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📅 05/05/2026 à 15:19
RGPD : LinkedIn dans le collimateur de Noyb
Cybersécurité
👤 Philippe Leroy
C’est une question en apparence simple, mais aux conséquences potentiellement considérables : a-t-on le droit de faire payer l’exercice d’un droit garanti par le RGPD ? C’est le cœur de la plainte déposée par Noyb, l’ONG autrichienne fondée par l’activiste Max Schrems, spécialisée dans les contentieux liés à la vie privée, contre LinkedIn auprès de l’autorité de protection des données en Autriche. Un modèle Premium sous le feu des critiques Le grief est précis. Noyb reproche au réseau social professionnel de conditionner l’accès à certaines données personnelles, notamment la liste des visiteurs d’un profil, à la souscription d’un abonnement payant. Or, selon l’association, ces informations relèvent du droit d’accès prévu par le RGPD, un droit que toute personne peut exercer gratuitement auprès d’une plateforme qui détient ses données. En clair : LinkedIn proposerait une fonctionnalité commerciale là où il devrait exister une obligation légale. Pour Noyb, la frontière entre service premium et entrave aux droits des utilisateurs est ici franchie. L’ONG demande à l’autorité autrichienne de contraindre LinkedIn à fournir une réponse complète à ses demandes d’accès et de sanctionner la plateforme. LinkedIn conteste Du côté de LinkedIn, on balaie les accusations. La plateforme assure respecter scrupuleusement le droit d’accès prévu par la réglementation européenne et conteste l’idée selon laquelle seules les formules Premium permettraient de savoir qui a consulté un profil. Lire aussi : Meta va licencier 8 000 employés pour financer ses ambitions en IA LinkedIn se prépare donc à un nouveau bras de fer réglementaire dans un contexte où les grands acteurs du numérique sont de plus en plus régulièrement attaqués sur leurs pratiques de collecte et de monétisation des données. Un précédent à fort enjeu Au-delà du cas LinkedIn, c’est toute l’architecture des modèles freemium qui pourrait être remise en cause si Noyb obtient gain de cause. De nombreuses plateformes segmentent en effet l’accès aux données entre version gratuite et offre payante. Une décision favorable à l’ONG dessinerait une nouvelle ligne rouge pour l’ensemble du secteur, fragilisant les modèles d’abonnement qui réservent certaines informations aux utilisateurs premium. À l’inverse, une décision en faveur de LinkedIn conforterait les plateformes dans leur stratégie de monétisation différenciée. Le verdict de l’autorité autrichienne est donc attendu avec attention, bien au-delà du seul monde du recrutement en ligne.
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