● Presse-Citron 📅 08/05/2026 à 20:02

Un nouveau coronavirus détecté chez des chauves-souris : faut-il s’inquiéter ? Une découverte qui relance les interrogations sur le potentiel infectieux de ces virus

Cybersécurité 👤 Camille Coirault
Illustration
© James Wainscoat / Unsplash 0 Le SARS-CoV-2 qui a provoqué la pandémie de COVID-19 appartient à une gigantesque famille comportant des centaines de virus différents : les coronavirus et leurs milliers de variants. Sur l’ensemble, seuls sept, selon ce qu’on sait actuellement, peuvent infecter l’être humain : HCoV-229E, NL63, OC43 et HKU1, responsables en grande partie des rhumes hivernaux. Les trois autres plus sévères : le SRAS, le MERS, et bien sûr le SARS-CoV-2. L’écrasante majorité d’entre eux ne circule donc qu’entre animaux, n’ont pas franchi la barrière interespèces et constituent ce que les scientifiques appellent un « réservoir naturel » viral. Ce réservoir, personne ne connaît réellement sa profondeur, mais l’on sait déjà que c’est un véritable abysse génétique où naîtront peut-être les pandémies zoonotiques de demain. Une équipe internationale de chercheurs réunissant des institutions britanniques et kényanes (le Pirbright Institute, l’Université de Cambridge, l’Université de York, le KEMRI-Wellcome Trust Research Programme et les Musées nationaux du Kenya) vient justement d’en identifier un sérieux candidat. C’est un alphacoronavirus – un des quatre sous-groupes de la famille – transporté par une espèce de chauve-souris vivant en Afrique de l’Est. Selon leurs travaux publiés le 22 avril dans la revue Nature, il n’a encore infecté personne, mais est théoriquement capable de se transmettre à l’humain. Voilà pour la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que les auteurs en ont conclu que la communauté médicale avait probablement sous-estimé le potentiel infectieux des alphacoronavirus. La mauvaise surprise venue des grottes du Kenya Pour identifier les virus susceptibles d’infecter l’être humain, les chercheurs ont synthétisé les fameuses protéines spike de 27 alphacoronavirus isolés chez des chauve-souris africaines. Ce sont des structures en formes de pics visibles à la surface de tous les coronavirus, grâce auxquelles ils forcent l’entrée des cellules hôtes (humaines ou animales) en se fixant dessus. Ils les ont ensuite testés contre le panel complet des récepteurs cellulaires humains connus, pour détecter lesquelles d’entre elles pouvaient s’y accrocher et donc, en théorie, infecter l’être humain si l’occasion se présentait. Un seul candidat a satisfait ce critère parmi les 27 testés, hébergé par une espèce de chauve-souris appelée Nez-en-cœur (Cardioderma cor). Une espèce très répandue entre le Soudan oriental et le nord de la Tanzanie, qui transporte naturellement un alphacoronavirus baptisé CcCoV-KY43, dont les protéines spike ont démontré une forte affinité pour le récepteur humain CEACAM6. Une protéine de surface cellulaire présente notamment dans les poumons et le système digestif, connue en cancérologie pour stimuler la prolifération de certaines tumeurs solides et résister à la chimiothérapie, mais jusqu’ici totalement absente des modèles de risque coronaviral. Un virus qui se tient tranquille… pour l’instant Pour l’heure, il n’y a pas matière à s’inquiéter, puisque les enquêtes de terrain menées au Kenya n’ont retrouvé aucune trace d’infection humaine par le CcCoV-KY43 dans les populations vivant à proximité des chauves-souris porteuses. Toutefois, les chercheurs sont conscients qu’ils ne doivent pas s’en tenir à cette seule conclusion. Stephen C. Graham, co-auteur de l’étude, insiste : « Nous espérons que ces travaux permettront de mieux cerner le danger que représente cette famille virale — en commençant par cartographier sa diffusion chez les chauves-souris, et en cherchant s’il a déjà, sans qu’on le sache, infecté des populations humaines exposées ». Il faut tout de même le tenir sous surveillance, car avant que ne paraisse cette étude, on ignorait complètement l’affinité du CcCoV-KY43 avec le récepteur CEACAM6. Jusqu’à maintenant, seuls deux avaient été caractérisés pour toute cette famille virale, une lacune qui prouve que la grande majorité des alphacoronavirus évoluait en dehors de tout modèle sérieux d’évaluation du risque zoonotique. En virologie, un récepteur non caractérisé, c’est une menace sous-évaluée : le virus est resté invisible aux systèmes de surveillance et a pu circuler indéfiniment dans son réservoir animal sans que personne n’ait de raison formelle de s’en préoccuper. Cette méthode de détection précoce, sans manipulation de virus vivant, a fait la preuve de son efficacité, et nous disposons désormais du savoir nécessaire pour le surveiller correctement. En revanche, ce que l’on ne sait toujours pas, c’est le nombre de virus venant de ce même réservoir est-africain disposant d’affinités comparables pour des récepteurs humains que nous n’avons pas encore déterminés. De plus, les alphacoronavirus font preuve d’une grande plasticité, ce qui rend leur trajectoire évolutive particulièrement difficile à anticiper pour les virologues et épidémiologues. Pour le moment, CcCoV-KY43 ne représente donc aucun danger sérieux, mais dans un réservoir génétiquement aussi riche et aussi peu exploré, ce n’est en rien une garantie pour l’avenir. C’est pourquoi l’ensemble des auteurs de l’étude appellent à poursuivre la surveillance en Afrique de l’Est, un investissement indispensable pour ne plus jamais être pris de court par un agent pathogène de la famille des alphacoronavirus. Un nouveau coronavirus, CcCoV-KY43, a été détecté chez des chauves-souris en Afrique de l’Est, avec un potentiel infectieux pour l’humain. Bien qu’aucune infection humaine n’ait été signalée jusqu’à présent, les chercheurs soulignent l’importance de surveiller ce virus sous-estimé. Les études futures sont nécessaires pour mieux comprendre les risques zoonotiques associés aux alphacoronavirus et leur surveillance en Afrique de l’Est. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. TousAntiCovid Par : Gouvernement français 4.4 / 5 k324.5 avis App Store Play Store MédecinesantéScience [ Source ] Sur le même sujet Samsung va transformer les écrans de smartphone en tensiomètres Hantavirus : nombre de morts, patient à Zurich, évacuation… tout savoir sur la souche des Andes Doctolib rachète son équivalent au Royaume-Uni, l’entreprise française devient un géant européen de la santé Une épidémie à bord d’un navire de croisière a fait plusieurs morts. Une enquête est en cours sur les causes de sa propagation rapide Les dernières actualités La balai aspirateur Dyson V8 Cyclone voit son prix s’effondrer chez Boulanger Un nouveau coronavirus détecté chez des chauves-souris : faut-il s’inquiéter ? Une découverte qui relance les interrogations sur le potentiel infectieux de ces virus Voici 4 films à voir absolument au ciné ce week-end Apple, Nvidia, Boeing : quels sont les rares patrons invités par Trump à Pékin ? Test Dell XPS 16 2026 : retour aux fondamentaux pour cet ultraportable qui a tout pour séduire De 2 à 5 euros, le prix des cartes Revolut augmente fortement 🔴 Nintendo augmente le prix de sa Switch 2 en France, elle coûte aussi chère qu’une PS5 de l’époque Ce pays allié de la France va confier des décisions de son gouvernement à une IA
← Retour