● BFM Tech 📅 04/05/2026 à 18:50

"Saros", la dernière exclusivité Playstation, au cœur d'une vaste campagne de désinformation "anti-woke"

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Développé par le studio Housemarque et exclusif à la Playstation 5, "Saros" fait l'objet d'une campagne de mensonges organisés par des joueurs qui ne semblent pas accepter le scénario inclusif proposé.Une fausse information fait actuellement des dégâts sur les réseaux sociaux. Elle concerne le jeu vidéo Saros, dernière exclusivité en date de la Playstation 5 lancée le 30 avril 2026. Développé par le studio Housemarque, le titre confie au joueur le destin d'Arjun, un personnage se retrouvant sur la planète Carcosa où le temps est déformé par une éclipse qui peut aussi modifier le bestiaire qui peuple l'environnement.Mais le titre doit surtout, depuis quelques jours, faire face sur les réseaux sociaux à une campagne de désinformation. A partir d'une fausse image générée par IA, des joueurs vent debout contre l'inclusivité dans le jeu vidéo s'en prennent violemment aux développeurs, arguant que Saros est un titre "woke".Pourtant, explique le média américain Kotaku, l'histoire est montée de toute pièce.De l'IA et une histoire fabriquée pour le "rage bait"Elle a été lancée par un compte X adepte du "rage bait" (des publications faites uniquement pour faire réagir et générer de l'argent, NDLR), @Pirat_Nation, qui a depuis supprimé ses propos. Néanmoins, il n'en fallait pas plus pour lancer une armée de trolls à l'assaut de ce jeu, et ce, malgré les démentis.Dans sa publication initiale, l'auteur derrière ce compte souligne que le héros de Saros, Arjun, qui cherche sa femme, a vu cette dernière le tromper avec une autre femme. Le tout, illustré par une image générée par intelligence artificielle.Mais comme tous les joueurs ayant déjà terminé Saros peuvent le raconter, la réalité est très loin de celle décrite par certains sur les réseaux sociaux et les deux personnages représentés ne se croisent à aucun moment et développent pas de sentiment amoureux.A partir de là, nous allons révéler des informations importantes sur le scénario de Saros.Dans Saros, si Arjun recherche effectivement sa femme pendant une bonne partie de l'aventure, le scénario révèle finalement qu'il n'a de héros que sa description. En vérité, Arjun est un personnage au caractère difficile, voire abusif, par ailleurs alcoolique. Il a trompé sa femme, qui l'a donc quitté.Sur Carcosa où se déroulent les événements et la fameuse éclipse, sa femme, appelée Nitya, est arrivée bien avant Arjun et a très vite constaté la déformation du temps qui y règne. Alors que des conflits se déroulent sur la planète, elle finit par se lier d'amitié, puis tomber amoureuse, avec une autre femme.Contrairement aux affirmations de joueurs peu au fait de l'histoire, Saros ne raconte donc pas comment le personnage principal a finalement été trahi par une femme, devenue par la suite lesbienne. Celle-ci a simplement continué sa vie après une relation toxique, et Arjun ne le découvre que très tardivement.Saros © PlaystationLa fausse "wokisation" du jeu vidéoSi l'affaire peut paraître invraisemblable, elle témoigne néanmoins d'une atmosphère toxique dans le jeu vidéo depuis plusieurs années. Une frange de joueurs, très audible et souvent liée à l'extrême droite et aux milieux conservateurs, cherche à pousser au boycott ou à créer des polémiques autour de jeux "trop woke", selon eux. Ils y dénoncent notamment des scénarios mettant en scène des personnages LGBTQIA+, ou trop inclusifs avec des personnes racisées ou des héroïnes qui font face à des personnages masculins qu'ils jugent "pas assez virils".C'est dans cette ambiance qu'est notamment né un mouvement autour d'un studio spécialisé dans le conseil aux développeurs, Sweet Baby Inc. L'entreprise québécoise est connue pour avoir collaboré sur plusieurs gros jeux, comme Marvel's Spider-Man 2, Alan Wake 2 ou encore God of War: Ragnarök, et met en avant les points qui pourraient permettre une meilleure inclusivité générale, sans jamais contraindre le studio.Ce que ne supportent pas des joueurs prêts à tout pour dénoncer une soi-disant "wokisation" du jeu vidéo - alors même que des personnages ou scénarios LGBTQIA+ existent depuis plusieurs décennies dans ce milieu. Par exemple, dans les années 90, Bioware excellait pour raconter ces histoires dans Baldur's Gate, des années avant que la simple évocation d'un amour entre personnage du même sexe ou d'un protagoniste non binaire ne fasse pousser de l'urticaire à des joueurs en manque de visibilité.Les plus lusPrésidentielle 2027: le RN toujours en tête des intentions de vote selon un nouveau sondage, Édouard Philippe bien placéL'avion du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez contraint d'atterir en urgence en Turquie en raison d'un "imprévu technique"Audiovisuel public: une plainte contre X pour prise illégale d'intérêts déposée, le rapporteur Charles Alloncle ciblé par l'association AC!! 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