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📅 07/05/2026 à 08:30
Starship ne pourra pas bâtir une ville sur Mars sans aller chercher ces matériaux dans l'espace
Cybersécurité
👤 Brice Haziza
Starship ne pourra pas bâtir une ville sur Mars sans aller chercher ces matériaux dans l'espace Par Brice Haziza (@_NotreEspace_) Publié le 07/05/26 à 08h30 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 3 © ABIBOO Studio, Gonzalo Rojas, Sebastián Rodriguez & Verónica Florido - Nuwa City, projet de ville martienne Elon Musk a beau marteler que le Starship est la clé de Mars, la logistique d'une cité d'un million d'âmes, ou même beaucoup moins, se heurte à un mur comptable. Même en poussant le futur vaisseau de SpaceX à son maximum – soit 115 tonnes de charge utile injectées vers la Planète Rouge – le compte n'y est pas pour bâtir une civilisation. Pour passer à l'échelle industrielle, il faut changer de fournisseur et se servir directement dans la ceinture d'astéroïdes.Le Starship reste limité avec un centaine de tonnes transportable vers Mars.© SpaceXL'impasse géologique martienne L'idée de l'utilisation des ressources in situ (ISRU) est le mantra actuel : extraire de l'oxygène de l'air et de l'eau de la glace martienne. Mais pour le fer et les métaux lourds, nos connaissances sont formelles et implacables : Mars est une terre pauvre.Contrairement à la Terre, Mars n'a pas bénéficié (ou bien trop peu de temps) d'une tectonique des plaques active capable de concentrer les métaux dans des filons exploitables. Le fer y est omniprésent mais dilué, rendant son extraction locale infiniment plus énergivore que le simple “ramassage” spatial de blocs de métal pur.115 tonnes à la CeintureC'est ici que la physique orbitale entre en jeu. L'étude identifie 22 paires d'astéroïdes (un mix stratégique entre les types M ferreux et les types C carbonés) dont les orbites sont idéalement synchronisées avec Mars. L'étude évoque une fenêtre de vingt ans à partir de 2040 pour qu'un seul vaisseau puisse “sauter” de l'un à l'autre astéroïde en ramenant 200 tonnes de fer. Le handicap de la Terre : envoyer les matériaux nécessaires à une ville depuis notre sol nécessiterait des milliers de lancements de Starship de 115 tonnes. L'atout Delta-v : le changement de vitesse (Delta-v) pour ramener des ressources de la ceinture vers Mars est de seulement 2 à 4 km/s, contre 12 à 15 km/s depuis la Terre. Un multiplicateur de masse : grâce à cette faible dépense énergétique, un seul remorqueur spatial peut acheminer vers Mars une masse équivalente à des dizaines de Starships pour une fraction du carburant. Une économie de transformation orbitaleLe schéma industriel devient alors limpide : Mars devient le terminal de réception idéal grâce à son atmosphère qui permet l'aérocapture. Les cargaisons métalliques venues de la ceinture peuvent freiner "gratuitement" en utilisant la friction atmosphérique pour s'insérer en orbite.Pendant que les types M fourniraient l'acier pour les structures, les types C apporteraient l'eau, le carbone et l'azote essentiels à la vie et aux cultures. À lire également : Un “raccourci spatial” pour aller sur Mars en seulement 56 jours est découvert, mais à quel prix ? Richesses du MondeLe rêve – de certains – de bâtir une ville sur Mars se heurte à des défis technologiques qui vont bien au-delà du déjà complexe transport d'un équipage. Le Starship de 115 tonnes reste le bus indispensable pour amener les pionniers (qui risqueront leur vie), mais il ne pourra jamais être le camion de chantier de la Planète Rouge. Pour bâtir en grand, nous devrons apprendre à détourner les richesses de la ceinture d'astéroïdes. Mars ne serait alors pas une colonie isolée, mais la première puissance industrielle exploitant son propre arrière-pays spatial. Tout cela paraît bien loin... Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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