● Courrier International 📅 06/05/2026 à 16:02

La Norvège veut produire plus de pétrole et de gaz, “une folie” pour les écologistes

Géopolitique
Illustration
Une plateforme exploitant le gisement pétrolier norvégien de Gullfaks, en mer du Nord, en août 2023. PHOTO Nora Buli/REUTERS La nouvelle est arrivée de Stavanger, la capitale pétrolière du royaume de Norvège. En visite dans ce port de la côte ouest, mardi 5 mai, le Premier ministre, Jonas Gahr Store, a annoncé que de nouvelles zones offshore seraient bientôt ouvertes à l’exploration, dans le but d’en extraire du pétrole et du gaz dès que possible. Au total, 70 blocs seront ainsi proposés aux compagnies, qui ont jusqu’au 1er septembre pour répondre à l’appel d’offres. À lire aussi : Hydrocarbures. Crise énergétique : la relance des forages en mer du Nord divise le Royaume-Uni De plus, trois anciens champs gaziers fermés depuis près de trente ans dans la partie norvégienne de la mer du Nord – Albuskjell, Vest Ekofisk et Tommeliten Gamma, au sud-ouest du royaume – seront rouverts à la production, grâce au recours à de nouvelles technologies, précise le quotidien économique Dagens Naeringsliv. Avec ces décisions, l’industrie pétrolière pourra continuer à “procurer des emplois de qualité dans tout le pays, à garantir notre État providence et à contribuer à la sécurité énergétique de l’Europe”, a commenté le dirigeant travailliste, cité par Aftenposten. “Climat d’inquiétude” Très attendues par un secteur stratégique qui assure la richesse du royaume depuis des décennies, ces nouvelles surviennent “dans un climat d’inquiétude”, marqué avant tout par “des marchés énergétiques instables en raison du conflit au Moyen-Orient”, souligne Dagens Naeringsliv. À lire aussi : Idées. La “pétromélancolie”, ça suffit : pourquoi avons-nous tant de mal à renoncer à l’or noir ? L’inquiétude, c’est également ce qui ressort des réactions de certaines formations politiques et d’ONG opposées au développement de nouveaux champs pétroliers et gaziers au large des côtes. Elles dénoncent en particulier l’ouverture à la prospection de zones très proches du littoral, tant au sud-ouest du royaume qu’à l’extrême nord, en mer de Barents. “C’est de la folie”, peste dans Aftenposten Lars Haltbrekken, un député du Parti socialiste de gauche. D’autant que, ajoute cet ancien militant écologiste, les experts sur lesquels le gouvernement est censé s’appuyer pour prendre de telles décisions lui ont déconseillé d’aller de l’avant dans ce dossier. L’“escargot” norvégien En effet, comme le rapportait à la fin du mois d’avril le site de la radiotélévision publique NRK, l’Agence norvégienne de l’environnement avait mis en garde contre l’ouverture de certains des 70 blocs à l’extraction d’hydrocarbures. Plusieurs d’entre eux se trouvent “à seulement quelques kilomètres de la terre ferme”, des zones extrêmement vulnérables “en cas de fuite accidentelle de pétrole”, avait alerté l’agence publique dans sa réponse au gouvernement. À lire aussi : Législatives. En Norvège, les travaillistes vont continuer à gouverner, malgré la montée protestataire Le fait que 38 des 70 blocs annoncés se situeront en mer de Barents, tout au nord, n’est pas non plus pour dissiper les craintes. Cet espace arctique est longtemps resté inexploité pour des raisons environnementales, mais aussi car les conditions y étaient jugées peu propices à une extraction sûre et rentable des hydrocarbures. Ce n’est toutefois plus le cas dans sa partie la plus méridionale, à cause de l’épuisement progressif des réserves extraites dans des zones plus favorables. Interrogé par Dagens Naeringsliv, le ministre de l’Énergie, Terje Aasland, a assuré que les risques environnementaux seraient toujours pris en compte avant tout feu vert à l’extraction dans les 70 nouveaux blocs – pour l’heure ouverts uniquement à l’exploration. En outre, la Norvège se doit de prévoir l’exploitation future de ses hydrocarbures si elle veut éviter “une chute brutale” du secteur. La transition vers d’autres énergies doit être “progressive et gérable”, a-t-il répondu à ses détracteurs. À lire aussi : Économie. En Norvège, les terres rares pourraient prendre la relève du pétrole Mais la principale formation d’opposition, le Parti du progrès (populiste et xénophobe), juge le gouvernement trop timoré dans sa politique pétrolière. Pour Kristoffer Sivertsen, un de ses députés, cité par NRK, le pays “avance à la vitesse d’un escargot” dans le domaine, alors que “le monde traverse la pire crise énergétique de son histoire”. Antoine Jacob Énergie Gaz Transition énergétique Europe Environnement Géopolitique Sur le même sujet Prêt. La Norvège pourrait-elle être la clé du financement de l’effort de guerre ukrainien ? Élections. En Norvège aussi, l’impôt sur la fortune est au cœur des débats Économie. Les réserves de précaution, ce “chacun pour soi” qui aggrave la crise de l’énergie Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Festival Europavox Tentez de remporter un pass VIP 3 jours pour le festival de musique Euparovox du 26 au 28 juin à Clermont-Ferrand. Je participe → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance →
← Retour