● Courrier International 📅 07/05/2026 à 12:16

“Torture en uniforme” : le Portugal confronté aux violences policières

Géopolitique
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La presse portugaise consacre sa couverture aux violences policières commises par les forces de l’ordre. Il s’agit de la troisième vague d’arrestations depuis l’an dernier, avec au total 24 policiers mis en cause. PHOTO PEDRO NUNES/REUTERS L’affaire occupe la une de la presse du Portugal depuis deux jours. Le pays est en effet secoué par un scandale de violences policières centré sur les commissariats du Rato et du Bairro Alto, à Lisbonne. À ce stade, 24 policiers ont été mis en cause après une nouvelle vague d’arrestations, la troisième : treize agents et deux chefs ont été arrêtés cette semaine, après de premières interpellations en 2025, rapporte le Jornal de Notícias. Dans un éditorial intitulé “Torture en uniforme”, le quotidien dénonce la brutalité des faits qui leur sont reprochés, mais aussi leur banalisation et leur diffusion entre collègues : “Des agressions physiques d’une extrême violence, infligées à des victimes particulièrement vulnérables, ont été filmées et partagées dans des groupes WhatsApp avec une froideur qui entre en collision totale avec la mission de ceux qui portent un uniforme de police.” À lire aussi : Portugal. Réelle ou fantasmée ? L’insécurité en débat à Lisbonne et Porto Plus précisément, les enquêteurs soupçonnent des actes de torture, passages à tabac, humiliations, abus de pouvoir et même viols commis sur des détenus. Les victimes visées étaient principalement des sans-abri, toxicomanes, immigrés sans papiers ou petits délinquants. Selon le parquet, certains policiers auraient agi “par plaisir d’humilier”. “Nettoyer” les effectifs L’affaire relance le débat sur les dérives au sein des forces de sécurité portugaises. Entre 2022 et avril 2026, 129 membres des forces de l’ordre – 82 policiers et 47 gendarmes – ont été exclus ou mis à la retraite d’office pour des faits allant des violences aux manquements éthiques, mais aussi à la violence domestique, annonce en une ce matin Público. Interrogés, des responsables policiers réclament désormais un filtrage plus strict des recrues (avec un accès au dossier scolaire et aux comptes bancaires), davantage de supervision hiérarchique et l’installation de caméras dans les commissariats. À lire aussi : Violences. Au Portugal, la menace néonazie se précise et inquiète l’Europe Dans son éditorial ce matin, le journal présente le nouveau ministre de l’Intérieur, Luís Neves – ancien patron de la police judiciaire de 2018 à février 2026, lors de sa nomination par Luís Montenegro, le chef de l’actuel gouvernement social-démocrate (centre droit) –, comme un homme décidé à “nettoyer” les forces de sécurité : “Le fait d’arracher les mauvaises herbes à la racine peut renforcer le principe selon lequel ‘personne n’est au-dessus de la loi’ – pas même ceux qui ont juré de la protéger.” Les résultats de cette ligne dure au nom de l’État de droit portent leurs fruits : depuis que Luís Neves assume des fonctions gouvernementales, 11 agents ont été écartés entre février et avril. Dans son éditorial, le Correio da Manhã va même plus loin et voit Luís Neves comme “la véritable ‘pop star’ politique du gouvernement de Luis Montenegro”, alors que personne ne se démarquait jusque-là : “Le gouvernement est devenu un one-man-show. Le nouveau ministre de l’Intérieur a asséché tout l’espace autour de lui en quelques semaines.” Au point de faire de l’ombre à André Ventura, le leader du parti d’extrême droite Chega et chef de l’opposition au Parlement. Courrier international Lisbonne Démocratie et sécurité Europe Sur le même sujet Scandale. Portugal : un réseau “mafieux” exploitant des migrants démantelé, dix gendarmes arrêtés Politique. Au Portugal, le “dilemme” du Premier ministre face à l’ascension de l’extrême droite Politique. Le “cadeau de Noël” de la justice portugaise au Premier ministre Luís Montenegro Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Festival Europavox Tentez de remporter un pass VIP 3 jours pour le festival de musique Euparovox du 26 au 28 juin à Clermont-Ferrand. Je participe → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance →
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