● BFM Tech 📅 05/05/2026 à 16:22

Psy, amies, conseillères... Les jeunes européens font confiance aux IA conversationnelles pour parler de leur santé mentale, sans toujours en mesurer les risques

Cybersécurité
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48% des jeunes utilisent l'intelligence artificielle conversationnelle pour parler de sujets personnels ou intimes, selon une enquête du groupe mutualiste VYV et de la Cnil - Olivier Douliery / AFPSelon une étude européenne du Groupe VYV et de la CNIL, les IA conversationnelles ne sont plus seulement utilisées pour apprendre ou s’informer. Elles deviennent aussi des espaces de confiance pour discuter de l'anxiété ou des difficultés personnelles... alors même que les jeunes reconnaissent ne pas comprendre leur fonctionnement.Près de neuf jeunes sur dix en France utilisent aujourd’hui une intelligence artificielle conversationnelle. Mais pour beaucoup, l’outil ne sert plus seulement à réviser ou chercher une information, mais aussi à parler de soi. Près d’un sondé sur deux y aborde des sujets personnels, selon une enquête européenne commandée par le Groupe VYV et la CNIL, révélée ce mardi 5 mars.Selon cette étude réalisée en janvier 2026 par Ipsos BVA auprès de 3.800 jeunes âgés de 11 à 25 ans, l'usage déborde désormais largement le cadre scolaire ou pratique. 48% des jeunes interrogés disent avoir déjà utilisé une IA pour parler de leur vie personnelle. Ils discutent avec les chatbots de leur stress, des problèmes avec leurs proches et reçoivent des conseils lorsqu'ils sont tristes, en colère ou en détresse psychologique et émotionnelle.Un tiers des jeunes européens vont jusqu’à lui attribuer un rôle de "psy" dans certaines situations. Un chiffre qui grimpe à 46% pour les Français ou pour les jeunes qui déclarent souffrir d’anxiété. Ce qui n'empêche pas plus d'un tiers des jeunes (34%) à avoir utilisé une IA pour des sujets personnels de déclarer s’être déjà sentis mal à l’aise à la suite d’un conseil reçu.Un "soutien supplémentaire"Extrait de l'étude Ipsos BVA pour le Groupe VYV et la CNIL "l'impact des usages de l'IA sur la santé mentale des jeunes Européens" © étude AI*me, mai 202646% des jeunes français de 11 à 25 ans considèrent l'IA comme une psy, selon l'étude Ipsos BVA pour le Groupe VYV et la CNIL sur "l'impact des usages de l'IA sur la santé mentale des jeunes Européens". Ils sont 64% à la considérer comme une conseillère de vie et 54% comme une amie.Sans remplacer les proches, ces outils s’ajoutent aux échanges habituels. Famille et amis restent les premiers interlocuteurs en cas de difficulté. Mais l’IA devient un recours complémentaire, disponible à tout moment, perçue comme neutre et sans jugement. Pour la moitié d'entre eux, l'IA aiderait même à se sentir mieux et à avoir davantage confiance en soi.Culture IA : L'IA au service de la santé mentale - 06/03 4:15Ce rôle émergent s’inscrit dans un contexte de fragilité psychologique. "L’intelligence artificielle conversationnelle apparaît comme un soutien supplémentaire", selon l'enquête, alors qu'en France, "plus d’un jeune sur quatre présente une suspicion de trouble anxieux généralisé".Les jeunes interrogés expriment un niveau de confiance important dans ces systèmes. Une large majorité (69%) estime que l'IA peut donner des conseils fiables. Elle serait même plus intelligente que les humains pour 39% des jeunes européens. Et plus de la moitié pense que les échanges restent privés et protégés.Mais cette confiance repose sur une compréhension limitée du fonctionnement de ces outils. En effet, seuls un tiers des jeunes disent savoir ce que deviennent réellement leurs données. Les jeunes Français, tout particulièrement, se déclarent moins bien informés sur ce que deviennent les informations confiées à l'IA que les jeunes des autres pays européens. Seuls 32% d'entre eux se considèrent bien informés, contre 46% des Allemands.Prévention et régulationSans surpise, les sondés espèrent voir les choses changer. Plus de 8 jeunes sur dix (85%) souhaitent être mieux informés sur les risques liés à ces outils et sur la manière dont leurs données sont utilisées. Les trois quarts des jeunes Français souhaitent notamment savoir ce que l'IA fait des informations qu'on lui confie, les types d'informations qu'il faut éviter de confier à l'IA et connaître les bonnes pratiques à avoir lorsqu'on utilise une IA.Extrait de l'étude Ipsos BVA pour le Groupe VYV et la CNIL sur "l'impact des usages de l'IA sur la santé mentale des jeunes Européens" © Etude VYV / CNIL.73% des jeunes Français souhaitent connaître les types d'informations qu'il faut éviter de confier à l'IA, selon l'étude Ipsos BVA pour le Groupe VYV et la CNIL sur "l'impact des usages de l'IA sur la santé mentale des jeunes Européens".Une partie de l’expression du mal-être des jeunes passe désormais par des outils numériques automatisés, en dehors des circuits traditionnels d’écoute. L'étude appelle donc à renforcer l’éducation au numérique et à mieux encadrer ces usages, sans chercher à les interdire."Quand des jeunes se tournent vers une IA pour parler de leur stress ou de leurs difficultés personnelles, ce n’est pas un détail technologique. C'est un fait de société", souligne Stéphane Junique, président du Groupe VYV. Il insiste sur la nécessité de "mieux informer, mieux prévenir et mieux accompagner", sans interdire ni banaliser ces usages.De son côté, Marie-Laure Denis, présidente de la CNIL, rappelle que ces outils collectent des données parfois sensibles "sans que nous en ayons toujours conscience". Elle plaide pour une meilleure transparence sur leur fonctionnement et sur les droits des utilisateurs, afin de permettre des choix éclairés. Autant d’usages qui interrogent désormais le rapport des jeunes à des outils dont ils maîtrisent encore imparfaitement les règles.Les plus lusPrésidentielle 2027: le RN toujours en tête des intentions de vote selon un nouveau sondage, Édouard Philippe bien placéL'avion du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez contraint d'atterir en urgence en Turquie en raison d'un "imprévu technique"Audiovisuel public: une plainte contre X pour prise illégale d'intérêts déposée, le rapporteur Charles Alloncle ciblé par l'association AC!! Anti-CorruptionReal Madrid: "Chacun fait ce qu'il juge bon pendant son temps libre", la réponse d'Arbeloa sur la virée de Mbappé en Sardaigne38 millions de visiteurs accueillis pour 10 millions d'habitants: face au surtourisme dont son économie dépend largement, la Grèce augmente son nombre de plages protégées (sans transats, ni bars, ni parasols)
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