● Numerama 📅 07/05/2026 à 14:54

Ce compte X prétend avoir prédit une épidémie d'hantavirus dès 2022, voici son secret

Géopolitique 👤 Lisa Imperatrice
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Lecture Zen Résumer l'article Une publication X de 2022, devenue virale en 2026, entretient l’illusion d’une prophétie autour de l’hantavirus. Cette « prédiction » procède d’une ruse sur X consistant à passer le compte en privé, multiplier des oracles plausibles, puis effacer les ratés avant réouverture publique. La référence à l’hantavirus est banale, ce virus étant suivi depuis des décennies et régulièrement classé parmi les candidats d’une prochaine pandémie. Une publication X de 2022, devenue virale en 2026, entretient l’illusion d’une prophétie autour de l’hantavirus. Cette « prédiction » procède d’une ruse sur X consistant à passer le compte en privé, multiplier des oracles plausibles, puis effacer les ratés avant réouverture publique. La référence à l’hantavirus est banale, ce virus étant suivi depuis des décennies et régulièrement classé parmi les candidats d’une prochaine pandémie. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Un message publié sur X en 2022 aurait « prédit » une épidémie de hantavirus en 2026. Massivement relayée sur le réseau social, cette publication relève pourtant moins de la prophétie que d’une mécanique bien connue. Le scénario est étrangement familier. Le 3 mai 2026, on a appris que trois personnes sont mortes à bord d’un bateau de croisière naviguant sur l’océan Atlantique. En cause : une supposée épidémie de hantavirus, selon un communiqué de l’OMS. Rapidement, sur X, les « voyageurs temporels » ont refait surface, comme en témoigne notamment ce message publié en 2022 qui aurait prédit l’essor de cette maladie en 2026. Un message publié sur X en 2022 aurait « prédit » l’arrivée du hantavirus en 2026. // Source : @iamasoothsayer Pour rappel, les hantavirus provoquent des syndromes pulmonaires rares mais graves, et peuvent également entraîner des hémorragies sévères accompagnées de fortes fièvres. Une infection peut être mortelle. Ces virus sont transmis par des rongeurs — souris ou rats — généralement via l’urine, les excréments ou la salive d’animaux infectés. La transmission d’un humain à l’autre reste, elle, extrêmement rare. Ce qui n’est pas rare, en revanche, ce sont ces comptes mystérieux qui prétendent avoir prédit certains événements avant qu’ils ne se produisent. Récemment, un utilisateur a ainsi affirmé avoir anticipé la fusillade visant Donald Trump fin avril 2026, en publiant dès 2023 le nom supposé du tireur. Comme souvent, ce type de coïncidence apparente suffit à enflammer la sphère complotiste — d’autant plus dans un contexte marqué par les inquiétudes autour d’une éventuelle future pandémie. Pourtant, plusieurs hypothèses permettent de mettre à mal cette pratique. @numerama Cette croisière en Atlantique vire au cauchemar à cause d’une épidémie très rare 🦠 Suivez 👉 @numerama pour anticiper l’avenir ! __ #numerama #virus #épidémie #science #actu ♬ son original – Numerama – Numerama Ce contenu est bloqué car vous n’avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par TikTok. 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J’accepte tout Gérer mes choix Comment un utilisateur a-t-il pu prédire l’arrivée de le hantavirus en 2026 ? Le compte en question a été créé en juin 2022. Son profil est, lui aussi, volontairement cryptique. Sur X, son pseudonyme — @iamasoothsayer — signifie littéralement « je suis un voyant » ou « un devin ». Sa biographie ? « Lit le futur », avec comme profession affichée : « astrologue ». Pourtant, le compte ne publie qu’une poignée de messages, essentiellement des citations en anglais au ton pseudo-philosophique, du type : « L’amour est jaloux, mais avec des limites. Il est possessif, mais jamais avide. » À première vue, davantage un apprenti poète qu’un prophète. La seule publication prétendant réellement anticiper l’avenir est ce fameux message affirmant que le covid-19 prendrait fin en 2023, avant qu’un hantavirus n’émerge en 2026. Reste que celle-ci ne cumule pas moins de 139 000 likes. Dans les faits, il existe une technique bien connue sur X : rendre son compte privé, publier des dizaines — voire des centaines — de prédictions suffisamment vagues ou plausibles, puis attendre qu’un événement finisse par se produire. Une fois la « prophétie » réalisée, il suffit de supprimer les mauvaises prédictions avant de repasser le compte en public pour mettre en scène une troublante coïncidence. Comment expliquer la mention spécifique du hantavirus ? En réalité, cette famille de virus est connue depuis longtemps. Décrits dès les années 1950, les hantavirus font l’objet d’une surveillance sanitaire depuis des décennies. Ils figurent régulièrement parmi les agents pathogènes évoqués comme candidats potentiels à une future épidémie — voire pandémie — aux côtés d’autres virus zoonotiques comme Nipah ou certaines fièvres hémorragiques. Le covid-19 a d’ailleurs largement popularisé l’idée de « prochaine pandémie ». Entre 2021 et 2022, les listes de « virus à surveiller » se sont multipliées dans les médias et les publications scientifiques, avec le hantavirus parmi les suspects récurrents. Le MV Hondius. // Source : Fdesroches Un détail technique rend toutefois le scénario du nettoyage massif un peu moins évident qu’il n’y paraît : via l’API publique de X, la suppression de publications (DELETE /2/tweets/:id) est limitée à 50 requêtes toutes les 15 minutes et par utilisateur. Effacer des centaines de messages aurait donc été particulièrement fastidieux — sauf si la prédiction retenue concernait déjà un virus largement connu et régulièrement cité (ce qui est le cas ici). Évidemment, une autre hypothèse existe : celle d’une personne disposant d’un accès aux outils internes de X — interfaces d’administration, bases de données ou métadonnées — qui aurait pu créer ou modifier rétroactivement le tweet. Rien ne permet de l’affirmer publiquement, mais ce scénario n’est pas totalement impossible non plus. Pour rappel, en 2013, deux chercheurs américains ont même tenté d’identifier de véritables voyageurs temporels en fouillant le web et les réseaux sociaux à la recherche de mentions impossibles — comme « Pope Francis » avant son élection ou « Comet ISON » avant sa découverte. Leur conclusion était claire : aucune preuve solide n’avait été trouvée. Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! Installer Numerama Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer ! 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