● Courrier International 📅 04/05/2026 à 12:49

L’impasse des Vénézuéliens aux États-Unis, invités à partir mais sans moyen de rentrer

Géopolitique
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Des migrants vénézuéliens arrivent à Maiquetía, au Venezuela, à bord d’un vol en provenance du Mexique, le 20 mars 2025. LOUREIRO FERNANDEZ/NYT Yoalbert González, livreur vénézuélien de 34 ans installé à Fort Worth, au Texas, pensait pouvoir rentrer facilement au pays après avoir vu sa mère être expulsée en décembre 2025 au terme d’un rendez-vous visant à régulariser sa situation aux États-Unis. Craignant de subir le même sort, il décida donc de partir par ses propres moyens. “Mais il s’est vite rendu compte que partir ne serait pas aussi simple”, relate The New York Times, son passeport lui ayant été confisqué à son arrivée sur le sol américain, en vertu d’une vieille politique destinée à faciliter les expulsions. Et son cas est loin d’être isolé. Depuis la chute du président vénézuélien Nicolás Maduro, le 3 janvier 2026, un nombre croissant de Vénézuéliens envisagent de rentrer. La peur de se retrouver dans un raid de la police migratoire (ICE) et d’être emprisonné les pousse au départ, ainsi que la fin annoncée du statut de protection temporaire (TPS), qui pourrait priver de permis de travail des centaines de milliers de personnes d’ici la fin de l’année, rappelle El País América. À lire aussi : Témoignages. Bloqués au Panama : le calvaire des migrants vénézuéliens sur le chemin du retour Mais leur envie de retour se heurte à un labyrinthe bureaucratique. Pour rentrer à Caracas, les autorités vénézuéliennes exigent un passeport valide ou un sauf-conduit unique. Or de nombreux migrants en sont privés. Certains se sont vu retirer le document par le chavisme, qui a longtemps considéré les près de 8 millions d’émigrés comme des déserteurs. Selon le journal vénézuélien El Nacional, les annulations de passeports ont été érigées en “outil de répression pour faire taire les voix dissidentes”. Tandis que d’autres migrants ont dû remettre leur passeport aux autorités américaines, qui ne le leur restituent pas. À cela s’ajoute un vide administratif hérité de la rupture des relations diplomatiques entre Washington et Caracas en 2019. Depuis, et malgré le fait que le pays soit passé sous tutelle américaine et que la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, invite officiellement ses concitoyens à revenir, l’ambassade du Venezuela aux États-Unis reste fermée au public et aucun consulat ne délivre de documents de voyage. Et c’est également le cas de plusieurs autres pays. Arnaques et refus d’embarquement La seule issue est donc de solliciter un sauf-conduit depuis le Venezuela. Un proche doit se rendre en personne à Caracas pour présenter un itinéraire de vol et une lettre de motivation. “Cela prend au moins un mois”, explique à El País América l’avocate María Abellón. Sans compter que les arnaques sont légion et que, même avec le document en main, plusieurs compagnies aériennes refusent l’embarquement. Début avril, un groupe de neuf Vénézuéliens s’est ainsi retrouvé bloqué trois jours à l’aéroport de Miami avant d’être secouru par une association d’aide aux sans-abri, précise le même journal. À lire aussi : Géopolitique. Menaces d’expulsion : Trump en plein numéro d’équilibriste avec le Venezuela Ce paradoxe crée une impasse totale et un sentiment d’abandon. “J’ai la sensation d’être entre deux murs qui se referment”, dit Miler Angulo, Vénézuélien de 32 ans dont le TPS a expiré, cité par le New York Times. Et le phénomène pourrait s’amplifier : selon l’Observatoire de la diaspora, cité par le journal colombien El Espectador, 40 % des Vénézuéliens de l’étranger envisageraient de rentrer si des changements concrets adviennent. De quoi anticiper des mouvements de masse si la timide embellie économique se confirme et que Caracas assouplit les libertés politiques. Emilien Pérez Tensions États-Unis-Venezuela États-Unis Société Politique Migrants et flux migratoires Amériques Sur le même sujet Polémique. États-Unis : l’immigré vénézuélien Ricardo Prada, symbole des “disparitions forcées” Sport. Le Venezuela remporte la Classique mondiale de base-ball : du baume pour un pays meurtri Énergie. Ali Moshiri, l’ancien ponte de Chevron qui dessine la stratégie américaine au Venezuela Politique. Des migrants sud-américains expulsés des États-Unis vers la RDC : “Ils ne m’ont jamais expliqué pourquoi” Nos services Soirée de lancement Inscrivez-vous pour la soirée de lancement du jeudi 07 mai à 19h30 à l’auditorium du Groupe Le Monde. Je m’inscris → HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? 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