● BFM Tech
📅 05/05/2026 à 17:35
Un budget multiplié par 240 l’année prochaine: le groupe du Pentagone en charge des systèmes autonomes veut créer des drones et robots plus intelligents pour les conflits futurs
Géopolitique
Le Pentagone recherche des drones plus intelligents et auto-organisés (photo d'illustration/ US Marine Corp) - US Marine CorpLe Pentagone et la DARPA développent de nouveaux programmes, soutenus par des budgets de plusieurs milliards de dollars, autour de drones et de robots plus intelligents et autonomes, destinés aux guerres futures. L’objectif est de réduire le nombre d’opérateurs humains nécessaires pour superviser ces systèmes et conduire les opérations sur le terrain.C'est un peu paradoxale, mais les armes sans pilote nécessitent en réalité un personnel nombreux. "Chaque patrouille aérienne de combat Predator assurant une surveillance continue de nécessiter près de 150 personnes", rappellent dans les colonnes de The Hill, David Petraeus, général de l’armée de terre à la retraite et ancien directeur de la CIA, et le chercheur Isaac Flanagan."Face à l’explosion de la demande en matière de couverture par drones, le facteur limitant n’était plus le nombre d’appareils, mais le personnel formé et la structure organisationnelle nécessaires à leur fonctionnement." Pour répondre à cette problématique, l’armée américaine tente d’adapter son modèle.Le Pentagone et la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), l'agence de recherche avancée département de la Défense des États-Unis, à qui on doit notamment Internet, développent de nouveaux programmes visant à permettre à un nombre réduit d’opérateurs humains de contrôler des essaims de robots autonomes.Un opérateur contrôle le système robotique terrestre universel Ravlyk lors d'une démonstration en Ukraine (photo d'illustration) © Oleksandr Klymenko/Ukrinform/NurPhotoCes projets visent à renforcer l’intelligence et la coopération des systèmes pour mener des missions complexes, dans un contexte où les investissements dans la guerre par drones pourraient atteindre des niveaux colossaux d’ici 2027. À titre indicatif, le budget du Defense Autonomous Working Group (Groupe de travail de défense autonome) du Pentagone chargé des systèmes autonomes passerait de 226 millions de dollars cette année... à 54 milliards de dollars dans le cadre du budget prévisionnel pour 2027. Ce qui correspondrait à une multiplication par 240 de ses fonds d'une année à l'autre.Des projets robotiques plus autonomesLe site spécialisé Defense One rappelle que le programme "Materials for Physical Compute in Untethered Robotics" vise aujourd'hui à développer des robots capables de traiter l’information et de raisonner localement, sans dépendre de centres de données externes, afin de réduire la latence et la consommation d’énergie liée aux échanges de données.Le projet encourage également une refonte profonde de la conception des robots, en allant au-delà de simples assemblages mécaniques, pour explorer de nouveaux matériaux et "approches physiques et chimiques" susceptibles d’améliorer leur intelligence et leur adaptabilité dans des environnements complexes et évolutifs, transformant ainsi les capacités de l’intelligence artificielle embarquée.Un drone MQ-1B Predator de l'US Air Force, transportant un missile air-sol Hellfire, passe devant un avion cargo C-130 Hercules sur une base aérienne dans la région du Golfe persique le 7 janvier 2016 (photo illustration) © Photo par JOHN MOORE / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFPEn d’autres termes, rendre ces solutions beaucoup plus autonomes et indépendantes une fois sur le terrain. Mais ce n’est pas tout. Les forces armées amércaines multiplient aussi les initiatives pour encadrer l’essor des systèmes autonomes au-delà des programmes de la DARPA.La DIU, service d’innovation du département de la Défense, organise notamment un concours visant à permettre le contrôle des drones via des commandes en langage naturel, à la manière d’instructions données à un soldat ou à un outil d’IA.Ces efforts s’inscrivent dans un débat plus large sur le décalage entre l’évolution rapide des technologies et la doctrine militaire, soulevé par plusieurs experts comme David Petraeus et Isaac Flanagan: faut-il adapter la doctrine à la technologie, ou l’inverse?Dans ce contexte, le commandement Sud des États-Unis (Southcom) a d'ores et déjà annoncé la création d’une unité dédiée à la guerre autonome, chargée de "maximiser le déploiement efficace des systèmes autonomes". Ce qui ressemblait à de la science-fiction il y a encore quelques années devient aujourd’hui une réalité.Les plus lusPrésidentielle 2027: le RN toujours en tête des intentions de vote selon un nouveau sondage, Édouard Philippe bien placéL'avion du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez contraint d'atterir en urgence en Turquie en raison d'un "imprévu technique"Audiovisuel public: une plainte contre X pour prise illégale d'intérêts déposée, le rapporteur Charles Alloncle ciblé par l'association AC!! Anti-CorruptionReal Madrid: "Chacun fait ce qu'il juge bon pendant son temps libre", la réponse d'Arbeloa sur la virée de Mbappé en Sardaigne38 millions de visiteurs accueillis pour 10 millions d'habitants: face au surtourisme dont son économie dépend largement, la Grèce augmente son nombre de plages protégées (sans transats, ni bars, ni parasols)
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