● Courrier International
📅 06/05/2026 à 14:13
Vhils, l’artiste portugais qui change notre regard sur les murs
Géopolitique
Au milieu des maisons colorées de Portobello Road dans le quartier de Notting Hill à Londres, la façade d’un café attire tous les regards. Au-dessus de sa terrasse, deux yeux blancs immenses, gravés dans le mur, semblent scruter les passants. Ce regard profond n’est autre que la signature d’Alexandre Farto, un artiste urbain portugais plus connu sous le nom de Vhils. À l’occasion de la parution d’un numéro exceptionnel de Courrier international, en kiosque dès le 7 mai, l’artiste portugais signe une collaboration inédite : quatre couvertures en relief conçues à partir d’affiches du magazine, et un numéro entièrement illustré par ses œuvres, avec un long focus sur son travail dans les pages 360. À lire aussi : À la une du magazine. L’artiste Vhils, invité de “Courrier international” : les coulisses d’un numéro spécial Né en 1987 à Lisbonne, Vhils se passionne dès l’adolescence pour l’art urbain, en graffant notamment des wagons. En grandissant, son regard sur les murs évolue et il se met à les considérer “comme des surfaces qui absorbent le passage du temps”, comme il l’explique dans un long entretien à Courrier international. Vhils délaisse alors les bombes de peinture pour des marteaux-piqueurs. Creuser la matière Avec ces nouveaux outils, il se met à entailler, gratter, creuser la matière pour faire apparaître les différentes strates du passé. De ces surfaces érodées émergent des portraits d’hommes et de femmes aux regards habités. Ces visages permettent, dit-il, de recréer en une connexion entre les murs d’une ville et ses habitants. Et ça fonctionne. En 2008, alors qu’il n’a que 21 ans, Vhils rassemble plusieurs de ses portraits dans une œuvre intitulée Scratching the Surface au Cans Festival de Londres. Installée juste à côté de celle d’un certain Bansky, elle ne passe pas inaperçue et lui vaut un premier succès. Au fil des années, son art se diversifie. Vhils conserve sa technique de gravure et son goût pour les visages, tout en explorant d’autres matériaux, comme le papier, le bois ou encore les azulejos, ces carreaux de faïence emblématiques de l’urbanisme portugais. Peu à peu, il s’impose sur la scène internationale. De Moscou à São Paulo, en passant par Lodz en Pologne, Le Caire ou Hong Kong, où il a longtemps eu un atelier, ses visages se révèlent dans les villes du monde entier. Ce succès ne l’éloigne pas pour autant des enjeux sociaux : l’artiste continue de travailler dans des quartiers défavorisés, notamment dans les favelas de Rio de Janeiro, où ses œuvres dialoguent avec l’histoire et les habitants des lieux. Mélissa David Lisbonne Art Vidéo Société Street art Sur le même sujet Vu du Royaume-Uni. Les tiers-lieux parisiens comme “antithèse aux soirées Netflix et à la livraison à domicile” Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Festival Europavox Tentez de remporter un pass VIP 3 jours pour le festival de musique Euparovox du 26 au 28 juin à Clermont-Ferrand. Je participe → Paris Globe Festival Tentez de remporter un pass valable pour 2 spectacles au choix parmi la sélection du festival Paris Globe du 27 mai au 4 juin. Je tente ma chance →
🔗 Lire l'article original
👁️ 1 lecture