● Siècle Digital 📅 04/05/2026 à 13:19

L'Australie veut faire payer les plateformes pour enrayer la crise des médias

Géopolitique 👤 Jennifer Larcher
🏷️ Tags : chine réseau
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Médias L’Australie veut faire payer les plateformes pour enrayer la crise des médias Canberra met Meta, Google et TikTok devant un choix à savoir signer des accords de rémunération avec la presse australienne ou payer une taxe de 2,25 % sur leur chiffre d'affaires local. Par Jennifer Larcher Publié le 4 mai 2026 à 13h19 Quand la moitié de votre population s’informe via les réseaux sociaux (chiffre avancé par l’université de Canberra), la question de savoir qui paie pour produire cette information s’impose. Le gouvernement d’Anthony Albanese vient de répondre avec un texte de loi qui ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre aux géants du numérique. Négocier ou passer à la caisse Le mécanisme tient en deux étages. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Meta, Google et TikTok ont la possibilité de conclure directement des accords commerciaux avec les médias australiens afin de compenser l’utilisation de leurs contenus. Si ces accords satisfont le gouvernement, pas de taxe. En cas de refus ou d’accord jugé insuffisant, une ponction de 2,25 % du chiffre d’affaires réalisé en Australie s’applique. Le seuil de déclenchement est fixé à 250 millions de dollars de revenus locaux. L’exécutif compte redistribuer les recettes aux rédactions au prorata du nombre de journalistes employés. Anika Wells, ministre des Communications estime que ces entreprises bâtissent leur audience avec du contenu journalistique dont elles ne financent pas la production. Les recettes de la pub suivent l’audience et pas l’éditeur. Meta botte en touche, mais Google temporise Meta conteste le principe même du texte. Selon le groupe, personne ne force les rédactions à publier sur Facebook ou Instagram. Elles le font parce que cela leur amène du trafic. Google, de son côté, préfère rappeler qu’il a déjà signé des accords avec plus de 90 médias locaux. TikTok n’a pas réagi publiquement. Le texte prévoit d’empêcher les plateformes de couper purement et simplement l’accès aux articles en guise de représailles. Meta avait utilisé cette parade en 2021 en supprimant les actualités de Facebook en Australie du jour au lendemain pour forcer le gouvernement à reculer. Puis, en 2024, le groupe a quitté l’ancien code de négociation. Un modèle qui rappelle la France La France avait ouvert ce chemin dès 2019 avec la transposition du droit voisin européen en obligeant les plateformes à rémunérer les éditeurs pour l’exploitation de leurs contenus. Google a dans un premier temps tenté de contourner le texte, avant de se faire sanctionner à 500 millions d’euros en 2021, puis 250 millions en 2024. Des accords existent, mais chacune des avancées a nécessité l’intervention du régulateur. L’Australie tire visiblement les leçons de ces précédents. Son texte est plus contraignant, la menace financière plus explicite et le mécanisme anti-blocage comble la faille que Meta avait exploitée. Reste à voir si les plateformes joueront le jeu ou chercheront une nouvelle esquive. L’histoire montre qu’elles préfèrent souvent tester la résistance d’un gouvernement avant de céder. Canberra a l’air d’avoir prévu le coup. C’est peut-être ce qui fait la différence cette fois. Pour aller plus loin La Commission européenne accuse Meta de laisser des enfants accéder à Instagram et FacebookInstagram copie Snapchat et BeReal avec sa nouvelle application photo éphémèreLa Chine bloque le rachat de Manus par Meta et relance la guerre mondiale de l’IASur Facebook et Instagram, des arnaques auraient rapporté gros à MetaPour améliorer ses agents IA, Meta va enregistrer les gestes de ses employésMeta prépare une vague de licenciements massive dès mai, jusqu’à 16 000 postes menacés Google Meta
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