● Les Numériques Télécom
📅 04/05/2026 à 21:30
L'administration Trump refuse que l'Europe utilise Mythos et se réserve l'IA "la plus dangereuse au monde"
Cybersécurité
👤 Nassim Chentouf
L'administration Trump refuse que l'Europe utilise Mythos et se réserve l'IA "la plus dangereuse au monde" Par Nassim Chentouf Publié le 04/05/26 à 21h30 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 3 © Shutterstock Le 4 mai 2026, les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis à Bruxelles pour discuter du fait qu'aucun gouvernement européen n'a accès à Mythos. Le modèle a déjà fait ses preuves, présenté le 7 avril 2026 dans le cadre du programme Project Glasswing.L'Europe aimerait bien utiliser MythosLors des évaluations internes, Mythos a trouvé des milliers de failles critiques en quelques jours. On parle d'un bug vieux de 27 ans dans OpenBSD, d'une faille d'exécution de code à distance dans FreeBSD ancienne de 16 ans et de 271 failles dans Firefox. Elles ont été corrigées par Mozilla. Le Turing Institute a confirmé que le modèle réalise ces découvertes sur des logiciels à code fermé.Sauf que voilà, aucune institution européenne n'a accès à Mythos. Les partenaires du programme Project Glasswing sont Amazon Web Services, Apple, Broadcom, Cisco, CrowdStrike, Google, JPMorgan Chase, la Linux Foundation, Microsoft, Nvidia et Palo Alto Networks. On ne trouve aucune banque européenne ou régulateur de la zone euro.La Maison-Blanche a bloqué une proposition d'Anthropic d'étendre l'accès à environ 70 organisations en plus. En parallèle, la NSA utilise Mythos dans le cadre d'accords conclus avant cette dispute. Le Pentagone a désigné Anthropic comme un risque pour la chaîne d'approvisionnement. En gros, Washington utilise le modèle, refuse de le partager et désigne son créateur comme un risque. À lire également : Sam Altman accuse Mythos d'Anthropic de "jouer sur la peur", puis fait exactement pareil avec Cyber C'est cette asymétrie qui a déclenché la réaction européenne. Carlos Cuerpo, ministre espagnol de l'Économie, a déclaré avant la réunion que Mythos "peut trouver des vulnérabilités ou des backdoors dans pratiquement toutes nos institutions, pas seulement dans le secteur financier, mais dans tous les secteurs".Il a évoqué le recours à "des instruments réglementaires et législatifs comme l'IA Act". Michael Theurer, superviseur bancaire en chef de la Bundesbank, est allé plus loin. "Je considère qu'il est nécessaire que la Commission européenne et les gouvernements européens approchent maintenant la société, ou plutôt les États-Unis, pour demander que la technologie soit partagée", a-t-il déclaré.Joachim Nagel, président de la Bundesbank, a précisé que "toutes les institutions concernées devraient avoir accès à une telle technologie pour éviter des distorsions de concurrence". Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a qualifié Anthropic d'opérateur responsable. Elle a aussi averti que le modèle "entre de mauvaises mains pourrait vraiment être dangereux". Kyriakos Pierrakakis, président de l'Eurogroupe, estime que la question est suffisamment grave pour encore être discutée lors de futures réunions.Anthropic nouerait un deal avec BruxellesLe régulateur financier suisse FINMA a pris une position différente. Un accès à Mythos mettrait les banques suisses en danger. Le modèle n'est pas le problème. C'est l'infrastructure qui manque pour encaisser ses résultats sans saturer les systèmes de gestion des incidents.Il faut dire que la situation a déjà échappé partiellement à tout contrôle. Quelques semaines après le lancement de Mythos, des utilisateurs non autorisés ont accédé à l'IA via des canaux privés. Anthropic a confirmé l'incident et ouvert une enquête. À lire également : J'ai écouté Sam Altman torpiller Anthropic sur Claude Mythos, pendant qu'OpenAI fuitait GPT-5.5 en silence L'Union européenne dispose du cadre réglementaire le plus complet au monde sur l'IA. L'IA Act impose des obligations de transparence et d'évaluation aux modèles d'IA les plus puissants. Mais il ne contient aucun levier pour contraindre une entreprise étasunienne à partager son modèle le plus avancé avec des institutions européennes.Trois scénarios se dessinent. Un accord bilatéral discret entre Washington et Bruxelles sur un accès contrôlé, le premier. Ensuite, le statu quo avec des mois de collecte de données pendant que l'écart persiste. Sinon, l'autonomie technologique européenne avec un investissement souverain dans un modèle comparable sous contrôle européen.Anthropic a indiqué en privé à des responsables européens qu'un accès serait prochainement disponible. Aucun accord formel n'a été signé. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
🔗 Lire l'article original
👁️ 2 lectures