● Numerama
📅 04/05/2026 à 13:28
Flambée des carburants : pourquoi les ventes de voitures électriques semblent paradoxalement reculer
Géopolitique
👤 Raphaëlle Baut
Lecture Zen Résumer l'article La baisse apparente des immatriculations électriques en avril (36 216 vs 49 406 en mars) est trompeuse : la comparaison mois‑à‑mois masque un mois de mars exceptionnel. Le «boom» de mars tient principalement au déblocage massif du Tesla Model Y (plus de 7 023 immatriculations) et à la vague de livraisons liées à la clôture du dispositif de leasing social en fin de trimestre. Les commandes ne se traduisent pas immédiatement en immatriculations : de nombreux modèles sont livrés entre deux et douze mois après la commande, si bien que les statistiques actuelles n’alignent pas la demande réelle. La baisse apparente des immatriculations électriques en avril (36 216 vs 49 406 en mars) est trompeuse : la comparaison mois‑à‑mois masque un mois de mars exceptionnel. Le «boom» de mars tient principalement au déblocage massif du Tesla Model Y (plus de 7 023 immatriculations) et à la vague de livraisons liées à la clôture du dispositif de leasing social en fin de trimestre. Les commandes ne se traduisent pas immédiatement en immatriculations : de nombreux modèles sont livrés entre deux et douze mois après la commande, si bien que les statistiques actuelles n’alignent pas la demande réelle. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ La voiture électrique est souvent présentée comme la grande gagnante quand les carburants flambent. Pourtant, en avril, les immatriculations reculent par rapport à mars. Nous a-t-on menti ? Les résultats des immatriculations du mois d’avril peuvent rapidement être mal interprétés. Après un pic à 49 406 véhicules électriques neufs en mars 2026, le marché semble ralentir avec seulement 36 216 unités. Certains y voient un recul de 27 % de la voiture électrique en France, alors que la demande devrait croître avec le plébiscite supposé de cette motorisation face aux conséquences de la guerre en Iran. La part de marché des électriques passe même de 28 % à 26 %. La lecture des données d’immatriculations, comme celles de AAA Data communiquées le 1er mai, nécessite plusieurs clés de lecture pour bien comprendre la dynamique du marché français. Avec un premier élément à retenir : la comparaison d’un mois sur l’autre est trompeuse, surtout avec un mois de clôture de trimestre. Les comparaisons se font par rapport à l’année précédente, et elles doivent tenir compte d’un contexte qui s’étale souvent sur plusieurs mois. Immatriculations du mois d’avril 2026 // Source : Raphaelle Baut – données AAA Data Pourquoi le mois de mars était exceptionnellement bon ? Les immatriculations des voitures électriques ont affiché une progression de 69 % en mars 2026 comparé à l’année précédente. Une croissance record coïncidant avec la flambée des carburants ? Le raccourci est vite pris. Pourtant, plusieurs facteurs se sont combinés pour expliquer ce résultat, sans que la guerre en Iran soit vraiment le moteur de cette hausse. Le déblocage des livraisons du Model Y (en février) et le sprint habituel de fin de trimestre de Tesla ont notamment contribué à ces résultats. Avec plus de 7 023 immatriculations rien que pour le Model Y, Tesla a profité du mois de mars pour livrer certains des véhicules commandés sur les six derniers mois. Livraisons de Tesla Model Y à la Gigafactory de Berlin // Source : Tesla Pour d’autres constructeurs, c’est le leasing social qui a gonflé les volumes de livraison de mars. Les constructeurs qui ont participé au dispositif de 2025 avaient six mois pour livrer les véhicules aux clients. Comme presque 80 % des dossiers ont été enregistrés dès l’ouverture du leasing social le 30 septembre, les livraisons devaient être faites avant fin mars 2026. Les constructeurs, qui n’avaient pas forcément les véhicules déjà programmés dans les lignes de production, se sont retrouvés à livrer les véhicules sur le fil. Ford était notamment dans ce cas avec l’Explorer, mais la marque était loin d’être la seule. Bien entendu, l’effet des revalorisations des aides à l’achat et la réglementation pour les sociétés contribuent aussi à ces résultats. Plus généralement, même en dehors des sprints Tesla, les fins de trimestre sont toujours plus animées que les mois suivants. Commandes et immatriculations, deux réalités différentes Même si certains constructeurs disposent de véhicules en stock pour satisfaire une partie de la demande avec des livraisons quasi immédiates, il y a toujours un écart entre la prise de commande et le moment où les véhicules neufs apparaissent dans les statistiques d’immatriculations. Ainsi, même si des clients ont passé commande en fin février ou en mars en réaction à la flambée des carburants, ces véhicules ne seront pas livrés avant deux ou trois mois pour certains modèles. Production du Ford Explorer en Europe // Source : Ford Un Tesla Model Y commandé aujourd’hui sera, selon sa configuration, livré entre juillet et septembre (hors Model Y Performance dès juin). C’est aussi le cas pour plusieurs modèles de chez Renault. Chez certains constructeurs, notamment allemands, cet écart entre commande et livraison est même porté à six mois, voire jusqu’à un an. Les délais sont-ils trop longs ? C’est un autre débat, le temps industriel n’est pas celui de l’actualité. La priorité donnée à certains marchés n’arrange rien. Alors que certains groupes se plaignent de ne pas vendre assez de voitures électriques, ils se retrouvent à ne pas pouvoir proposer des livraisons sous la barre des six mois, hors véhicule dormant en stock depuis des mois. Un délai qui pousse souvent le client à signer chez un concurrent plus réactif. Les clients sont devenus impatients, surtout dans un domaine qui évolue aussi vite que la voiture électrique. Les données communiquées ne concernent que les véhicules neufs pour leur première immatriculation. Si les conducteurs se sont rués en concession pour acheter des voitures électriques d’occasion ou un véhicule de démonstration, ils entrent dans d’autres statistiques. Le mois d’avril 2026 affiche d’ailleurs une hausse de 63 % des ventes d’occasion de voitures électriques, avec 26 092 exemplaires. Un volume qui pourrait finir par dépasser celui du marché des véhicules électriques neufs si la flambée des prix du carburant se prolonge. Ne pas oublier les professionnels La revalorisation du coup de pouce CEE (ex-bonus) a donné un coup de boost aux ventes auprès des particuliers. Les remises accordées par certains constructeurs chinois, qui ne bénéficient pas des aides françaises, ont aussi attiré des clients en concession sur les derniers mois. Néanmoins, le marché de l’électrique compte aussi beaucoup sur le verdissement des flottes d’entreprises. Dans le classement du mois d’avril 2026, on constate aussi beaucoup de véhicules plus premium. Ces modèles sont généralement sollicités par les flottes d’entreprises : BMW iX1, Audi Q4 e-tron par exemple. Des véhicules comme les Renault Scénic ou les Peugeot E-3008/E-5008 sont également retenus par les entreprises. Ces immatriculations ne correspondent ainsi pas tant à la flambée du carburant qu’aux obligations réglementaires qui les poussent à choisir des véhicules électriques. Peugeot e-3008 est plus vendu aux entreprises qu’aux particuliers // Source : Raphaelle Baut pour Numerama Un marché à deux vitesses selon les marques Si Renault surperforme ces derniers mois, alors même que la Twingo n’est pas arrivée dans la course, ce n’est pas le cas de toutes les marques proposant des véhicules électriques. C’est même plutôt un grand écart entre les marques françaises et les autres constructeurs, y compris chinois. Au sein même des groupes, comme Stellantis, la différence de résultats saute aux yeux. RangMarqueTotal immatriculations1RENAULT7 7882PEUGEOT3 2683CITROËN2 7834VOLKSWAGEN2 3505TESLA1 8296SKODA1 7587BMW1 5818MERCEDES1 5799AUDI1 31310HYUNDAI1 17511FORD1 16112KIA1 13213BYD98414CUPRA88715MINI84716FIAT68417XPENG64218VOLVO60819DACIA58820LEAPMOTOR51421OPEL41622MG40023NISSAN34324ALPINE31725JEEP18126DS17927POLESTAR14828TOYOTA13829ALFA ROMEO11930SMART11831MITSUBISHI9932PORSCHE7533MAZDA5734SUZUKI4035LANCIA3236ABARTH2037LEXUS1438SKYWORTH1239MINIMOKE640HONDA541LOTUS542LYNK & CO543MASERATI544SUBARU445SERES246VINFAST247GENESIS248CADILLAC1 Au-delà de la tête du classement, cela permet par exemple d’observer que le constructeur chinois Xpeng dépasse plusieurs acteurs plus anciens comme MG, Dacia et fait presque jeu égal avec Fiat. Cela permet aussi d’observer que le marché du haut de gamme n’est pas en grande forme : Porsche, Maserati, Lotus… Pour ce qui est de la dynamique des groupes, le classement est sensiblement différent : RangGroupe AutomobileMarques inclusesTotal immatriculations1Groupe RenaultRenault, Dacia, Alpine8 6932StellantisPeugeot, Citroën, Fiat, Opel, Jeep, DS, Alfa, Lancia, Abarth, Maserati7 6873Volkswagen GroupVW, Skoda, Audi, Cupra, Porsche6 3834BMW GroupBMW, Mini2 4285Hyundai Motor GroupHyundai, Kia, Genesis2 3096TeslaTesla1 8297Mercedes-Benz GroupMercedes, Smart (JV Mercedes/Geely)1 6978FordFord1 1619BYDBYD, Denza98410Geely GroupVolvo, Polestar, Lotus, Lynk & Co76611XPENGXPENG64212LeapmotorLeapmotor (distribué par Stellantis)51413SAICMG40014NissanNissan34315Toyota GroupToyota, Lexus15216MitsubishiMitsubishi9917MazdaMazda5718SuzukiSuzuki4019SkyworthSkyworth1220HondaHonda521SubaruSubaru422VinfastVinfast223CadillacCadillac1 Pour aller plus loin Renault devance très largement ses concurrents sur la voiture électrique en avril Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! 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