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Des chercheurs ont fabriqué du carburant propre avec... des déchets plastique et du soleil

Cybersécurité 👤 Aymeric Geoffre-Rouland
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Des chercheurs ont fabriqué du carburant propre avec... des déchets plastique et du soleil Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 05/05/26 à 08h06 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 3 © Image d'illustration Garun .Prdt - Bouteilles plastique collectées sur une plage en plein soleil : les deux ingrédients du procédé de photoréformage étudié par l'Université d'Adélaïde. Chaque année, plus de 460 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde. Une fraction, seulement, est recyclée. Le reste finit en décharge, dans les sols ou dans les océans.En parallèle, la quête de vecteurs énergétiques bas-carbone s'intensifie. Une équipe de l'Université d'Adélaïde, menée par la doctorante Xiao Lu, propose de traiter ces deux impasses conjointement : exploiter l'énergie solaire pour transformer les résidus plastiques en hydrogène et en composés chimiques valorisables.Comment la lumière décompose le plastiqueLe procédé repose sur le photoréformage solaire. Des matériaux photosensibles, appelés photocatalyseurs, absorbent le rayonnement lumineux et déclenchent la dégradation des chaînes polymères à basse température.Le plastique, riche en carbone et en hydrogène, libère alors du H₂ pur, de l'acide acétique et même des hydrocarbures de type diesel. Comparé à l'électrolyse classique de l'eau, ce chemin réactionnel se révèle plus économe en énergie : les polymères s'oxydent plus facilement que la molécule d'eau, ce qui abaisse le seuil énergétique nécessaire. Certains prototypes ont déjà fonctionné en continu pendant plus de 100 heures. Si nous parvenons à convertir efficacement les plastiques usagés en carburants propres grâce à la lumière solaire, nous pouvons répondre simultanément aux défis de la pollution et de l'énergie.Le timing de ces travaux n'est pas anodin. En juillet 2025, Stellantis a purement et simplement abandonné son programme hydrogène, faute de viabilité économique à moyen terme. Ce que le constructeur pointe du doigt, c'est notamment le coût de production de la molécule. Exactement ce que le photoréformage promet de faire baisser.Granulés de plastique broyé, matière première du procédé de photoréformage solaire étudié par les chercheurs de l'Université d'Adélaïde. Image d'illustration.© ScharfsinnDes verrous techniques encore solidesL'enthousiasme doit toutefois composer avec la réalité du terrain. Les gisements de déchets plastiques sont hétérogènes : PET, polyéthylène, polypropylène ne réagissent pas de la même façon, et les additifs (colorants, stabilisants) parasitent les réactions. Le tri et le prétraitement restent des étapes critiques.Côté catalyseurs, la durabilité pose problème : exposés à des conditions chimiques agressives, ils se dégradent au fil du temps. Enfin, la séparation des produits finaux, un mélange de gaz et de liquides, exige des procédés énergivores qui amputent le bilan environnemental global. Il subsiste un fossé entre le succès en laboratoire et l'application réelle. Nous avons besoin de catalyseurs plus robustes et de conceptions de systèmes plus abouties.Les travaux, publiés dans la revue Chem Catalysis, tracent néanmoins une feuille de route ambitieuse : réacteurs à flux continu, couplage solaire-thermique, outils de monitoring avancés. Le passage à l'échelle industrielle reste l'horizon des prochaines décennies, mais la démonstration de faisabilité, elle, est acquise. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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