● Phonandroid 📅 07/05/2026 à 11:32

L'Europe teste son premier vaisseau réutilisable, et les résultats donnent des raisons d'y croire

Énergie & Environnement 👤 Alexandre Mathiot
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Pendant que SpaceX fait la course en tête, l'Europe prépare discrètement sa réponse. Le Space Rider de l'ESA, premier vaisseau réutilisable du continent, vient de passer deux séries de tests critiques. Et il s'en sort plutôt bien. Source : ESA La conquête spatiale se transforme peu à peu en course à la réutilisabilité. SpaceX a imposé ce standard en relançant ses fusées Falcon 9 des dizaines de fois. L'Europe avait réduit sa dépendance à la firme americaine grâce au lancement d'Ariane 6 . Mais la fusée n'est pas réutilisable, contrairement à ses concurrentes américaines. Dans ce contexte, l'ESA développe une alternative d'un genre différent. Cette alternative, c'est le Space Rider. Ce vaisseau sans équipage peut rester environ deux mois en orbite basse. Il ramène ensuite des données et du matériel scientifique sur Terre, avant d'être relancé. Le Starship d'Elon Musk affiche des ambitions toujours plus grandes en matière de réutilisabilité. Le Space Rider vient de franchir deux jalons décisifs pour l'Europe. Source : ESA Le Space Rider passe ses premiers tests à 1 600°C et prépare des largages depuis un hélicoptère Selon un communiqué de l'ESA publié le 29 avril, le Space Rider a réussi ses tests en soufflerie plasma. Ces essais ont eu lieu au Centre de recherche aérospatiale italien, la CIRA. Le matériau de protection thermique, une céramique baptisée ISiComp, a subi des températures de 1 600°C. Un jet de gaz propulsé à dix fois la vitesse du son a servi à le tester. Le dessous du vaisseau compte 21 tuiles et des volets de contrôle fabriqués dans ce matériau. L'agence a aussi évalué le comportement du revêtement face à des impacts de débris spatiaux. En parallèle, un modèle grandeur nature a été assemblé pour tester la phase d'atterrissage. Ce prototype embarque les avioniques du vaisseau et un parafoil, une voilure dirigeable pilotée de façon autonome. C'est cette technologie qui permettra au Space Rider d'atterrir sur une piste, sans s'écraser dans l'océan. Plusieurs largages depuis hélicoptère sont prévus plus tard cette année sur le site de Salto di Quirra, en Sardaigne. Aldo Scaccia, responsable du segment spatial Space Rider à l'ESA, a salué ces avancées dans le communiqué de l'agence. L'ESA espère lancer le Space Rider avant la fin de la décennie. Si le programme tient ses promesses, l'Europe disposera d'un outil orbital réutilisable pour la recherche scientifique, à moindre coût. Un atout qui changerait durablement sa place dans la nouvelle économie spatiale.
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