● Courrier International
📅 07/05/2026 à 09:17
En Somalie, une élection présidentielle à la tenue plus qu’incertaine
Géopolitique
Le président somalien, Hassan Cheikh Mohamud, lors d’un sommet diplomatique à Antalya, en Turquie, le 17 avril 2026. PHOTO OSMANCAN GURDOGAN/ANADOLU/AFP “Le compte à rebours politique est lancé”, titre Geeska. Alors que le mandat de l’actuel président, Hassan Cheikh Mohamud, arrive à son terme le 15 mai, dans seulement neuf jours, la Somalie aborde “un tournant décisif” de son histoire politique, poursuit le média indépendant. Bousculée par une controverse survenue avec l’adoption d’une nouvelle Constitution, le 4 mars, vue comme une “victoire historique” par le gouvernement de Mogadiscio, rappelle Africanews, la Somalie va devoir organiser une élection présidentielle aux modalités plus qu’incertaines. À lire aussi : Instable. La Somalie a un nouveau président mais les chebabs restent les maîtres du pays La nouvelle Constitution refonde l’entièreté du système électoral somalien tel qu’il a été établi par la Constitution de 2012. Elle permet l’élection au suffrage universel direct des députés et des sénateurs, au lieu d’un système indirect et clanique, avant la prochaine élection présidentielle. Ce que les partis de l’opposition refusent fermement, interrompant toute discussion avec le gouvernement fédéral, alors que la date de l’élection doit être déterminée. La Somalie se trouve dans une impasse, celle d’“un nouvel ordre constitutionnel sans consensus sur la manière de le mettre en œuvre, laissant en suspens la question du calendrier et des modalités des élections”, constate The East African. Des négociations déjà compromises ? L’autre controverse suscitée par cette réforme est le passage du mandat présidentiel de quatre à cinq ans, prolongeant d’un an à compter de mai le mandat de Hassan Cheikh Mohamud, et consécutivement la durée du mandat des parlementaires. Mais l’opposition ne l’entend pas de cette oreille. Le 2 mai, le Somalia’s Future Council (Conseil de l’avenir de la Somalie), constitué en 2025 par les présidents du Puntland (Nord-Est) et du Jubaland (Sud) pour s’opposer au gouvernement fédéral de Mogadiscio, a déclaré qu’à compter du 15 mai, le président ne serait plus qu’un “citoyen ordinaire” et qu’il ne reconnaîtrait plus son autorité, rapporte Hiiran Online. Puntland, Somalie COURRIER INTERNATIONAL Dans l’impasse, Hassan Cheikh Mohamud a invité l’opposition à une réunion consultative le 10 mai pour tenter de trouver un accord sur le cadre électoral. Mais quelques heures avant la publication de l’invitation officielle du gouvernement fédéral, les responsables de l’opposition ont publié une déclaration qui accusait “une fois de plus” celui-ci de “saper les processus démocratiques, de violer la Constitution et de mener des actions sécuritaires à motivation politique” qui menacent le dialogue et plongent le pays dans une “transition politique dangereuse”, écrit Geeska. À lire aussi : Somalie. La région du Puntland conteste l’autorité de Mogadiscio : vers une deuxième sécession ? L’opposition n’a pas encore répondu à l’invitation, qu’elle décrit comme une simple “formalité”, le gouvernement fédéral étant en réalité “réticent à tout dialogue véritable”, selon le Somali Guardian. De con côté, sans attendre de réponse de la part de l’opposition, le gouvernement fédéral a publié le 3 mai un calendrier électoral sur Facebook, fixant la date des premières élections au 10 mai. Une publication “controversée”, qui risque de compromettre les négociations déjà prévues sur la feuille de route électorale, constate Geeska dans un autre article. Le test de l’État du Sud-Ouest Selon la Commission électorale nationale indépendante de Somalie (NIEBC), l’État du Sud-Ouest (Koonfur Galbeed) serait le premier État fédéré à voter, avec la tenue d’élections locales et parlementaires le 10 mai, suivies des élections à la chambre basse le 18 mai et de l’élection présidentielle de l’État le 23 mai. Cette élection devrait permettre de remplacer l’ancien gouvernement du président de l’État du Sud-Ouest, Abdiaziz Laftagareen, destitué par le gouvernement fédéral après qu’il a rejeté la réforme constitutionnelle et organisé une élection présidentielle régionale contestée par Mogadiscio le 28 mars. Le 30 mars, l’armée fédérale somalienne a même pris le contrôle de la ville de Baidoa, capitale de l’État fédéré. Une réaction du gouvernement fédéral qui a inquiété l’ancien Premier ministre somalien Abdiweli Cheikh Ahmed, qui a déclaré sur X : “Si le gouvernement fédéral déploie des troupes pour résoudre un conflit politique […], quelle protection reste-t-il aux autres États fédérés contre le même sort ?” L’État du Sud-Ouest, un des sept États membres de la République fédérale de Somalie, qui détient aussi le plus important bloc de représentants au Parlement fédéral, est ainsi devenu “un test pour la durabilité des relations fédérales”, dans un contexte de conflit électoral qui s’aggrave, constate The East African. À lire aussi : Attentats. La “guerre totale” de la Somalie contre le groupe terroriste Al-Chabab Alors que le pays est toujours confronté à une menace insurrectionnelle majeure de la part du groupe Al-Chabab, affilié à Al-Qaida, qui continue de s’étendre dans les États proches de Mogadiscio, les responsables politiques somaliens vont devoir se mettre d’accord sur les modalités électorales avant le 15 mai. Sans quoi le Conseil de l’avenir a déclaré qu’il serait amené à prendre des “mesures responsables pour préserver l’unité et la continuité de l’État”, telles qu’un “gouvernement parallèle”, ajoute le Somali Guardian. Claire Fieux Démocratie Afrique Géopolitique Nos lecteurs ont lu aussi Climatiques. Faire du neuf avec du vieux, le réemploi casse la baraque dans l’architecture Moyen-Orient. La trêve au Liban fragilisée par une frappe israélienne sur Beyrouth, la première en un mois Élections. En Écosse, les indépendantistes vers une nouvelle victoire… sans soif d’indépendance Vu de Belgique. Bally Bagayoko, la nouvelle coqueluche de la gauche de rupture Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Festival Europavox Tentez de remporter un pass VIP 3 jours pour le festival de musique Euparovox du 26 au 28 juin à Clermont-Ferrand. Je participe → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance →
🔗 Lire l'article original
👁️ 1 lecture