », rapporte la neuroscientifique Ziyi Xiong dans Science News. Au-delà du jeu vidéo, l’imagerie cérébrale raconte autre chose. Après l’entraînement, des zones du cortex visuel habituellement dédiées à la reconnaissance des parties du corps réagissent plus fortement aux images d’ailes. Et leur réponse aux ailes commence à ressembler à celle qu’elles produisent face à des membres supérieurs humains. Lire : notre cerveau comprend assez vite qu’il possède un nouveau moyen d’interaction avec le réel. Avoir des ailes, c’est possible. Maintenant, reste à voler. // Source : Cell Plasticité augmentée « Les participants commencent à voir les ailes comme faisant partie de leur propre corps », résume Yanchao Bi, neuroscientifique à l’Université de Pékin et co-auteure de l’étude, qui a toujours rêvé de voler (comme à peu près tout le monde). C’est cette envie, partagée autour d’un café au printemps 2023 avec Kunlin Wei, qui a déclenché l’expérience. Pour Jane Aspell, neuroscientifique cognitive à l’Anglia Ruskin University citée par Science News, le résultat démontre la souplesse du cerveau : s’il peut absorber une extension aussi étrangère qu’une aile, il pourrait en théorie intégrer d’autres types d’augmentations corporelles. Alors, on est techniquement capables de voler ? Pas si vite : l’étude porte sur l’acceptation cognitive des ailes et non sur notre capacité à bouger des flux d’air comme les oiseaux. De plus, l’échantillon est petit, l’entraînement court, et la mesure porte sur une réponse neuronale visuelle, pas sur un nouveau plan moteur. Personne n’a appris à voler. Le cerveau apprend juste à voir des ailes comme un possible morceau de soi. On est plus dans l’exploration de la psyché furry que dans une première étape vers l’arrivée du Faucon de Marvel. Pour la réalité virtuelle, en revanche, c’est peut-être une bonne nouvelle : on voit grâce à cette étude qu’elle ne se contente pas de simuler, elle déplace la frontière de ce que le cerveau range dans la catégorie corps… et donc, ce qu’on pourrait en faire, notamment dans le domaine médical. Oui, on est à deux doigts de Severance. Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! Installer Numerama Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google ! Tout comprendre à la Médecine Hantavirus : pourquoi les bateaux de croisière sont de véritables nids à épidémies Ce voyageur temporel a-t-il réellement prédit une épidémie de hantavirus ? 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