● 01net
📅 04/05/2026 à 16:11
Vos jeux PS5 et PS4 vont-ils expirer ? Sony répond
Géopolitique
👤 Naïm Bada
© 01net Après une semaine de panique, Sony affirme qu’une seule vérification en ligne suffit pour valider la licence d’un jeu PlayStation numérique. La réalité est plus compliquée. Le 29 avril 2026, un porte-parole de Sony Interactive Entertainment a transmis par email à plusieurs rédactions anglophones un communiqué laconique. Selon elles, Sony affirme que les joueurs n’ont besoin que d’« une vérification en ligne unique » pour confirmer la licence de leurs jeux. Après quoi, « aucun autre check-in n’est requis ». Pas de communiqué sur le PlayStation Blog, pas de post sur X. Une déclaration par email, anonyme, pour éteindre un incendie qui couvait depuis cinq jours. Un mécanisme que Sony préfère ne pas détailler Fin avril, des joueurs ont remarqué un détail inhabituel sur PS4. Dans l’onglet « Informations » de jeux achetés après la mise à jour firmware de mars 2026, trois champs apparaissaient. « Valid Period Start », « Valid Period End » et un compte à rebours d’environ 30 jours. Sur PS5, pas de champs visibles, mais le timer tournait en arrière-plan. En quelques jours, des dizaines de captures ont confirmé le phénomène. Lire aussi : Coup de tonnerre sur la PS5 – les tarifs grimpent jusqu’à 900 €, c’est officiel Le mécanisme fonctionne en deux temps. Quand un joueur achète un jeu numérique sur le PS Store, la console attribue d’abord une licence temporaire d’environ 30 jours. Pendant cette fenêtre, le jeu reste jouable hors ligne. Si la console se connecte à internet dans les 14 à 15 premiers jours, la licence bascule automatiquement en permanente. Ce délai coïncide avec la fenêtre de remboursement du PS Store. C’est ce que Sony appelle son « one-time check ». Mais le scénario inverse pose problème : un joueur qui resterait hors ligne plus de 30 jours après l’achat verrait son jeu bloqué. Sans avertissement, sans explication à l’écran. La cause probable (non confirmée par Sony) pointe vers un exploit anti-remboursement. Des pirates achetaient des jeux via le PS Store web, extrayaient la licence sur console jailbreakée, puis demandaient un remboursement. Le DRM viendrait colmater cette brèche. Treize ans plus tôt, Microsoft avait tenté un système comparable sur Xbox One. Une vérification en ligne toutes les 24 heures, obligatoire pour jouer à ses propres jeux. Le tollé avait été si violent que Don Mattrick avait dû faire machine arrière le 19 juin 2013, trois semaines après l’annonce. Sony reproduit aujourd’hui une version allégée du même principe, à une différence près : la vérification est unique. Mais le parallèle n’a échappé à personne. En France, la question de la propriété numérique reste sans réponse Ce DRM ravive un débat que la justice française a déjà tranché, sans que rien ne change pour les joueurs. En 2019, le tribunal de grande instance de Paris avait donné raison à UFC-Que Choisir contre Valve, estimant que les jeux achetés sur Steam devaient être revendables. La cour d’appel a infirmé en 2022, et la Cour de cassation a définitivement enterré la revente en octobre 2024. UFC-Que Choisir a annoncé saisir la Commission européenne. Parallèlement, l’association attaque Ubisoft pour la fermeture des serveurs de The Crew, qui a rendu le jeu totalement inutilisable en 2024. Les chiffres du SELL pour 2025 donnent la mesure de l’enjeu. Le marché français du jeu vidéo pèse 5,856 milliards d’euros. Et 88 % des jeux vendus en France l’ont été en boutique virtuelle en 2024. Sony, de son côté, rapporte 80 % de ventes numériques sur PlayStation. L’écrasante majorité des joueurs français est donc concernée par la politique de licence de Sony, qu’ils en aient conscience ou non. Pour s’épargner les mauvaises surprises, le réflexe est simple. Connecter sa PS4 ou PS5 à Internet au moins une fois dans les deux semaines suivant chaque achat numérique. C’est le temps nécessaire pour que la licence temporaire bascule en permanente. Ceux que la dépendance aux serveurs Sony inquiète peuvent regarder du côté de GOG, la seule plateforme majeure à vendre des jeux 100 % sans DRM. Des installeurs téléchargeables, utilisables indéfiniment, sans vérification de licence. Un luxe que le monde console ne connaît pas, du moins pas sans… ces mêmes jailbreaks qui seraient en cause dans cette histoire. Douce ironie ! 👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp. Source : IGN drmPlaystation Naïm Bada Sur le même sujet PlayStation franchit le cap de la vérification d’âge au Royaume-Uni, et en France ? PS6 : Sony rachète une technologie d’IA pour encore plus de photo-réalisme PlayStation Network : Sony va abandonner le nom PSN mais pas ses fonctions Un même jeu, plusieurs tarifs : PlayStation teste des prix différents selon les joueurs Les dernières actualités Vos jeux PS5 et PS4 vont-ils expirer ? 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